Tiana dans le jeu des 7 familles de la Négrophobie Structurelle

Une fois passée au rayons X de notre esprit critique, le message de propagande qui se cache derrière « La Princesse et la grenouille » devient aussi simple à comprendre que la règle du jeu des sept famille du Racisme Structurel. Si bien qu’à chaque fois que Disney abat la carte d’un des personnages de ce dessin animé, on voit immédiatement se profiler la silhouette d’une Négrophobie grossièrement déguisée en bonnes intentions.

Si bien que si dans la famille Négrophobie grossièrement déguisée en conte de fée, je commence par demander la mère de Tiana. Je me rendrais compte qu’Eudora nous est présenté comme la nounou travaillant pour une famille d’aristocrates blancs, très riches. Famille dont la petite fille « blonde au yeux bleus » nous est imposé comme étant la meilleure ami de Tiana, pris au piège dans le sempiternel cliché de la famille noire extrêmement miséreuse. A croire que Blanc.he rime naturellement, pour ne pas dire génétiquement, avec richesse et opulence, tandis que noir.e avec extrême misère et mendicité. A croire que là encore, en 2009, Disney se révélait incapable de rompre, dans le fond, avec les vieux clichés négrophobes esclavagistes qui s’efforcent de maintenir les noir.e.s toujours à la même place de subalternes. Je souligne bien dans le fond, car dans la forme, la mère de Tiana ne ressemble plus à la big nounou servant de faire valoir dans le film « Autant En Emporte Le Vent ». Laquelle a finira par être « animalisée » en grosse chouette dans Rox et Rouky. 

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Comme si cette propagande insidieusement raciste cherchait « subliminalement » à nous rappeler que nous sommes « génétiquement » voué.e.s à nous occuper des gosses de nos bourreaux, quitte à jeter les nôtres dans les griffes du racisme institutionnelle qui nourrit copieusement la délinquance qui les guette du coin de l’oeil dès qu’ils sont en âge de marcher. A croire que nous sommes tout juste bon.ne.s à faire prospérer leur familles, leur société, leur pays à notre plus grand détriment.

Dans la famille Négrophobie grossièrement déguisée en conte de fée, je demande le père de Tiana, James. Lequel a des rêves aussi grand que ceux que l’esclavage-négrier-occidentalo-chrétien nous autorisait d’avoir. Tout cela sachant que même après la prétendue abolition de l’esclavage nos espérances continuèrent d’être limiter, ici et là bas, à cause du plafond de verre que le Racisme d’Etat a stratégiquement conçu pour nous empêcher d’évoluer tout en nous parlant de Liberté. « La Princesse et la grenouille » n’est d’ailleurs qu’une illustration en image parmi d’autre de cet état de fait encore plus pervers que vicieux. Pour preuve, le rêve le plus fou que le père de Tiana s’autorisait à avoir ne consistait pas à combattre la suprématie blanche pour obtenir la justice véritable qui le maintient enchainé, avec ses congénères, au plus bas de l’échelle des classes et des « races ». Autant dire que bridé comme il l’est, jamais son esprit n’aura l’idée de tout mettre en oeuvre pour que sa fille milite pour cette juste cause en la poussant à être avocate ou nul ne sait quoi encore ? Non, quand d’autre sont idéologiquement programmé pour dépasser les limites que leur impose le ciel pour marcher sur la lune,  son plus grand rêve se cantonne à avoir un restaurant pour y faire de la bonne cuisine ?  

Quête insensée que poursuivra aveuglément Tiana tout au long du film, comme s’il n’y avait finalement pas de plus grande et plus noble cause. Ainsi au lieu de nous indiquer la voie à suivre pour nous libérer du joug de la suprématie blanche qui nous a esclavisé et nous colonise encore et toujours, l’Oncle Disney en parfait gardien de ces privilèges blancs acquis sur notre dos et notre sang, nous présente le fait de devenir propriétaire d’un restaurant comme la plus grande des réussites ? Mais de qui se moque-t-on ?

Toutefois afin de dissiper tout malentendus, mon but ici n’est certainement pas de disqualifier un métier ou un autre. Mais dans un conte de fée ou même le ciel ou les étoiles ne peuvent faire office de limite face au super pouvoir de l’imaginaire, comment se fait-il que le plus grand rêve d’une jeune princesse, noire de surcroît, se résume à se contenter d’un simple restaurant. N’est-ce pas là une manière de nous interdire de voir les choses en beaucoup plus grand et plus juste, autrement que par la contrainte du fouet ? Comme certains l’on dit avant moi, il est indéniablement plus agréable de subir le message caché d’une publicité ou d’un dessin animée comme « la Princesse Grenouille », plutôt que d’endurer un acte de torture qui vous forcera à renier vos convictions les plus profondes. Seulement, que le matraquage soit agréable ou autrement plus désagréable, sa finalité est la même : modeler notre consentement avec ou sans violence (apparente). Autrement dit, il nous faut apprendre à lire entre les lignes pour enfin comprendre que les chaînes en métal qui nous entravaient hier, sont désormais mentales.

Car les contes de fées sont des endroits ou les princes charmants (blancs) peuvent venir à bout des invincibles et gigantesques dragons à douze têtes, ou rompre par la force de leur seul amour le sortilège des  plus puissantes sorcières. Ils sont le lieux ou les jeunes femmes sont supposés voir exaucer leurs voeux les plus inaccessibles. Mais à nous, les noir.e.s, qui avons du attendre 2009 avant de voir enfin une héroïne à notre image. Et on aurait braver les coup, les balles, essuyer les cracher et les insultes de la négrophobie tout cela pour nous résoudre à être propriétaire d’un fichu restaurant qui ne compensera jamais 4 siècles d’esclavage et je ne sais combien d’autres de colonisation ? Si les princes blancs ont pu venir à bout du dragon qui s’interposait entre eux et leur amour de toujours, pourquoi ne pourrions nous pas formuler et voir exaucer notre souhait le plus cher ? Celui de pouvoir trancher une par une les têtes de l’hydre du Racisme d’Etat.

Que nous ne maîtrisions pas les rênes de la propagande raciste qui nous dénigre et nous infériorise quotidiennement est une chose. Mais rien ne nous oblige à devenir les complice d’une campagne de formatage qui enfonce chaque jour un peu plus le clou de la bassesse dans la petite tête crépue de nos enfant. Levons nous comme un seul être pour arracher nos droit bafoués même dans le monde imaginaire du dessin animé. Levons-nous, battons-nous et exigeons pas plus ni moins que les autres Blanche-Neige ou Princes charmants :

- C’est  à dire la Justice… ou mieux encore, l’impossible.

Dans la famille négrophobie déguisée en conte de fée, je demande la supposée soeur de coeur ou meilleure amie de Tiana, Charlotte Leboeuf, la riche aristocrate. Qui une fois devenue femme, regarde sa soi disant soeur trimer comme « une esclave des temps modernes » pour ne serait-ce que parvenir à joindre les deux bouts. A contrario, cette histoire écrite à l’encre blanche sur une page du même teint, l’a subjectivement placée à l’ombre du moindre besoin. Si bien que cette gosse de riche (héritière du crime qui nous a réduit en esclavage) n’a qu’a piocher sans modération, aucune, dans le porte-feuille de papa « l’aristo ». Ainsi son personnage sert-il à nous rappeler, l’air de rien, que l’ordre sociale et « raciale » que nous impose la suprématie blanche dans le réel, s’impose tout autant dans les contes de fée chargés de nourrir d’idées reçues l’imaginaire de nos enfants.

Ceci même si pour tromper les apparences, l’oncle Walt, qui manifestement exècre les noir.e.s, cherche à maquiller cet état de fait négrophobe en présentant l’ébauche d’un tableau figurant un couple mixte… qu’il s’emploiera tactiquement à ne jamais finir. Telle une enfant gâté habitué à ce que son père exhausse tous ces caprices, Charlotte s’amourachera effectivement d’un afrodescendant, certes, mais pas de n’importe lequel. C’est donc ainsi que pour préserver les apparences faussement universalistes de cette histoire, que Charlotte tombera amoureuse du Prince Naveen. Cependant l’attraction qu’elle éprouvera à son égard ne rien avoir à envier à  celle d’une petite gosse de riche ordonnant à son père de lui acheter un petit chiot qui aura excité son regard en remuant la queue derrière la vitrine d’une animalerie. En somme, Charlotte convoite Naveen pour pouvoir l’exposer comme un trophée de chasse. A l’image de cette jeune femme blanche qui pose fièrement sur l’affiche d’une pub Manix, le bras tendu pour permettre à sa main d’agripper la tête d’un jeune homme noir pour montrer au monde qu’elle est finalement parvenue à l’apprivoiser.

MANIX RACISTE

Ce qui, toujours dans le cadre de la famille Négrophobie déguisée en contre de fée, m’amène à demander le (futur) mari de Tiana, Naveen. Lequel est recouvert d’une teinte cuivré, saveur caramel beurre salé. A croire que cette carnation plus claire que foncé l’a rendu suffisamment aguichant pour que la riche amie d’enfance (blanche) de Tiana prenne le risque de s’encanailler avec lui. Mais veillant au grain, comme un chaperon caché dans l’ombre, l’oncle Walt s’emploiera à ce que jamais cette union n’aboutisse. Ainsi dans son scénario il s’arrangera pour que Naveen ne soit autre qu’un prétexte permettant à Charlotte de pouvoir sortir la carte du petit « ami noir«  (encore plus noire qu’une arabe) dès que la moindre suspicion de racisme sera formulé à son encontre.

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Cependant, force est de noter que, même une fois blanchi, le grand, beau et élégant Naveen au sourire « pepsodent » n’en conserve conserve pas moins toutes les tares que la suprématie blanche destine généralement aux noirs. Puisque ce conte de fée raconté par les génocidaire-vainqueurs l’a enfermé dans la peau d’un irréductible d’un coureur de jupon doublé d’un danseur compulsif passionné de musique (jazz). Ce qui ne fait absolument rien d’autre que renforcer les préjugés avec lesquels se gargarise un monde dominé par ceux qui restent convaincus que :

- L’émotion est nègre, tandis que la Culture Hélène.

Au point que cette contre vérité préconçue dans une des « fabrique du consentement » dont des firmes comme Disney ont le secret, a fini par servir de boussole à nombre des nôtres. Lesquels ont vus leur opinion forgé par un système scolaire, médiatique et culturelle qui les a programmé à devenir les sous-traitants de notre auto-aliénation.

Cela dit, pour justifier le fait que l’oeil intéressé d’une riche aristocrate (blanche) se pose sur Naveen, l’Oncle Walt se devait tout de même d’en faire la figure d’exception qui confirme la règle. Ainsi pour le différencier des autres noirs (du ghetto), Disney lui a généreusement concédé le titre de Prince, en veillant bien, cependant, à lui ôter tous les attributs de pouvoir inhérent à son titre. C’est donc suite à un cou de baguette idéologique que ce prince nous a été présenté comme étant le   fils d’un roi, certes, mais sans le moindre sou. Entendez par là que son union avec la blonde Charlotte venait à se concrétiser dans ce monde imaginaire ségrégationniste, Naveen vivrait fixé comme une sangsue au crochet de sa belle. Autrement dit, il aurait pu tout autant nous être présenté comme un noir sans papier qui aujourd’hui encore fait mauvaise presse tant on le suspecte d’être en quête d’un mariage blanc pour pouvoir profiter des avantages d’un système qui pourtant le « racise ».  Notons par ailleurs que c’est une grande première dans un conte de fée Disney où, traditionnellement, le Prince charmant (blanc) nous est présenté comme le mari et gendre (riche) idéal. Le fantasme qui habite les rêves formaté de toutes les petites filles, femmes en devenir, qui espère silencieusement voir venir les chercher un jour le joli prince charmant sur son « blanc » destrier.

Or, dans les faits, quelle potentielle belle-mère ou jeune fille aristocrate rêverait d’avoir un Prince pauvre (et de surcroît noir) pour gendre ou mari ? A croire que Walt Disney a recouru à cette bonne vieille méthode esclavagiste qui consistait à déviriliser, voire émasculer l’homme noir en l’amputant de tous les attribut inhérent à sa fierté ; ceci afin de le réduire à sa force de travail ou à l’état de simple géniteur. Autrement dit, peu de chance, qu’au vu de son CV criblé de dettes, Naveen voient beaucoup d’offres se bousculer au portillon d’un bonheur traditionnellement ponctué par :

« ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant ! ».

Compte tenu de son inhabituel profil pour remplir ce rôle, on imagine plutôt que la fin de l’histoire (entachée de tromperie, coucherie, insultes et violente scènes de ménage en tout genre) sera par un divorce, arbitrer par un juge qui déterminera qui du père ou de la mère aura la garde de leurs rejetons.

Cela pour dire que, bizarrement, Naveen, malgré son beau sourire, tranche radicalement avec la longue tradition de prince charmant que Walt Disney a lh’abitude de réquisitionner pour nous imposer son modèle d’homme parfait. Tel un fruit pourri sur le point d’être arraché de la branche de l’arbre généalogique qui a vu éclore ces blancs prédécesseurs, le futur mari de Tiana traine comme un boulet tous les stéréotypes collant généralement à la peau des hommes noirs. Et bien que l’Oncle Walt ait eu lui ait fait l’amitié de lui prêté le temps d’un film de titre de prince en lui ouvrant grand les porte de sa somptueuse demeure traditionnellement réservé aux blancs, voici en quelque ligne le portrait de son personnage :

« Naveen est un prince ruiné de Maldonie, débarqué dans cette ville (la Nouvelle Orléans) pour son Jazz ! C’est une vraie cigale (au sens insultant de la célèbre fable de La Fontaine, La Cigale et la Fourmi) qui ne pense qu’à s’amuser ! Sa légèreté le jette dans les filets d’un magicien vaudou qui le métamorphosera en grenouille. »

Ce point final, certainement pour nous dire que ce Naveen a finalement mérité tout ce qui lui arrive, contrairement aux autres princes et princesses qui sont subjectivement les victimes d’un injuste coup du sort (toujours vêtu de noir). Autant dire qu’un colon esclavagiste aurait certainement eu du mal à dépeindre un portrait plus réducteur et essentialiste que celui-ci.

Quant à l’Oncle Walt qui, avec la princesse grenouille, s’est présenté à nous comme un ami qui nous veut du bien, la seule chose qu’il nous semble devoir retenir c’est qu’avec des amis aussi raciste que lui, il est sur que nous n’avons pas besoin d’ennemi.

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La #Négrophobie est une arme (neuro)coloniale d’aliénation et de destruction massive qui n’avoue pas son nom…

… armons-nous jusqu’aux dents pour la combattre !

Le Pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie (B.A.N Page Officielle)

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