STOKELEY CARMICHAËL : Concepteur du « Black Power »

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STOKELEY CARMICHAËL
Bien que peu connu du grand public, il est le véritable théoricien du concept  » Black Power « .
Alors qu’il est en première année de fac en 1963 il participe à la campagne des  » Freedom Rides  » qui consiste à prendre des bus transportant des blancs et des noirs dans le but de casser l’une des lois Jim Crow qui imposait dans le sud du pays la ségrégation dans les transports en commun.
Il a aussi participé à de nombreuses marches pacifiques auprès du pasteur Martin Luther King pour lequel il a toujours eu le plus grand respect.
Au cours des nombreuses manifestations auxquelles il a participé, et notemment dans le sud il fait le constat que les illuminés du Ku Klux Klan et les Red neck, les petits blancs au cou rougi par le soleil, n’étaient  pas les seuls à insulter et aggresser les manifestants noirs. Les policiers aussi cognaient dur et avec conviction sur les Noirs. La justice avait la main particulièrement lourde contre les manifestants noirs qui passaient dans leurs tribunaux.
Les politiciens du sud des maires aux gouverneurs comme le démocrate George Wallace se prononcèrent pour le maintien de la ségrégation dans les états du sud au moment où justement l’administration Kennedy cherchait à déségreger le pays.
Carmichaël réalise alors que les fonctionnaires de l’état étaient en train de participer à la consolidation du racisme étatsunien depuis longtemps séculaire. Ce qui conduisait les populations noires à une impasse dans leur lutte contre le racisme.
Puisque par exemple,  quand un noir était injustement agressé par un policier la hierarchie de ce dernier le couvrait et la justice ne punissait quasiment jamais le policier pour le crime qu’il avait pu commettre. Les médias blancs eux minimisaient le crime raciste en question.
En 1967 , Carmichaël résume sa pensée sur la question dans son livre  » Black Power  » en expliquant que le racisme aux États-Unis était devenu institutionel, c’est à dire était produit, reproduit et véhiculé par les institutions et que face à une telle situation les Noirs n’avaient plus d’autre choix que de s’organiser entre eux pour combattre le racisme dont ils étaient les victimes et que d’autre part s’opposer au racisme relevait d’un positionnement politique et n’avait plus rien à voir avec une posture morale.
Ce qui l’amena à dire :  » Si un homme blanc veut me lyncher c’est son problème, s’il a le pouvoir de me lyncher c’est mon problème, le racisme n’est pas une question d’attitude mais une question de pouvoir « .
Stokeley Carmichaël ira jusqu’à affirmer que la prospérité des sociétés occidentales reposait sur l’instauration et la pérennisation de ce racisme institutionnel et que par conséquent éradiquer ce racisme institutionnel revenait à proner le renversement de la caste des dirigeants de ces sociétés.
Tout naturellement Stokeley Carmichaël se rapprocha des Black Panther sans jamais réellement travailler avec eux les trouvant peu rigoureux et peu organisés.
Loin d’être un naïf il prend rapidemment conscience que le  » Pouvoir Noir  » et donc lui-même étaient dans le viseur de Hoover et de son COINTELPRO.
Et en 1969, il quitte définitivement les États-Unis pour s’intaller en Guinée où il devient conseiller du président Sékou Touré considérant que le pouvoir noir ne pouvait trouver toute sa réalité que sur le continent par le biais du panafricanisme. En l’honneur de Kwamé N’Krumah et Sékou Touré il prend le nom de Kwamé Touré.
Il meurt à Conakry en Guinée le 15 novembre 1998.
Ahmad Nougbo pour la #BrigadeAntiNégrophobie (BAN Page Officielle)

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