Pour Walt Disney Princesse Noire rime avec « michetonneuse » ?

Si l’on regarde « La Princesse et la granouille », de Walt disney, avec des lunettes réglées pour faire table rases du passé (esclavagiste et colonial) qui pourtant explique le contexte socio-politique dans lequel se trouve Tiana, l’héroïne noire…

… si l’on refuse de décrypter l’investiture de la première héroïne noire en haut de l’affiche d’un projet de Walt-Disney sans tenir compte des codes qui ont « blanchis » et embellis des histoires comme celles de Blanche-Neige, Cendrillon et autre belle au bois dormant pour en faire des contes de fées…

… si l’on considère comme un point de détail le fait que l’héroïne blanche qui évolue dans l’histoire original est d’emblée princesse, alors que Tiana nous est idéologiquement présentée comme une sorte de sous prolétaire noire…

… alors on peut considérer que la Princesse et la grenouille est un véritable chef d’oeuvre indiquant que la digue du Racisme (structurel) a enfin cédé. Car si l’on se base sur les belles apparences, quelle meilleure passerelle, qu’un dessin animé comme celui-ci, pourrait faciliter le rapprochement entre les noir.e.s et les blanc.he.s, tout en abolissant la barrière des préjugés élevée par la négrophobie les siècles passées ?

Sauf qu’emprunter un tel raccourci en reviendrait à oublier que les siècles de racisme systémique qui ont aussi structurer l’oeil et la plume de Walt Disney, éclairent forcément notre présent sous un jour qui trahi les fausses apparences égalitaires qui nous incitent à croire que nous sommes tous égaux. Sans cet éclairage, nous ne saurions voir et encore moins percevoir le caractère subliminal du message (in)consciemment négrophobe qui se cache entre les lignes de cette pâle histoire raciste que Walt Disney a, une fois de plus, travestie en conte de fée.

Car « La princesse et la Grenouille », de part son caractère inédit, nous montre qu’Hollywood a été contraint d’ouvrir la porte blindé de son imaginaire ségrégationniste aux noir.e.s. Et si l’on considère, par ailleurs, que la France a toujours dix ou vingt ans de retard sur ses homologues amériKKKains, tout incite à penser que d’ici 2039 les noir.e.s francophones auront eux aussi une chance de fouler le sol graveleux d’un imaginaire français qui aura enfin trouver le courage de regarder la réalité de son Racisme en face. Comme Armstrong a fait ses premiers pas sur la lune, peut-être qu’un jour nos combats nous permettrons de fouler de notre vivants une terre de droit nous permettant d’évoluer sans être freiner par le boulet invisible des discriminations raciales.

Dans l’attente de ce jour qui tarde à venir, il est à noter que l’investiture de Tiana dans l’univers blanco-centré de Walt Disney a eu lieu quasiment en même temps que celle d’Obama, le premier président afro-américain de l’AmériKKKe blanche. Coïncidence ou pas, dans les  deux nous ne bénéficions pas de suffisamment de recul  pour savoir s’il s’agit là d’un petit pas pour l’homme (blanc) et d’un grand pas pour l’humanité, ou s’il est encore question d’une arnaque visant à calmer notre colère légitime ?

Quoi qu’il en soit « Pour la première fois dans l’histoire de la légendaire maison de l’oncle Walt (…) la Princesse (est une femme) noire. »

Après avoir réhabilité une Arabe, une Chinoise et une Indienne à travers les personnages respectifs de Jasmine, Mulan et Pocahontas, voici celle qui arrive en fin de liste, Tiana, la noire. Traitée, pour ne rien changer, en bonne dernière de la classe des « races », Walt Disney, miroir de la Suprématie Blanche, a décidé, en 2009, de  reconnaitre l’humanité des noir.e.s dans le monde raciste du dessins animés.

C’est donc donc suite à cette mascarade de réhabilitation officielle, qu’en 2009, Tiana, la Princesse noire, arbitrairement emprisonnée dans la peau d’une grenouille, prend d’assaut les écrans « blancs » de cinéma. Soit « 73 ans après la sortie du tout premier long-métrage du studio, Blanche-Neige et les sept nains »

Mais cela ne doit pas pour autant nous faire oublier que « lors d’une réunion sur le scénario », l’oncle Walt soulignera tout de même que :

« la scène ou les nains de Blanche-Neige s’empilent les uns au-dessus des autre » lui donnait l’impression qu’ils étaient entassés « comme une pile de nègres ».

Et manifestement il y aurait encore tant à dire sur le sujet, mais faute de temps nous passerons sous silence la récurrente ruse de Disney consistant à utiliser l’anthropomorphisme ou « l’animalisation » des noir.e.s pour déguiser l’expression de sa négrophobie viscérale en conte pour enfant. Fort de cet honteux stratagème, cette incarnation de la suprématie blanche a su « invisibiliser » les noir.e.s pour mieux les dé-nigrer, sans pouvoir être ouvertement accusé de racisme. D’où l’impérative nécessité d’apprendre à lire entre les lignes de cette propagande raciste qui nous conditionne « subliminalement » à intégrer un ordre des choses qui nous dévalorise dans le but de nous fragiliser socialement et « racialement ». Autrement dit, à l’heure de la « Neurocolonisation » il deviendra de plus en plus rare de voir la suprématie blanche nous adresser une insulte ouvertement négrophobe. Car elle est devenue experte dans l’art d’exprimer le même outrage de manière on ne peut plus implicite, comme ce fut d’ailleurs le cas dans nombre de dessin animé Disney.

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C’est d’ailleurs grâce à ce coup de baguette « antropomorphique » que l’oncle Walt parvient – dans ce remake qui n’a de conte de fée que le nom – à faire disparaître l’héroïne noire, Tiana, rapidement transformée en grenouille avec son futur mari et prince, fainéant et ruiné, Naveen. Ce qui signifie que sur un film d’un peu plus d’une heure trente, Disney n’a pas supporté de voir nos « têtes de nègres » plus de 30 minutes. Ce qui reste indéniablement un progrès comparé la totale invisibilisation dont nous avons été vicitme dans un film comme « le Roi Lion » (1994). Lequel a réussi l’exploit de révéler l’Afrique au monde sans jamais donner corps à un.e seul.e africain.e.

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Mais concernant le prince, noir, fainéant et ruiné, Naveen, il nous semble pourtant que les canons de beauté qui le caractérise reste plus proche de ceux du monde blanc que de ceux du monde Noir ?  A croire que les forgeurs d’opinions qui nous impose leur dictature du beau et du bon goût se sont employés à effacer le plus possible la physionomie négroïde du prince en l’emprisonnant sous les cheveux et les traits de Ken, le mari de Barbie,  au lieu de lui permettre de  ressembler à ses pairs Fred HamptonPatrice Lumumba ou autre Dessalines.

Autant dire qu’une fois passée au rayons X de notre esprit critique, le message de propagande qui se cache derrière « La Princesse et la grenouille » est aussi simple à comprendre que les règles du jeu des sept famille du Racisme Structurel. Si bien qu’à chaque fois que Disney abat la carte d’un des personnages, on voit immédiatement se profiler la silhouette d’une Négrophobie grossièrement déguisée en bonnes intentions.

Preuve en est, si dans la famille Négrophobie grossièrement déguisée en conte de fée, je commence par demander la mère de Tiana. Je me rendrais compte qu’Eudora nous est présenté comme la nounou travaillant pour une famille d’aristocrates blancs, très riches. Famille dont la petite fille « blonde au yeux bleus » nous est imposé comme étant la meilleure ami de Tiana, pris au piège dans le sempiternel cliché de la famille noire extrêmement miséreuse. A croire que Blanc.he rime naturellement avec richesse et opulence, tandis que noir.e avec extrême misère et mendicité. A croire que là encore, en 2009, Disney se révélait incapable de rompre, dans le fond, avec les vieux clichés négrophobes esclavagistes qui s’efforcent de maintenir les noir.e.s toujurs à la même place de subalternes. Je souligne bien dans le fond, car dans la forme, la mère de Tiana ne ressemble plus à la big nounou d’autant en emporte le vent, « animalisée » en grosse chouette dans Rox et Rouky. 

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Comme si cette propagande insidieusement raciste cherchait subliminalement à nous rappeler que nous sommes « génétiquement » voué.e.s à nous occuper des gosses de nos bourreaux, quitte à jeter les nôtres dans les griffes du racisme institutionnelle qui nourrit copieusement la délinquance qui les guette. Comme si nous étions tout juste bon.ne.s à faire prospérer leur familles, leur société, leur pays à notre plus grand détriment.

Dans la famille Négrophobie grossièrement déguisée en conte de fée, je demande le père de Tiana, James. Lequel a des rêves aussi grand que ceux que l’esclavage-négrier-occidentalo-chrétien nous autorisait d’avoir. Tout cela sachant que même après la prétendue abolition de l’esclavage nos espérances continuèrent d’être limiter, ici est là bas, à cause du plafond de verre que le Racisme d’Etat a stratégiquement conçu pour nous empêcher d’évoluer tout en nous parlant de Liberté. « La Princesse et la grenouille » n’est d’ailleurs qu’une illustration en image parmi d’autre de cet état de fait extrêmement vicieux. Pour preuve, le rêve le plus fou du père de Tiana ne consistait pas à combattre la suprématie blanche pour obtenir la justice véritable qui ne le contiendra plus tout en bas de l’échelle des classes et des « races ». Ou à tout mettre en oeuvre pour que sa fille milite pour cette cause juste s’efforçant d’être avocate ou nul ne sait quoi encore ? Non, son plus grand rêve était d’avoir un restaurant pour y faire de la bonne cuisine ?

Quête incensée que poursuivra aveuglément Tiana tout au long du film, comme s’il n’y avait désespéremment pas plus noble cause. Et au lieu de nous indiquer la voie à suivre pour nous libérer du joug de la suprématie blanche qui nous a esclavisé et nous colonise, Disney en parfait gardien de ces privilèges blancs acquis sur notre dos et notre sang, nous présente le fait de devenir propriétaire d’un restaurant comme la plus grande des réussite ? Mais de qui se moque-t-on ?

Toutefois soyons clair, mon but ici n’est certainement pas de disqualifier un métier ou un autre. Mais dans un conte de fée ou même le ciel ou les étoiles ne peuvent faire office de limite, comment se fait-il que le plus grand rêve d’une jeune princesse, noire de surcroît, soit d’avoir un restaurant. N’est-ce pas là une manière de nous interdire de voir les choses en beaucoup plus grand et plus juste, autrement que par la contrainte du fouet ? Comme certain l’on dit avant moi, il est indéniablement plus agréable de subir le message caché d’une publicité ou d’un dessin animée comme « la Princesse Grenouille », plutôt que d’endurer un acte de torture qui vous forcera à renier vos convictions les plus profondes. Seulement, que le matraquage soit agréable ou autrement plus désagréable, sa finalité est la même : modeler notre consentement avec ou sans violence (apparente). Autrement dit il nous faut apprendre à lire entre les lignes pour enfin comprendre que les chaînes en métal qui nous entravaient hier, sont devenues mentales.

Car les contes de fées sont des endroits ou les princes charmants (blancs) peuvent venir à bout des dragons à douze têtes, ou rompre par la force de leur seul amour le sortilège des  plus puissantes sorcières. Ils sont le lieux ou les jeunes femmes sont supposés voir exaucer leurs voeux les plus inaccessibles. Mais à nous, les noir.e.s, qui avons du attendre 2009 pour voir enfin une héroïne à notre image, on nous demande de nous contenter d’un fichu restaurant après 4 siècles d’esclavage et je ne sait combien d’autres de colonisation ? Si les prince blancs ont pu venir à bout du dragon qui s’interposait entre eux et leur amour de toujours, pourquoi ne pourrions nous pas formuler et voir exhaucer notre souhait le plus cher ? Celui de pouvoir trancher toutes les têtes de l’hydre du Racisme d’Etat.

Que nous ne maîtrisions pas les rênes de la propagande raciste qui nous dénigre et nous infériorise quotidiennement est une chose. Mais rien ne nous oblige à devenir les complice d’une campagne de formatage qui enfonce chaque jour un peu plus le clou de la bassesse dans la petite tête crépue de nos enfant. Levons nous comme un seul être pour arracher nos droit bafoués même dans le monde du dessin animé. Levons-nous, battons-nous et exigeons pas plus ni moins que les autres Blanche-Neige ou Prince :

- C’est  à dire la Justice… ou mieux encore, l’impossible.

Dans la famille négrophobie déguisée en conte de fée, je demande la supposée soeur de coeur ou meilleure amie de Tiana, Charlotte Leboeuf, la riche aristocrate. Qui une fois devenue femme, regarde sa soi disant soeur trimer comme « une esclave des temps modernes » pour ne serait-ce que parvenir à joindre les deux bouts. A contrario, cette histoire l’ayant subjectivement placée à l’ombre du moindre besoin, cette gosse de riche n’a qu’a piocher sans modération, aucune, dans le porte-feuille de papa « l’aristo ». Ainsi son personnage sert-il à nous rappeler, l’air de rien, que l’ordre sociale et « raciale » que nous impose la suprématie blanche dans le réel, s’impose tout autant dans les conte de fée chargé de nourrir l’imaginaire de nos enfants.

Ceci même si pour tromper les apparences, l’oncle Walt, qui manifestement exècre les noir.e.s, cherche à maquiller cet état de fait négrophobe en présentant l’ébauche d’un tableau figurant un couple mixte… qu’il s’emploiera à ne jamais finir. Telle une enfant gâté habitué à ce que son père exhausse tous ces caprices, Charlotte s’amourachera effectivement d’un afrodescendant, certes, mais pas de n’importe lequel. Pour répondre préserver les apparences faussement universalistes de cette histoire, elle tombera amoureuse du Prince Naveen. Mais un peu comme une petite gosse de riche qui, émerveillée par un petit chiot gambadant derrière la vitrine d’une animalerie, ordonnerait à son père de lui acheter cet animal de compagnie. Un peu comme la petite fille capricieuse d’un riche esclavagiste exigerait de son père qu’il mette tout en oeuvre pour lui obtenir l’esclave qui lui permettra de tuer l’ennui qui infeste ces journées.

Ce qui, toujours dans le cadre de la famille Négrophobie déguisée en contre de fée, m’amène à demander le (futur) mari de Tiana, Naveen. Lequel est recouvert d’une teinte cuivré, saveur caramel au beurre salé. A croire que cette carnation plutôt claire suffise à le rendre suffisamment aguichant pour que l’amie d’enfance (blanche) de Tiana prenne le risque de s’encanailler avec lui. Ce qui, par ailleurs, nourrit l’impression que l’oncle Walt a stratégiquement créé cette inhabituelle circonstance pour pouvoir sortir la carte du petit « ami noir » (encore plus noire qu’une arabe) dès que la moindre suspicion de racisme sera formulé à son encontre.

Autrement dit, Disney (comme Nivea) aime les noirs, mais exempt de leur traits négroïdes, à en juger la représentation « Disneyenne » du prince qui ressemble définitivement plus à un blanc grimé en noir (comme c’est encore de coutume chez les négrophobes), qu’à autre chose ? Comme l’oncle Sam, L’oncle Walt aime les noir.e.s blanchi.e.s, aux cheveux défrisés et à la peau délavée avec une crème éclaircissante type Nivea.

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A croire que bien loin de nous accepter comme nous sommes Disney (comme Nivea) nous montre la voie (du blanchiment) à suivre ?

Car ici point de cheveux crépus, point de noir.e.s représenté.e.s dans le magnifique habit de leur offre chaque jour et chaque nuit, depuis le premier jour de leur naissance, leur beauté naturel et originel.

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Juste des noir.e.s auxquel.le.s Disney incite à singer le blanc, comme c’est subliminalement le cas pour le Roi Louie.

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Cependant, force est de noter que, même blanchi, le grand, beau et élégant Naveen au sourire « pepsodent » n’en conserve conserve pas moins toutes les tares que la suprématie blanche destine généralement aux noirs. Puisque ce conte de faits raconté par les génocidaire-vainqueurs a décidé qu’il était un invétéré coureur de jupon doublé d’un parfait danseur passionné de musique (jazz). Ce qui fait absolument écho à la conviction d’un monde affirmant que :

- L’émotion est nègre, tandis que la Culture Hélène.

Au point que cette contre vérité, pour ne pas dire mensonge, a fini par servir de boussole à nombre des nôtres, formatés par ce système qui les a contraint à n’être plus que les artisans de notre auto-aliénation, afin qu’ils transportent à leur insu ce genre de rumeurs viscéralement négrophobes.

Cela dit pour justifier le fait qu’il soit avec une riche aristocrate blanche, Naveean se devait tout de même de faire figure d’exception qui confirme la règle. Ainsi pour le différencier des autres noirs du ghetto, Disney lui a généreusement concédé le titre de Prince, en veillant bien à lui ôter tout pouvoir, puis qu’il est un fils de roi sans le moindre sou. Entendez par là qu’il vivra au crochet de sa belle, comme un noir sans papier accusé de s’être adonné à un mariage blanc pour pouvoir profiter, voire abuser des avantages du système blanc qui pourtant le « racise ».  Ce qui est une grande première dans un conte de fée Disney, où traditionnellement le Prince charmant (blanc) nous est présenté comme le mari et gendre (riche) idéal. Le fantasme qui habite les rêves formaté de toutes les petites filles et femmes en devenir, se réduit généralement à l’espérance de voir venir les chercher un jour ce joli prince charmant sur son « blanc » destrier.

Or quelle potentielle belle-mère ou jeune fille rêverait d’avoir un Prince pauvre (et noir de surcroît) pour mari ou gendre ? Peu de chance au vu de son CV que beaucoup d’offres ce bouscule au portillon d’un bonheur qui se conclurait par :

« ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant ! ».

Car avec un tel profil on imagine plutôt que la fin de l’histoire (entachée de tromperie, coucherie, insultes et violente scènes de ménage en tout genre) sera plutôt ponctué par un divorce et un combat féroce en justice pour déterminer qui du père ou de la mère aura la garde des rejetons.

Cela pour dire que, bizarrement, Naveen, malgré son beau sourire, tranche radicalement avec la longue tradition de prince charmant que Walt Disney a lh’abitude de réquisitionner pour nous imposer son modèle d’homme parfait. Faisant figure de fruit pourri à deux doigt d’être décrocher de la branche de l’arbre généalogique qui a vu éclore ces blancs prédécesseurs, le futur mari de Tiana, bien que descendant lui aussi d’une royauté, n’en est pas pour autant débarrassé des stéréotype qui colle généralement à la peau des hommes noirs. Puisque  voici décrit le rôle du personnage que lui inflige le scénario de Walt Disney qui s’est pourtant fixé l’ambition de nous mettre en valeur.

« Naveen est un prince ruiné de Maldonie, débarqué dans cette ville (la Nouvelle Orléans) pour son Jazz ! C’est une vraie cigale (au sens insultant de la célèbre fable de La Fontaine, La Cigale et la Fourmi) qui ne pense qu’à s’amuser ! Sa légèreté le jette dans les filets d’un magicien vaudou qui le métamorphosera en grenouille. »

Ce point final, certainement pour nous dire que ce Naveen a finalement mérité tout ce qui lui arrive, contrairement aux autres princes et princesses qui sont subjectivement les victimes d’un injuste coup du sort (toujours vêtu de noir). Autant dire qu’un colon esclavagiste aurait certainement eu du mal à dépeindre un portrait plus réducteur et essentialiste que celui-ci… Mais là encore, passons et revenons à notre princesse (transformé en grenouille au bout de 25mn).

Car si l’on a l’honnêteté intellectuel de décrypter ce dessin animé en se référant aux codes traditionnellement empruntées par les contes de fées de Walt Disney, il sera plus aisé de comprendre quelle image colle (in)visiblement à la peau noire de Tiana ?

Une fois ré-interprété par un prisme décolonial, on pourra se demander si l’amour qui la caractérise est d’une nature aussi belle, aussi pure et aussi digne que celui avec lequel Walt Disney a revêtu l’âme de femmes blanches (imaginaires) tel que Blanche-Neige, La Belle au bois dormant ou Cendrillon (toutes blanches, rappelons-le !).

Mais d’ores et déjà je puis vous dire, que comme les noirs et les blancs racontés dans les livres d’histoires réécrits par les génocidaires-vainqueurs, Tiana la racisée, n’est pas logé à la même enseigne que ces pairs blanches.  Car qu’y a-t-il de poétique a voir deux crapauds ou grenouilles se faire des « papouilles » ? Dans ce monde de blanc, l’amour noir ne peut il être ouvertement montré et assumé sans que les autoproclamés gardiens de l’axe du bien et du bon goût ne se sentent obligés de  le censurer. A croire que notre amour et tout ce qu’il produit ne vaut pas mieux  qu’un vulgaire film classé X brouillé sur Canal+, pour préserver l’intégrité psychologique des enfants et surtout interdire à tout ceux qui ne disposerait pas du décodeur d’en saisir la beauté. A se demander, qu’est-ce  qui, dans l’amour noir, contrarie à ce point ce système blanc, raciste et particulièrement négrophobe ?

Dans les année 1960, Les Black Panthers, et autres, scandaient poing levé sous, une pluie de balles policières :

« Black is beautiful« .

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Mot d’ordre et de fierté qu’Hollywood, miroir de la suprématie blanche, semble, en 2009, implicitement avoir traduit par :

« batracien is beautiful« .

Comme si le fait de voir deux crapaud dégoulinant de baves copuler ensemble pouvait faire rêver une opinion publique dont l’imaginaire a été labouré avec la même faucille que celle qui a férocement taillé plusieurs siècles d’esclavages et de colonisation, avant d’être arrosé par une pluie de discriminations raciales rendant possible la pousse des pires préjugés  ? À croire que, comme en musique ou il a été décrété qu’une blanche valait deux noirs, l’amour blanc s’impose comme étant plus vendeur que celui incarné par les noir.e.s ?

Cependant qui pourrait un seul instant s’imaginer que lorsque nous étions sagement assis sur les bancs de l’école maternelle, au lieu de vouloir être médecin, ingénieur, professeur, chef d’Etat… notre rêve le plus fou était de ressembler un jour à Kermite la grenouille ?

Autant dire que si c’était pour nous tolérer 25 minutes seulement dans la peau d’un.e noir.e, pour ensuite nous garder prisonnier plus d’une heure restante dans le cuir élastique et visqueux d’une grenouille, Walt Disney aurait mieux fait de continuer à ignorer notre existence. Car même déguisée en conte de fée, une insulte négrophobe reste invariablement une insulte.

Sans compter qu’en mettant en parallèle l’histoire de Tiana, la noire, avec celle de ces homologues blanches, force est de constater que le rôle qu’on lui a subjectivement  imposé de jouer ressemble plus à celui d’une« michetonneuse« , qu’à celui d’une Blanche-Neige ayant pour principale boussole sa vertu et sa pureté. Car c’est tout ce que l’on retient des contes de Blanche-Neige, Cendrillon et autres Belle au bois dormant. Raison pour laquelle n’importe quelle petite fille (noire ou blanche) est conditionnée à vouloir ressembler à ces modèles que la suprématie blanche nous impose comme un idéal. Raison pour laquelle n’importe quel petit garçon élevé au petit petit lait de ses histoire à dormir debout est conditionné à vouloir épouser une femme qui réunit tous ces critères moraux (mais aussi et surtout physique). Vu sous cet éclairage conditionnant, quelle petite fille renoncerait au rêve de ressembler un jour à Blanche-Neige pour incarner le personnage de Tiana. Autrement dit qu’elle petite fille accepterait de troquer sa panoplie de sainte-nitouche, apprécié de tous, contre l’habit de « pute » avec lequel Disney a recouvert notre princesse noire ?

Le mot est lâché. Pour nous, à travers la princesse et la grenouille, Walt-Disney traite implicitement les femmes noires de « putes ». Oncle Walt, avatar de l’Oncle Sam, lui même avatar de la suprématie blanche, sous entend, en obligeant Tiana à embrasser un baveux crapaud pour obtenir son restaurant, qu’une femme noire est « génétiquement » conditionnée à « baiser » par intérêt. Oncle Walt nous informe qu’au delà des belles apparences et de la gentillesse affiché par la princesse Tiana, se cache dans son fore intérieur une femme dépourvue des moeurs et des vertus qui habite Blanche-Neige et les autres. Car il serait connu et admis de tou.te.s que la femme noire est uniquement aimantée par un appât du gain justifiant que la fin justifie absolument tous les moyens, incluant la prostitution.

Voilà le message subliminale qui est communiqué à nos filles (avant le reste du monde) dans ce dessin animé supposé nous mettre en valeur. Voilà le piège dans lequel la suprématie blanche qui, à travers l’esclavage a réduit « légalement » la femme noire à l’état d’objet sexuel, veut nous enfermer. Tout ceci en nous faisant implicitement comprendre que la seule chance qu’une femme noire à de réussir, réside dans le fait  de monnayer ses charmes au plus offrant (qui est généralement blanc). Fût-elle obligée pour atteindre ses rêves de « baiser » avec un gros crapaud bien dégueulasse. Et il est évident que l’état de profonde misère dans lequel nous a collectivement laissé l’esclavage, aussitôt relayé par la colonisation, est on ne peut plus propice à cet état de fait.

Voilà pourquoi après l’avoir un tantinet blanchi, Walt Disney se devait de transformer Naveen, le prince noir, en crapaud. Le Crapaud pouvant se révéler être l’esclavagiste incarnation de la suprématie blanche qui vient violer la femme noire en lui faisant comprendre qu’il vaut mieux qu’elle s’accommode de cet état d’agression, car dans ce monde de blanc, hostile aux noir.e.s, lui seule est capable de lui offrir la sécurité lui permettant de s’élever socialement et racialement. Mais pour qu’une telle abomination soit possible le maître des clés de cette histoire se devait de rabaisser la princesse noire à son piètre niveau. Et d’ailleurs cette dernière ne s’y est pas tromper, puisque lorsque son baiser la transforme en grenouille,

Vous n’avez pas tellement changé… comment vous avez fait pour grimper là haut ?      Et moi… comment j’ai fait pour tombé si bas ?

Autrement dit, une fois qu’elle a accepté de renier ses valeur, le crapaud baveux a pris de la hauteur, tandis qu’elle est tombé bien bas. Comme l’esclavage est la colonisation nous ont forcé par le fouet et la torture à renier nos valeur pour nous faire tomber encore plus bas.

 S’il veut réaliser ses fantasme, l’oncle Walt, avatar de la suprématie blanche, se doit constamment de nous rabaisser pour nous dominer, voire nous soumettre. Car il sait que si nous restons nous même, il ne parviendra jamais à ses fins. Voila pourquoi ce scénario, écrit par les tenanciers d’un pouvoir blanc qui n’avoue pas on nom, se sont employé à corrompre l’âme de la princesse noire en la déshabillant de sa dignité, de son honneur et de sa fierté.

Comme le système esclavagiste s’est férocement appliqué à briser la fierté des noirs, ceux qui s’octroient aujourd’hui le pouvoir de réécrire l’histoire à leur avantage ne peuvent faire autrement que rabaisser la princesse noire pour espérer être à sa hauteur. Avec le temps, et surtout la force de conviction brutale qui sera dépoyé à son encontre, elle finira par rompre et devenir crapaud, comme certain.e.s d’entre nous pour s’intégrer s’emploie à devenir blanc.he, fut-ce au péril de leur vie.

Autrement dit dans un monde ou les crapauds sont rois, certain.e.s espérant bénéficier d’un minimum de reconnaissance, accepteront de devenir crapaud. Ce même s’il est incontestable qu’ici crapaud est synonyme de « gros porc« . Et Tiana ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Consciente du dégoût que lui procurait ce batracien qui lui donne littéralement envie de vomir elle se trouve obliger de puiser en elle tout le courage qui lui permettra de l’embrasser :

« Courage Tiana, tu vas y arriver du calme… un seul baiser… ».

Ce qui n’es pas sans rappeler le courage dont on du faire preuve les femmes noires pour supporter le courage des gros porc d’esclavagiste qui pénétraient leur intimité, utilisant leur sexe comme un instrument de torture visant à les soumettre à tous leurs fantasmes même les plus abjectes.

Le comble de l’ironie c’est que dans l’histoire original, Le Roi grenouille, source d’inspiration de « La Princesse et la grenouille », l’héoroïne blanche est préservé de ce viol déguisé en conte de fée. L’héroïne blanche, ne cède pas à cet odieuc chantage d’ordre sexuel. Au lieu de cela, elle balance violemment la grenouille contre un mur et le sort dont le prince était prisonnier est miraculeusement brisée. Brisée par la violence dont ce système qui nous opprime depuis des siècles affirme pourtant qu’elle ne règle jamais rien. C’est donc probablement pour nous apprendre à nous laisser soumettre (même sexuellement) que Walt Disney incite cette belle et jeune femme noire à céder aux avances pornographique de ce porc de crapaud.

Mais ça nous y reviendrons plus tard.

Car s’agissant de Blanche-Neige et ses avatars, si Walt Disney ne nous les présente jamais comme des « michetonneuses », les faits nous les décrivent comme étant de vraies « mitonneuse ». Puisqu’en creusant un peu, on se rend compte que dans l’histoire qui les raconte magnifiquement, tout à été remanier pour permettre à la monstruosité qui fonde la suprématie blanche de prendre la tournure féérique qui nous est aujourd’hui imposé. Si bien que nos petite têtes blondes, mais aussi crépues, sont conditionnés à ignorer que ces contes de fée dissimulent des horreurs qu’aucun enfant ou adulte n’aurait la décence d’assumer, s’il était au courant. Un peu comme l’histoire édulcoré des génocides commis par des Etats impérialistes comme la France et les Etats-Unis rendus capables, par la seul force de leur mensonges, de travestir leur crime en bienfaits. De sorte que la Spoliation de l’Amérique a été « manipulatoirement » traduite par « la Découverte de l’Amérique ». De sorte que les « génocidaires-vainqueurs » nous sont présenté dans les livres d’histoires comme étant « les civilisateurs ». De sorte que la statue de Colbert, auteur du Code Noir, trône encore aujourd’hui devant l’assemblée nationale.

En creusant un petit peu, on se rend compte que les méfaits de cannibalisme, de viol, de torture ou d’infanticide… sont ici et là maquillés en jolie conte de fée de manière à permettre aux enfants qui deviendront les adultes de demain de digérer ces informations moralement indigestes, tout en les appréciant. Mais qu’en adviendrait-il si cette même opinion publique apprenait que de manière masqué ces contes de fées, comme l’histoire qui nous est enseignée a l’école, ne servent qu’à coloniser l’imaginaire de nos petites têtes blondes, mais aussi crépues. Pour ce faire, le système éducatif qui nous formate dès le plus jeune âge, en nous apprenant au minimum à distinguer le bien et le mal, grime l’apologie de l’infanticide, de l’inceste, du cannibalisme (dont on aime accuser les noir.e.s) en fait totalement « cautionnable » et acceptable. Mais heureusement que ce n’est pas moi qui le dit, mais des forgeurs d’opinion qui, justement, ont pignon sur rue. Sinon j’imagine que les accusations gratuites, et surtout infondées, de « raciste-anti-blancs » se seraient déjà abattues sur moi comme l’orage en plein désert.

Car qui peut encore imaginer que le monde de Disney est autre chose qu’un avatar de la Suprématie blanche. Raison pour laquelle, aucune de ses histoire ne peut être décryptée en faisant abstraction  des codes qui fondent « la question de classe », certes, mais aussi et surtout « la question de race », anormalement tabou en France. En d’autre terme, le monde merveilleux de Disney, sous ses aspect racoleurs, n’est rien d’autre qu’un outil de propagande visant à coloniser notre imaginaire de manière à perpétuer la domination des riches sur les pauvres, certes, mais aussi et surtout des blanc.he.s sur les noir.e.s. Tant que l’on refuse de comprendre cela, on ne peut pas correctement interpréter une histoire comme « La Princesse et la grenouille », ni même Blanche-Neige, dont Walt Disney nous rappelait à quoi les 7 nains faisaient pour lui référence.

Fort de cette nouvelle grille de lecture, il devient plus aisé de comprendre que lorsque le prince vient embrasser la Belle au Bois dormant ou Blanche-Neige pendant son sommeil, ce n’est autre qu’une « jolie » métaphore qui vient maquiller et surtout rendre acceptable un viol. En effet la poétique allégorie du baiser n’a jamais autant ressembler à son homonyme : « baiser ». Or l’on doit comprendre que ce « baiser » leur a été volé, à l’une et à l’autre, sans leur consentement. Autrement dit, au vu des moeurs de l’époque, on peut imaginer sans prendre le risque de se tromper, que le prince charmant, aussi blanc soit-il, n’a pas seulement poser ses lèvre sur la bouche de celle qu’il convoitait, mais y a certainement introduit la langue et pas « queue »… ?

A partir de cela, on est en droit de ce demander comment un Weinstein, et le pouvoir blanc qu’il incarne, aurait pu être autre chose que le violeur en série que les tabloïd le présume être. Lui qui a forcément été, comme nous autres, élevé au petit lait de ces mêmes contes de fée qui, loin de nous éduquer aux joies de la parité homme-femme, nous apprennent implicitement que ces « dernières » peuvent être, sans aucun état d’âme, abusé pendant leur sommeil (mais uniquement par des hommes blancs si on juge les lynchage des noirs injustement accusés d’avoir violé des femmes blanches pendant la ségrégation) ?

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Ironie de l’histoire,  nombre de filles rêvent de voir un jour venir leur prince charmant, sur son blanc destrier, prêt à pourfendre le danger embusqué dans la forêt (vierge) avec son épée sortie de son fourreau. Mais en définitive le prince charmant dont elle sont conditionnées à rêver, n’est finalement autre que leur violeur déguisé avec les habits du bonheur.

Sauf qu’à en croire ses vraies histoires, il est possible que le monde que l’on nous raconte n’est en aucun point en accord avec la réalité « civilisée » avec laquelle la propagande raciste nous bassine pour prendre toujours plus de hauteur en nous infériorisant.

En d’autres termes, si l’histoire de la La Belle au Bois Dormant et d’autres ne servent qu’à maquiller et couvrir des histoires d’agressions sexuelles, le hashtag #BalanceTonPorc devrait prendre une ampleur d’ordre beaucoup plus systémique. Sauf que l’histoire de Tiana (que je perçois comme une métaphore accouché par l’histoire esclavagiste et coloniale qui a permis à des Etats impérialistes comme la France de s’engraisser allègrement), nous rappelle que les noir.e.s ne sont pas logé.e.s à la même enseigne que les blanc.he.s. Et s’il est donné à certain.e.s de croire que l’on pourra réformer l’exercice abusif de ce pouvoir blanc phallocrate en ne s’attaquant qu’à sa forme plutôt qu’ à son fond dissimulant ses racines racistes et sexistes, autant que les femmes noires brandissent le hashtag #BalanceTonCrapaud. Car chaque parcelle de notre combat, dont le féminisme, ne peut en aucun cas faire abstraction de l’aspect déconial et encore moins s’allier à des mouvement qui pour (in)consciemment préserver leurs privilèges (blancs) nous instrumentalisent tout en invisibilisant la question raciale, qui se trouve être au coeur de notre oppression multiséculaire .

Le Pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie (B.A.N Page Officielle)

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