QUAND LA SCIENCE-FICTION RESSUSCITE LE CONCEPT DE « RACE » ? (Partie1/3)

DOSSIERS CLASSÉS X : De Malcom X à X-men ?

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Et si en portant à l’image une critique de ce système James Cameron, Luc Besson, Bryan Singer … n’étaient autres que des « Esope » en puissance ?

Oh là, Oh là… du calme. J’en vois déjà venir.

Esope n’est pas une insulte, loin de là !

Mais pour pour ne pas prendre le risque de nourrir ce type de malentendus, peut être aurait-il été préférable que je compare cette brochette de réalisateurs à Jean de la Fontaine ? Ce célèbre poète du XVIIème siècle que beaucoup pensent être le père de la Fable. Pour autant ma démarche aurait-elle été honnête, sachant que ce dernier a copieusement plagié Esope ? Reste maintenant à savoir pourquoi une certaine pensée dominante, méthodiquement sculptée à la gloire de la suprématie blanche, aime à taire l’existence du premier pour forcer l’opinion publique à ne retenir que le nom du second ?

D’autant que lorsqu’il a écrit les vers qui vont suivre, La fontaine ne semble avoir eu point de mal à vanter le génie de son père spirituel :

« Je chante les héros dont Esope est le père,
Troupe de qui l’histoire, encore que mensongère,
contient des vérités qui servent de leçons »

Tiens… mais pourquoi nous parle-t-il ici « d’histoire mensongère », alors qu’il est mondialement connu pour être l’auteur de la célèbre fable intitulée « Le corbeau et le renard » ?  

Cela dit, il m’importerait de savoir comment chacun.e d’entre nous serait tenté de représenter Esope, compte tenu du miroir déformant à travers lequel la propagande nous oblige à contempler une Histoire conditionnée à faire systématiquement rimer Grèce avec blanche Hélène ?

J’imagine… comme un grand blanc aux yeux bleus coiffé de soyeux cheveux blonds légèrement ondulés ? Le tout porté par un corps d’athlète drapé d’une magnifique toge blanche laissant apparaître ses bras et ses mollets saillants ?

Sauf que « parmi les numismatiques, il est chose reçue maintenant, que la tête de nègre qui se voit sur les médailles des Delphiens est la tête d’Esope, dont le biographe grec fait ce portrait :

Il avait le nez épaté, les lèvres fort avancées, il était noir, et de là vient son nom, qui signifie Ethiopien. ».

Et bien que la chronologie des faits historiques, attribue à Esope la paternité de la fable comme genre littéraire, il est suspect de voir que les livres accouchés par un certain « pouvoir blanc » préfèrent malhonnêtement retenir le nom de Jean de la Fontaine, le « Blanc », plutôt que celui d’Esope, le « Noir ». Comme si une force tapie dans la brume s’employait à javelliser certaines pages de l’Histoire, considérant qu’à elles seules elles pourraient contredire une version officielle bien plus raciste que tendancieuse ?

Mais trêve de balivernes ! Car ce qui nous intéresse ici n’est pas fondamentalement cela, mais plutôt le fait que le célèbre fabuliste De La Fontaine est mondialement connu pour avoir utilisé une figure de style l’autorisant à fustiger le pouvoir de son époque en masquant sa critique acerbe derrière :

- l’anthropomorphisme.

Mais que peut bien vouloir signifier ce mot au fort accent savant ?

L’anthropomorphisme peut être considéré comme « l’attribution de caractéristiques du comportement ou de la morphologie humaine à d’autres entités comme des dieux, des animaux, des objets, des phénomènes, voire des idées. »

Nul, ou presque, aujourd’hui n’ignore que cette forme d’écriture imagée constituait la colonne vertébrale des fables qui a fait le succès de Jean de La Fontaine. En revanche combien savent que ce style d’expression allégorique lui offrait la possibilité d’improuver de la plus subtile des manières le système monarchique qui régissait la vie sociale de son époque. Forcé de louvoyer face à la violence forcenée d’un pouvoir royale qui avait droit de vie et de mort sur ses sujets, il n’était pas rare que dans ses fables il fasse stratégiquement incarner les êtres humains par des animaux choisis en fonction de caractéristiques censées faire écho à un rang social et/ou un trait de caractère les arrachant à la faune pour les rattacher au monde des hommes.

Connu pour habiller de manière élégante le fruit défendu de son analyse, La Fontaine rusait constamment pour ne pas froisser la susceptibilité des puissants. Bien que disposant d’un style d’écriture on ne peut plus chatoyant, jamais il n’osait les confronter à la vérité nue, sachant qu’elle ne manquerait pas d’abuser de ses charmes pour remettre en cause l’exercice de leur pouvoir. Appartenant à la race des intellectuels qui n’aiment strictement rien laisser au hasard, il avait pour coutume de ponctuer ses fables avec une morale se révélant bien plus proche de la sagesse égypto-nubienne* que de la foi chrétienne, à l’époque connue pour être encore plus aveugle qu’elle ne l’est aujourd’hui. Mais bien que le concept de « justice de classe » ne fut pas encore à la mode, j’aime à penser que De La Fontaine utilisait une partie de son talent pour la mettre en lumière et ainsi révéler la profondeur du fossé séparant les riches des pauvres, au mépris de celui segmentant les noirs et les blancs.

Voilà pourquoi aujourd’hui j’ai l’impression que dans un tout autre registre – lui aussi teinté d’anthropomorphisme –  des œuvres de (sciences) fiction telles que ValérianAvatar ou encore X-Men, dressent elles aussi un portrait allusif du système qui régit notre quotidien. Raison pour laquelle il me plaît de voir en leurs réalisateurs, les (néo)fabulistes de l’an 2000. D’autant que ces conteurs d’histoires parallèles n’hésitent à concevoir d’énormes « blockbusters » dépassant la centaine de millions d’euros, pour transporter confortablement notre imaginaire dans les couloirs intemporels de leur monde virtuel. Pour autant, je n’ai pu m’empêcher de constater que si les derniers aiment planter le décor de leur fables futuristes dans l’immensité infinie de la galaxie,  « La Fontaine définit (lui-même) son œuvre comme :

Une ample comédie à cent actes divers
Et dont la scène est l’univers« 

Mais bien que pour réaliser la même prouesse que ces successeurs ce dernier n’eut besoin que de la pointe de sa plume et d’un encrier, une chose le rapproche incontestablement de la plupart des concepteurs de films de science-fiction :

l’anthropomorphisme.

Figure de style qui, remise au gout du jour, donne à ces (néo)fabulistes de l’an 2000 le pouvoir de nous ouvrir les yeux sur le caractère impérialiste du système qui domine ce monde (en fantasmant sur l’univers), sans jamais avoir le désigner ouvertement comme tel. Or si les fables De La Fontaine ont vocation à mettre plus précisément l’accent sur la « question de classe » (sans jamais trouver le courage de dénoncer ouvertement le Roi et sa cour**), force est de constater que celles aujourd’hui racontées par James Cameron, Luc Besson et bien d’autres ressuscitent (in)consciemment « la question (tabou) de la race ».

Mais pour ne pas nourrir l’impression de remplir d’eau une cruche dont le fond aurait été volontairement percé par la mine affûtée de la propagande raciste qui formate stratégiquement notre (in)conscient collectif, je préfère faire appel à deux hommes blancs, riches et célèbres. Ce, non pas parce que je les estime plus pertinents s’agissant de défendre cette cause qui est nôtre ; mais tout simplement parce que je pense que dans un monde où l’habit fait insidieusement le moine, leur rang social – et surtout racial – donnera incontestablement plus de poids à mon propos. Autrement dit, dans un système régit par les principes que nous impose une suprématie blanche qui ne trouve même plus le courage de s’avouer comme telle, il est indéniable - pour qui ne se voile pas la face - que la parole d’un « Blanc » vaut subjectivement bien plus que celle d’un « Noir ».

J’appelle donc à la barre des témoins messieurs Stan Lee et Jack Kirby. Les pères de « Magnéto » et du « Professeur Charles Xavier ». Soit, deux des figures incontournables des comics X-men accouchées au forceps, en 1963, dans un contexte racial aussi explosif que douloureux (pour les afro-américains va sans dire).

Car qui aurait pu deviner que la tension raciale qui gangrénait cette époque fut la principale source d’inspiration venue inciter Jack et Stan à donner vie à ses deux chefs de fil des mutants constituant l’un des piliers de l’univers Marvel ? Qui aurait pu croire que les traits de caractère de ses deux héros de (sciences) fiction aient pu être empruntés à deux imminents soldats de la cause noire, corps et âme engagés dans la guerre raciale qui gangrène jusqu’à présent les Etats-Unis ? Qui aurait pu croire que les célèbres Magnéto et Professeur Charles-Xavier ne sont autres que la pâle copie de deux illustres Afro-Américains connus pour avoir porté haut et fier leur couleur en même temps que le flambeau d’une lutte acharnée contre la Négrophobie criminelle, ségrégationniste et négationniste qui mine toujours le sol amériKKKain ?

Je veux parler bien sur de Malcom X et Martin Luther King.

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Soit deux fers de lance du mouvement révolutionnaire afro-américain de l’époque, qu’une certaine Ingénierie du consentement – à la solde du pouvoir blanc qui l’a enfanté – nous force à appréhender de manière radicalement binaire. C’est à dire avec d’un côté le méchant « Nègre » - Malcom.X - tandis que de l’autre le bon - Martin Luther King.

Empruntant exactement le même cheminement vérolé par l’idéologie raciste qui l’a structurée et la structure encore, Hollywood s’emploie à manipuler tout autant notre consentement en mettant tout en oeuvre pour que nous voyions en la personne de Magnéto que le méchant mutant, tandis qu’en celle du Professeur Xavier, le bon. Et ce, même si – en dépit de notre aveuglement programmé – les faits objectifs s’appliquent à nous démontrer que, dans le monde virtuel  comme dans le réel, il est simplement question de deux mutants/deux « Nègres » en proie au « Racisme » des humains/de la « Suprématie blanche ». C’est donc contraintes et forcées que ces cibles d’un Racisme assassin ont emprunté des chemins certes différents, mais ce, dans le but de parvenir à une seule et même fin :

- Eradiquer d’une manière ou d’une autre un Racisme d’État, relayé par l’ensemble de sa population fortement conditionnée à le faire pour la préservation de ses intérêts et privilèges (blancs).

Cette introduction faite, je passe maintenant la parole à Stan Lee afin qu’il porte sans plus attendre le coup de grâce à tous les « racio-sceptiques ». Car après après son témoignage il est certain qu’aucun d’eux ne pourra plus faire semblant d’ignorer quelles étaient ses véritables intentions lorsqu’il a prêté à Magnéto les traits de caractère qui sont aujourd’hui connus pour être ceux de feu Malcom X :

« Je vous demande juste quelques secondes, le temps de régler le micro à sa hauteur… »

« Je n’ai pas pensé Magneto comme étant un vilain (…), il essayait juste de rendre les coups aux personnes qui sont racistes à l’encontre des mutants. Il essayait de les défendre, mais parce que la société ne les traitait pas équitablement, il décida de lui donner une leçon. Il reste un homme dangereux, mais je ne l’ai jamais pensé comme un vilain ».

« Merci d’avoir eu le courage de partager avec nous cette confession chargée d’émotion Stan ! »

(La foule l’applaudit tandis que j’en profite pour réajuster le micro à ma hauteur…)

Bien sûr, je n’invite personne à confondre cette parole avec les lettres d’un l’évangile qui n’en reste pas moins discutable. Donc libre à chacun.e de faire montre de rigueur et surtout d’indépendance intellectuelle  en  prenant le temps de passer les arguments de cette plaidoirie aux rayons X de son esprit critique. Mais en ce qui me concerne si j’ai fait appel à M. Lee, c’est uniquement pour qu’il partage avec le plus grand nombre ce qu’il juge être à l’origine des velléités qui l’ont poussé à donner naissance à ces deux chefs mutants blancs (bien qu’inspirés de noirs). Car il est incontestablement le mieux placé pour rendre compte de ses réelles motivations.

Quant au reste, en aucun cas je ne lui ai demandé de s’improviser juge en interprétant au gré de son humeur et de sa sensibilité subjectives les intentions d’autrui. Raison pour laquelle je tiens icà préciser que jamais, au grand jamais, je n’ai considéré Malcom X comme étant un « homme dangereux », bien que vous l’ayez sous-entendu. Qu’on se le dise !

Cette parenthèse fermée, s’agissant du fond de sa plaidoirie, je reste convaincu qu’elle achèvera de détruire la thèse fallacieuse des « racio-sceptiques » qui, soucieux de se racheter une (bonne) conscience à bas coût, préfèrent s’imaginer que nous voyons le racisme absolument partout (où il ne l’est pas). Ainsi mettent-ils tout en oeuvre pour discréditer notre propos qu’ils aiment tactiquement confondre avec la morale de la fable d’Esope (encore lui ?) :

- « Le garçon qui criait au loup » ?

Sauf qu’une fois confrontés à la ténacité des faits se révélant bien plus têtus que leur préjugés dépourvus de fondements, comment ces derniers peuvent-ils pousser l’inconvenance jusqu’à contester ce qui nous est aujourd’hui présenté comme une évidence ? Mais ayant anticipé la malhonnêteté intellectuelle des « racio-sceptiques » les plus endurcis, je me vois contraint, face à autant de mauvaise foi, d’abattre une autre carte :  celle de Bryan Singer, le réalisateur du film X-men.

Lequel explique sans la moindre ambiguïté, dans une interview, que ce qui l’a motivé à prendre les commandes de la réalisation de ce film se résume dans le fait qu’il ne supportait plus que des êtres humains puissent être rejetés par la société à cause de leur apparence ethnique.

Voilà pourquoi je pense qu’à l’instar de Jean de La Fontaine qui – de crainte de voir ses véritables intentions démasquées – obligeait les animaux à incarner la « question de la classe », les fabulistes de l’an 2000 usent et abusent de l’anthropomorphisme pour maquiller (in)consciemment la « question de la race ». Car cette figure de style leur offre la possibilité de critiquer mollement le système raciste qui (néo/neuro)colonise encore et toujours. Ceci tout en leur permettant de continuer à profiter des privilèges (blancs) que ce dernier leur offre à nos dépens. Un peu comme si les concepteurs de ces messages codés craignaient, en affichant la vérité nue à l’écran, de froisser la susceptibilité d’un pouvoir (blanc) qui, d’une manière ou d’une autre, les finance d’une main pendant que de l’autre il nous rackette.

Ce qui explique en partie pourquoi aucun d’eux n’attaquera jamais frontalement cette puissance hégémonique depuis longtemps passée maître dans l’art de travestir le racisme en norme (blanche). Sauf qu’un tel tour de prestidigitation ne peut réussir qu’avec la complicité d’une industrie du cinéma secrètement missionnée pour couvrir les arrières d’un système éducatif posté en première ligne pour prendre d’assaut notre imaginaire avant de le « reformater » en suivant les ordres de la suprématie blanche qui l’a accouché et continue de l’allaiter. Devenu l’une des composante incontournable de son outil de propagande, le cinéma s’impose comme l’un des leviers permettant à ce pâle pouvoir de manipuler à sa guise notre consentement. Car sans assentiment populaire, comment pourrait-il disposer de la légitimité nécessaire pour planter un peu partout les racines de ses politiques (néo)coloniales génocidaires ? Conscient qu’il n’est absolument rien sans notre approbation, il la manipule constamment pour ne pas prendre le risque d’être démasqué. Attendant fatalement le jour où la vérité crue nous sortira de l’état d’hypnose provoqué par le doux chant de sa propagande, il nous maintient sous perfusion en nous injectant par petite dose continue une (dés)information soporifique qui enraye notre autonomie de pensée et le place seul au contrôle de nos destinées ?

Une fois que l’on possède ces nouvelles cartes en main, comment ne pas réaliser que la société humaine dans laquelle a été planté le décor de X-men ressemble à s’y méprendre à celle accouchée par la même « Suprématie blanche » qui a prémédité les meurtres de Malcom X et Martin Luther King. Soulignons, par ailleurs, que lorsque le gouvernement AmériKKKain a commandité leur assassinat respectif, il ne semble pas avoir juger bon de faire la distinction entre le bon et le mauvais « Nègre » ? Preuve, s’il en fallait une, qu’en dépit de nos signes distinctif en matière de religion, de classe, de nationalité ou autres, aux yeux du Racisme d’État tous les « nègres » doivent invariablement être logés à la même enseigne. En témoigne chacune des balles venues trouer la peau de nos deux héros de « la cause noire » pour leur passer explicitement ce message :

-  « un bon nègre est un nègre mort ».

(… Une partie de la foule abasourdie s’exclame…. « Oooohhhh »)

Voilà pourquoi en ayant eu le courage de venir plaider à cette barre, Stan – soutenu par le silence complice de Jack Kirby – crédite la thèse démontrant l’analogie existante entre mutants/extra-terrestres et peuples « racisés ». Respectant scrupuleusement sa logique (et non la mienne) je ne peux qu’immuablement faire rimer à mon tour « suprématie de la race humaine » sur les autres espèces de l’univers avec « la suprématie blanche » qui vampirise le monde réel.

Si bien que celles et ceux qui ont appris à lire entre les lignes de la propagande ne peuvent plus être considérés comme des fous furieux, accusés d’avoir perdu leur raison partie disputer, sur un coup de tête, une course contre la montre dans l’espoir de remporter la « compétition victimaire » organisée et arbitrée par le même Racisme d’État que nous sommes censés combattre.

Et si malgré tous les arguments que nous avons mis à leur disposition, les « racio-sceptiques » restent égal à eux-mêmes, ils n’auront qu’à s’efforcer à résoudre seuls l’équation qui cherche à expliquer pourquoi « la BD dont est tirée la saga (de X-men) est parue en 1963 ? (Soit) quelques jours avant la grande Marche sur Washington qui symbolise l’apothéose de la lutte pour les droits civiques ».

Ils n’auront qu’à s’appuyer sur le caractère bancal de leurs préjugés pour tenter de donner sens au fait que « les derniers mots de Magneto dans X-Men (2000) (…) ne sont autres que « by any means necessary » (« par tous les moyens nécessaires »), la formule-choc associée à Malcolm X ».

Enfin, pour ponctuer cette liste qui s’allonge à l’infini, nous leur demanderons comment ils sont à même de traduire le fait que « dans X-Men l’affrontement final, lors d’un interrogatoire musclé, Raven, alias Mystique, la plus proche collaboratrice de Magneto, affirme qu’elle refuse de répondre aux policiers sous son « nom d’esclave » – comme Malcolm (…) avait choisi le X en remplacement de son « nom d’esclave » » – justement.

Cela dit, j’imagine déjà « la mauvaise foi » personnifiée se lever au milieu de la foule en hurlant à la « théorie du complot » ou à la « simple coïncidence ». Ceci pour tenter de faire taire à tout prix la vérité, telles le firent les balles qui ont froidement assassinés  Malcom X  » et Martin Luther King. Mais il est peut-être un fait que ce que ce pouvoir blanc qu’ils représentent ignore ? Il peut tuer un révolutionnaire, certes, mais pas la Révolution.

Le mensonge aura beau tenter d’enrayer le cours de l’histoire, il n’en restera pas moins deux hommes noirs resteront éternellement une des sources d’inspiration des pères de la (science) fiction mutante, exactement comme Esope fut jadis l’inspirateur de La Fontaine. Cependant si Malcom X et Martin Luther King n’avait pas existé, on est en droit de se demander si  Magneto et le Professeur Charles Xavier auraient eu ne serait-ce qu’une chance de voir le jour ? Sans compter que les caractères tranchés de ses deux personnages ne sont pas sans rappeler les différentes formes de dualités constamment en interaction dans « le yin et le yang« .

Symbole représentant les deux extrêmes d’un tout coexistant ensemble dans l’univers qui, voué à un mouvement constant, pousse chacune de ces forces à se transformer de manière continuel en l’autre, et inversement.  Ceci permettant de comprendre autrement l’interaction qui existe entre le bien et le mal, la modération et la radicalité… qui comme toutes choses ne peuvent jamais être absolues, dès lors où elles sont vouées à n’être que le symbole de la dualité de tout ce qui existe et se complète dans un cycle infini pour parvenir à l’harmonie et à l’équilibre. A croire que nous sommes là en face d’une réplique de la Maât, elle aussi anthropomorphe et bien antérieur au principe philosophique figurés par le yin et le yang. Voilà pourquoi je pense qu’il est d’autant plus malvenu d’enfermer dans une grille d’analyse aussi raciste que binaire les formes de luttes attribuées à feux Malcom X (Magneto) et Martin Luther King (Professeur Charles Xavier), que l’ordre cosmique des choses révèle aussi complémentaires que nécessaires dans un monde en proie à de multiples déséquilibres à force de supporter le poids d’autant d’injustices.

(… Une partie de la foule s’exclame à nouveau… « Ooooohhh »… Tandis que l’autre applaudie)

Raison pour laquelle je m’autorise à penser que des films futuristes comme Avatar ou Valerian dissimulent des messages (in)consciemment codés que, pour sa survie, l’humanité doit apprendre à décrypter. Mais ceci est encore une autre histoire que je raconterai dans le deuxième épisode de la série  » QUAND LA SCIENCE-FICTION RESSUSCITE LA RACE ? »

A suivre…

Le pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie

* Sachant que même si pour les érudits il est généralement admis qu’Esope serait le père de la Fable, on trouve des trace de ce style littéraire en Afrique et notamment dans les région de l’Egypte pharaonique.

**Le personnage du Roi, directement nommé ou masqué par son double, le Lion, apparaît plus de trente fois dans les fables, révélant ainsi son l’intérêt de La Fontaine pour les problèmes politique de son époque.

(…) les fables évoquent aussi la noblesse de province qui exploite sans vergogne les paysans

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