UN JUSTICIER MASQUÉ APPROUVÉ PAR LE MONDE, EST-CE VRAIMENT BON SIGNE ?

ZORRO QUARTIER LIBRE

Le Traitement Particulier De La Presse Mainstream.

La Marche pour la Justice et la Dignité ayant connu un énorme et franc succès, nous pouvons désormais prendre le temps de souffler et recouvrer notre plume analytique. En effet, cet évènement à haut  caractère politique aurait drainé plus de 7 000 personnes, si l’on se fie naïvement aux sources on ne peut plus partisanes du journal Le Parisien, daté du 19 mars 2017. Mais nul n’est assez dupe pour faire fi du fait que ces chiffres proviennent exclusivement d’estimations policières, connues pour être les plus minimalistes. Conscient.e.s de cela, est-il aberrant de penser qu’une telle  appréciation comptable ait put être manipulée pour servir les finalités du « Pouvoir » injuste que nous combattons ? Lequel n’a absolument aucun intérêt à rendre objectivement compte du nombre impressionnant de manifestants venus faire front commun pour, entre autres, s’insurger contre  les violences et les crimes policiers (racistes), dont il est indéniablement le premier responsable ?

Après lecture de ce quotidien, empruntant la même grille de d’analyse dénigrante que son confrère Le Monde, nous avons constaté que ces forgeurs d’opinion entretenaient un objectif commun :

- celui de transformer en échec cuisant notre incontestable succès, et ce, après s’être bien gardé de relayer l’appel unitaire de cette marche.

Confrontées au caractère récurrent de cet indéniable constat, d’innombrables questions demeurées sans réponse se sont empressées de venir frapper lourdement à la porte de nos esprits critiques. Mais avant d’en dresser la liste non exhaustive, il nous parait nécessaire de préciser qu’en s’interdisant de braquer leurs projecteurs sur notre incontestable victoire collective, les médias à la solde du Racisme d’Etat français nous ont délivré, probablement sans le savoir, un label d’authenticité attestant de la fiabilité de notre indépendance politique vis à vis de ce système impérialiste, raciste et colonialiste… n’en déplaise à certain.e.s.

Les Détracteurs Fantômes De La Marche.

Cela dit, Revenons-en au sujet qui nous préoccupe. En effet, quelques deux jours avant la marche, nous avons eu l’occasion de lire un premier article paru sur un site nommé « Quartiers Libres ». Certainement soucieux de ne pas se voir imputer les propos accusateurs de ce pamphlet, apparemment sorti de nulle part, l’administrateur a jugé bon de préciser que cette chronique lui avait été adressé par des « militants de quartiers » qui, après une brève recherche, semblaient n’avoir ni véritable nom ni visage. S’imaginant probablement que deux précautions vaudraient mieux qu’une, il a aussi pris le soin de souligner qu’il s’agissait là d’une tribune (dont Quartiers Libres n’était pas l’auteur).

Mais bien que nul n’ait trouvé le courage d’en assumer la paternité, cette diatribe incendiaire fût baptisée :

« Ils ont commencé indigènes, ils sont maintenant indigestes, ils finiront indignes »

Autant dire qu’à la lecture de ce seul titre, il apparaît de façon notoire que la ligne éditoriale de cet article se focalise de manière (quasi) obsessionnelle sur les positions du PIR et ses supposées contradictions. Bien que l’ensemble des arguments avancés pour discréditer ce parti politique nous paraissent faibles et dénués de fondements objectifs, il n’en reste pas moins que nous  n’avons pas vocation à être son avocat. Surtout qu’il n’est plus à prouver que les militants qui le composent sont intellectuellement armés pour répondre aux attaques qui leurs sont adressés, à condition qu’elles en valent un minimum la peine.

En revanche, nous – Brigade Anti Négrophobie – ne comprenons toujours pas pourquoi ni les fantomatiques auteurs de cette tribune, ni « Quartiers Libres » (qui héberge généreusement leur texte) ne songent à porter ce genre d’attaques (que nul ne leur interdit de porter) à visage découvert ? Qui plus est, si chacune de leurs invectives leur semblent louables et fondées.

Mais paradoxe oblige, nous remarquons que, contrairement à eux, les groupes qu’ils ciblent (in)directement tout au long de ce brûlot (en les désignant comme des traitres et/ou des ennemis d’une cause révolutionnaire dont ils ont pris le soin de dessiner eux-mêmes les contours) sont  parfaitement identifiables de par leur nom, leur visage et leur couleur (politique et/ou militante). Autrement dit, qu’on y adhère ou pas, leurs positions sont ouvertement et dignement assumées.

Pour autant – croyez le ou non – nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour saluer le courage de ce(s) groupe(s), qui avance(nt) masqué(s) pour lancer un bon gros pavé dans la mare des scandales. Mais (mal)heureusement, il nous est encore difficile de confondre lâcheté et bravoure, surtout lorsque de tels propos ne sont pas assumés à visage découvert. Poursuivant cette logique, nous estimons qu’il est sournois de lancer des accusations aussi graves en se cachant stratégiquement et confortablement derrière un clavier. Car sans interlocuteur(s) identifié(s) comment pourrait-il y avoir le moindre débat constructif ? 

Mais cela pourrait encore passer comme une lettre à la poste si c’était le seul point que nous ne parvenions pas à nous expliquer. Sauf qu’il n’en est rien !

En effet, nous nous demandons encore : 

- comment les propos sortis tout droit d’un site fantôme (et jusqu’à preuve du contraire) inconnu des médias mainstream, peuvent-il être aussi facilement relayés par les outils  de propagande que se révèlent être Le Parisien ou Le Monde ?

- Comment et pourquoi ces journaux ont-ils pris la décision de se faire les ventriloques d’une parole hasardeuse qui ne vise qu’à discréditer l’action des organisateurs et des milliers de personnes qui ont fait de cette marche un triomphe. Et ce, en s’efforçant de nous faire croire que ce n’est absolument pas le Racisme d’Etat français qui parle, mais les soit disants représentants des « Quartiers Libres » ?

- Comment ces médias ont ils pu reprendre à leur compte de tels propos, sans même vérifier les sources de ces informations émanant d’une « tribune » écrite et signée par des fantômes venus affirmer,  dans l’ombre d’on ne sait quel pâle pouvoir, que cette marche « divisait » les quartiers. Et ce, malgré cette éclatante réussite, qu’ils se sont formellement interdit de relayer comme telle.

Chose d’autant plus étrange que ce genre de modeleurs d’opinion se font avant tout l’écho de la propagande accouchée par un Etat français foncièrement raciste et colonialiste, ayant tout intérêt à créer la dissonance dans nos luttes antiracistes et décoloniales. Ce qui implique que cette machine à formater nos esprits à la chaîne n’a généralement et logiquement pas vocation à se préoccuper du sort des dits « quartiers populaires », et encore moins des personnes ségréguées qui y vivent.

Alors pourquoi se soucient ils de nous maintenant ?

Et comment ne pas dire que nous trouvons plus que suspect le fait que les gestionnaires du site auto baptisée « Quartiers Libres » ait spontanément accepté d’être le relais de cette nébuleuse dont le texte est, aujourd’hui encore, chaleureusement hébergé sur leur site. Au point que nous en sommes à nous demander si le(s) tenancier(s) de ce blog ne n’épouse(nt) pas tout simplement le postulat de cette tribune signée, non pas avec le « Z » de Zorro, mais avec le « M » de :

Militantes et militants de banlieues excédés par « la couscoussière parisienne» et « la nouvelle beurgeoisie militante »

A croire que si ces auteurs ne nous avaient pas imposé cette signature à multiples rallonges, nul n’aurait jamais réussi à cerner avec précision les contours de la cible visée ?

Des Questions Encore En Suspens.

Pour conclure, à l’heure où nous écrivons ses lignes, nous ne comprenons toujours pas quel est la finalité de cet article. Car, certes, il invite gentiment les un.e.s et les autres à se questionner sur les profondes et « impardonnables » contradictions politiques (d’un groupe notamment) qui remettraient en cause le bien fondé de la « Marche pour la Justice et la Dignité ». Mais même campé sur ces indéboulonnables convictions, à aucun moment il n’incite ces lecteurs  à la boycotter radicalement. Et ce, malgré de supposés arguments en béton armé qui apporteraient la preuve indéniable que parmi les organisateurs de cette marche du 19 mars 2017, un certain nombre aurait renié leurs principes de départ pour se fourvoyer avec l’Empire (néo)colonial français.

Cependant, et compte tenu de l’exploit réalisé par la Marche pour la Justice et la Dignité, nous devons reconnaître à « Quartiers Libres » (cité comme référent fiable des quartiers par la presse mainstream) qu’il a, pour le coup, réussi à faire naître une tempête dans un verre d’eau. Et ce, non sans l’aide suspecte de journaux, tels que Le Monde ou Le Parisien, incontestables relais du discours dominant qui nous méprise et nous a toujours méprisé. Mais bien que cette entité semble voir dans la Marche pour la Justice et la Dignité la pire chose jamais créé après le Diable, elle mentionne néanmoins :

qu’ « il n’est pas question ici de contester à qui ce soit de Marcher le 19 mars mais de commencer à poser des questions   politiques   qui   ne   peuvent   être   balayées   par   un   post   d’insultes   sur Facebook. »

Ce qui en langage courant s’appelle « marcher sur la tête » ou encore « faire beaucoup de bruit pour rien » !

Cependant nous ne pouvons clore la liste de nos questionnements (sans réponse) sans mettre en lumière cette autre phrase, elle aussi extraite de cette tribune « sans visage » :

« Mais   au-delà   des   pratiques   du   PIR   et  de   ses   amis qui,  nous   le   rappelons, n’engagent pas l’ensemble des organisateurs de la Marche… »

Car selon nous cette inutile précision cache une attaque lâchement assassine que ses auteurs ont  grossièrement cherché à travestir en « nuance ». Car en y regardant de plus près, cette allusion peut (ou pas) s’attaquer à n’importe lequel des groupes organisateurs de la marche, dont la Brigade Anti Négrophobie qui s’est attelée, parmi d’autres, à relever ce défi à visage découvert.

Autrement dit, il nous est difficile de considérer autrement que comme une insulte « paternaliste » le fait que des gens qui n’ont pas le courage d’assumer ouvertement leur propos puissent (même indirectement) nous pointer du doigt. Et ce, sans qu’il nous soit jamais permis de savoir qui tire les ficelles de cette odieuse campagne de dénigrement.  A fortiori en laissant entendre que parmi les organisateurs de la marche il y aurait de « bons » et de « mauvais » éléments, tout en prenant soin de ne jamais les nommer.  

Mais ayant appris à lire entre les lignes, nous comprenons que celles et/ou ceux qui se cachent derrière cette tribune prétendent dans le pire des cas :

- que certains d’entre nous seraient des traitres et/ou des ennemis d’une cause, dont celles et ceux qui signent avec le « M » de « Militant.e.s de banlieues » seraient les seul.e.s vrais défenseurs (même planqué.e.s derrière leurs claviers)

Et dans le meilleurs des cas :

- Nous ne vaudrions pas mieux qu’un troupeau de moutons qui, bien qu’animés des meilleures intentions, seraient toujours trop bêtes pour ne pas réaliser que seule la vision d’une lutte incarnée par des gens sans visage nous guidera vers une victoire certaine.

Or, il nous plaît de croire que nous n’avons attendu ni la permission des esclavagistes, ni  celle des colons, ni celle des nébuleuses accoucheuses de « tribune » (du type de celle publiée sur le site  de « Quartiers Libres ») pour nous doter d’une réflexion et d’une parole propre, autonome et non blanche. En d’autres termes, dès lors où elles sont véhiculées par des groupes totalement désincarnés et vidés de toute identité (politique), nous ne pouvons apporter le moindre crédit à des paroles qui ne sont pas assumées à visage découvert.

Pour toutes ces raisons, nous trouvons que cette dernière phrase est d’une insondable lâcheté. Ceci dès lors où elle préfère tourner autour du pot plutôt que de désigner explicitement et nominativement les groupes organisateurs de cette Marche qu’elle assimile à des traitres et/ou à des ennemis.

Car selon nous cette attaque, mal déguisée en « nuance », désigne à la fois personne et tout le monde. Ceci exactement comme le ferait une taupe infiltrée pour semer la discorde dans nos rangs au profit d’on ne sait quel pâle pouvoir ?

Par ailleurs il serait bon que nul n’imagine que nous soulevons toutes ces questions en espérant finalement être dans les bonne grâce des écrivains fantômes de cette tribune hébergée par « Quartiers Libres », car il n’en est rien. En revanche, sachant que le monde militant se trouve être réduit à peau de chagrin, nous n’aimerions pas avoir à nous demander à chaque poignée de main si nous sommes en face d’un.e hypocrite ou d’une personne sincère.

Donc si « Quartiers Libres » et les pseudos « militantes et militants de banlieues » excédés par « la couscoussière parisienne » et « la nouvelle beurgeoisie militante » ont, ne serait-ce qu’une petite once de courage, qu’ils assument chacun de leurs propos en dévoilant au grand jour leur visage.

Dans le même temps nous aimerions qu’ils nous expliquent pourquoi des journaux mainstream comme Le Parisien et Le Monde ont, non seulement relayé, mais surtout approuvé leur théorie ? Sachant que cette dernière semble faire état d’une profonde division qui serait subitement apparue dans les quartiers suite à l’appel lancé par l’ensemble des organisateurs de la marche du 19 mars, dont nous faisons partie. 

Mais au delà de ces affirmations, jusqu’à preuve du contraire, infondées, nous interrogeons la démarche militante de ces nouveaux guerriers du Web. Car force est de constater que ces justiciers masqués surfant habilement sur la vague du 2.0, armés de leurs thèses mal aiguisées, n’existent pour l’instant que dans le monde virtuel des réseaux sociaux. Ce qui contraste radicalement et fondamentalement avec l’expérience concrète et réussie de la Marche pour la Justice et la Dignité qu’ils dénigrent (sans jamais oser la boycotter). Mais qu’à cela ne tienne, les faits en témoignent :

- Nous étions des milliers à nous élever comme un seul bloc contre cet Etat policier « classiste », raciste, (néo)colonialiste et impérialiste. Tout ceci en battant et en faisant trembler le pavé des rues de Paris… ne vous en déplaise ?

Incarnant la frange d’un antiracisme politique venue tuer l’antiracisme coloniale accouché par le Racisme d’Etat français, est-il utile de préciser qu’à l’heure où nous ponctuons ce texte le mystère quant au véritable objectif de cette « tribune » demeure entier.

Le pacificateur pour La #BrigadeAntiNégrophobie, qui signe toujours à visage découvert depuis plus d’une décennie.

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