Pour Disney : femme noire rime avec « michetonneuse » ?

Si l’on regarde « La Princesse et la grenouille » avec des lunettes stratégiquement réglées pour faire table rase du passé (esclavagiste et colonial) qui influence notre perception… nous serons tenté de considérer comme un point de détail le fait que – dans l’histoire  originale qui l’inspira – « l’héroïne blanche » est d’emblée une princesse. Nous ne remarquerons pas que la suprématie blanche, cachée derrière le masque rassurant de Disney, a arbitrairement emprisonné Tiana « l’héroïne noire », dans le statut d’une sous prolétaire sans le moindre sou.

Pris dans le tourbillon de cet élan réducteur, nul ne songera à comparer l’investiture d’une de nos pairs (imaginaire) – oportunément placé tout en haut de l’affiche d’un projet Disney – avec celle de ses homologues blanches. Lesquelles – mieux connues sous les noms enchanteurs de Blanche-Neige, La Belle au Bois Dormant et autres Cendrillon – n’ont eu de cesse d’être valorisé par une propagande raciste qui, non sans avoir bâillonné la vérité, a pris un malin plaisir à recycler leurs écoeurantes histoires en magnifiques contes pour enfant. 

Ainsi, à force de voir uniquement ce que la propagande nous conditionne à voir depuis notre plus jeune âge, il y a fort à parier qu’à la sortie de ce film nombre d’entre nous se soit laissés dire que la digue du Racisme (structurel), qui colonise toujours notre imaginaire, avait enfin cédé.

D’autant qu’il est intéressant de noter que l’investiture de Tiana, dans l’univers blanco-centré de Walt Disney, a eu lieu quasiment en même temps que celle d’Obama, le premier président afro-américain de l’AmériKKKe blanche. Coïncidence ou pas, dans les  deux cas nous ne bénéficions pas de suffisamment de recul  pour savoir s’il s’agit là d’un petit pas pour l’homme (blanc) et d’un grand pas pour l’humanité, ou s’il est plus simplement question d’une énième arnaque visant à détourner notre attention dans le but de calmer notre colère à 100% légitime ?

En d’autre termes regarder ce pseudo conte de fée avec les lunettes que nous impose la propagande raciste, en revient à oublier que les siècles de Racisme systémique qui ont permis de justifier l’esclavage-négrier-occidentalo-chrétien et la (néo)colonisation n’ont certainement pas été sans influence sur l’orientation du regard et de la plume de Walt Disney. Sans compter que ce passé esclavagiste et colonial, qui tend à être effacé, éclaire forcément notre présent sous un jour qui trahi les fausses apparences égalitaires qui nous incitent à croire que nous sommes tous égaux. Or sans cet éclairage, nous sommes stratégiquement placé.e.s dans l’incapacité de percevoir le caractère subliminal du message (in)consciemment négrophobe qui se cache entre les lignes de cette pâle histoire raciste que Disney a, une fois de plus, travestie en conte de fée.

Car, en définitive, que nous raconte l’histoire de « La Princesse et la grenouille »  ?

« Que le prince Naveen de Maldonia, transformé en grenouille par un sorcier vaudou, en arrive à se convaincre qu’il doit embrasser une princesse pour réinvestir son apparence humaine. Aimanté par cette quête, il jette son dévolu sur la belle et jolie Tiana qu’il croit de sang royal. Mais celle-ci n’est en réalité qu’une serveuse qui payera cher le baiser qu’elle lui concèdera par intérêt. Si bien qu’au lieu d’inverser le sort, ce dernier la transformera à son tour en visqueux et hideux batracien. C’est donc uni dans ce malheur que ces deux grenouilles, que tout semble opposer, apprendront à se connaître en sillonnant les bayous de la Louisiane, à la recherche d’une vieille prêtresse vaudou seule capable de briser ce pâle sortilège. Rapproché.e.s de force par cette mission, ils finiront par s’aimer au cours de leurs péripéties ».

Même si au premier coup d’oeil, ce conte de fée n’a rien d’original, le fait que le monde de Disney donne à des noir.e.s (furent-ils imaginaires) les rôles principaux, montre que l’oncle Walt (raciste comme pas permis) a été contraint d’ouvrir la porte blindé de son imaginaire ségrégationniste. Et si l’on considère, par ailleurs, que la France a toujours dix ou vingt ans de retard sur ses homologues amériKKKains, tout nous incite à penser que d’ici 2039 les noir.e.s francophones auront eux aussi une chance de fouler le sol graveleux d’un imaginaire français qui, jusqu’ici, refuse de regarder la réalité de sa négrophobie en face. Comme on nous force à croire qu’Armstrong demeure le premier homme à avoir marcher sur la lune, nous affirmons qu’un jour nos combats nous permettrons de fouler un espace de droit débarrassé de cette justice aveugle qui nous oblige à trainer le boulet invisible des discriminations raciales freinant considérablement notre avancée.

Quoi qu’il en soit « Pour la première fois dans l’histoire de la légendaire maison de l’oncle Walt (…) la Princesse (est une femme) noire. »

Après avoir réhabilité une Arabe, une Chinoise et une Indienne à travers les personnages respectifs de Jasmine, Mulan et Pocahontas, voici celle qui arrive en fin de liste, Tiana, la noire. Traitée, pour ne rien changer, en bonne dernière de la classe des « races » et « des classes », Walt Disney – miroir de la Suprématie Blanche – a présumément décidé, en 2009, de  reconnaitre l’humanité des noir.e.s dans le monde ultra raciste du dessin animé.

C’est donc donc suite à cette mascarade de réhabilitation officielle, qu’en 2009, Tiana, la Princesse noire, arbitrairement emprisonnée dans la peau d’une grenouille, prend d’assaut les écrans « blancs » de cinéma. Soit « 73 ans après la sortie du tout premier long-métrage du studio, Blanche-Neige et les sept nains »

Mais cela ne doit pas pour autant nous faire oublier que « lors d’une réunion sur le scénario », l’oncle Walt soulignera tout de même que :

« la scène ou les nains de Blanche-Neige s’empilent les uns au-dessus des autre » lui donnait l’impression de les voir s’entasser « comme une pile de nègres« .

Ce qui nous permet de comprendre que pour exprimer une négrophobie qu’il ne peut plus ouvertement afficher comme telle, l’oncle Walt l’obligera à porter le masque d’un anthropomorphisme chargé d’exprimer tout bas ce qu’il ne peut désormais plus dire tout haut. Ainsi, en « animalisant » les noir.e.s il nous fera physiquement disparaître tout en nous insultant idéologiquement pour communiquer de manière « subliminaire » ce racisme viscérale, qu’il maquillera en conte pour enfant dans le but de le transmettre clandestinement aux générations futures. Une fois conscient.e.s de cela, chacun.e d’entre nous devrait comprendre à quel point il est impératif d’apprendre à lire entre les lignes de cette propagande raciste. Car dans le but de nous coloniser, avant de nous détruire de l’intérieur, elle use de moyens de communications « infraluminaires » nous conditionnant à intégrer, malgré nous, un ordre des choses qui nous dévalorise et nous fragilise tant socialement que « racialement ».

Autrement dit, à l’heure de la « Neurocolonisation«  il deviendra de plus en plus rare de voir la suprématie blanche nous adresser des insultes ouvertement négrophobes, tant elle est devenue experte dans l’art d’exprimer implicitement les mêmes outrages. Constituant de véritables preuves à charges, un certain nombre de dessins animés estampillés Disney ne pourront s’empêcher de témoigner dans notre sens.

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Ainsi, dans ce remake négrophobe du Roi grenouille – qui n’a de conte de fée que le nom – l’oncle Walt parvient à faire disparaître l’héroïne noire, Tiana, en la transformant en grenouille d’un simple coup de baguette « antropomorphique ». Ceci pour l’obliger à subir le même sort que son futur mari, prince, fainéant et ruiné, Naveen. Ce qui signifie que sur un film d’un peu plus d’une heure trente, les studios Disney n’ont pas supportés de voir nos « têtes de nègres » plus de 30 minutes. Ce qui reste indéniablement un progrès comparé la totale « invisibilisation » dont nous furent vicitme tout au long d’un film comme « le Roi Lion » (1994). Lequel a réussi l’impossible exploit de révéler l’Afrique au monde sans jamais donner corps à un seul personnage africain. 

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Mais concernant le prince, noir, fainéant et toujours ruiné, Naveen, il nous semble pourtant que les canons de beauté qui le caricature restent beaucoup plus proches de ceux imprégnant le monde blanc que de ceux magnifiant du monde Noir ?  A croire que les forgeurs d’opinions qui nous imposent leur dictature du beau et du bon goût se sont employés à effacer le plus possible la physionomie négroïde qui aurait du le caractériser. Pour ce faire, ils n’ont pas hésité à  emprisonner les plus franches expressions de sa « négritude » sous les cheveux et les traits de Ken, le mari de Barbie. Cela sans doute pour lui interdire de  ressembler à ses pairs et pères révolutionnaires Fred HamptonPatrice Lumumba ou autre Dessalines.

A croire que l’oncle Walt aime les noirs, mais exempt de l’essentiel de leur traits négroïdes. Car si l’on en juge la représentation « Disneyenne » du prince, il ressemble définitivement plus à un blanc grimé en noir (comme c’est encore de coutume chez les négrophobes), qu’au premier homo sapiens accouché dans le berceau de notre humanité à tous, l’Afrique ? Comme l’oncle Sam, L’oncle Walt semble aimer les noir.e.s blanchi.e.s, aux cheveux défrisés et à la peau délavée avec une crème éclaircissante de type Nivea.

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A croire que bien loin de nous accepter comme nous sommes Disney se plaît à nous montrer la voie (du blanchiment) à suivre ?

Car si l’avant garde de ce dessin animé n’offre point de place aux cheveux crépus, c’est qu’il refuse de représenter les noir.e.s dans le magnifique habit de leur offre chaque jour et chaque nuit leur beauté naturelle et originelle.

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En lieu et place de cela, l’oncle Walt nous incite plutôt à singer l’homme blanc, comme ce fut « subliminalement » le cas pour le Roi Louie.

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Cependant, force est de noter que, même blanchi, le grand, beau, élégant Naveen et son sourire « pepsodent » n’en conserve pas moins toutes les tares avec lesquelles la suprématie blanche « essentialise » généralement aux noirs. En témoigne ce pseudo conte de fée qui a décidé de l’emprisonner dans la peau d’un invétéré coureur de jupon doublé d’un parfait danseur passionné de musique (jazz). Ainsi survit le cliché du fameux noir, tout juste bon à incarner l’émotion, l’instinct animal et sauvage, tandis que le blanc la culture, l’esprit cartésien et civilisation.

Pour autant il est vrai qu’une fois passée au rayons X de nos esprits critiques, le message de propagande qui se cache lâchement derrière « La Princesse et la grenouille », devient aussi simple à comprendre que la règle enfantine du jeu des 7 familles de ce Racisme Structurel. Si bien qu’à chaque fois que Disney abat la carte d’un des personnages, on peut immédiatement voir se profiler – dans l’ombre du pouvoir blanc qui nous colonise encore - la silhouette de Disney tirant les ficelles d’une Négrophobie qu’il a grossièrement déguisée en bonnes intentions.

Car si l’on a l’honnêteté intellectuel de décrypter ce dessin animé en se référant aux codes traditionnellement empruntées par les contes de fées de Walt Disney, il sera plus aisé de comprendre quelle image colle (in)visiblement à la peau noire de Tiana ?

Analysé à travers le filtre d’un prisme décolonial, on pourra se demander si l’amour qui la caractérise est d’une nature aussi belle, aussi pure et aussi digne que celui avec lequel Walt Disney a revêtu l’âme de femmes blanches (imaginaires) telles que Blanche-NeigeLa Belle au Bois Dormant ou Cendrillon.

Mais d’ores et déjà je puis vous dire, qu’à l’instar de la disparités qui existe en les blancs et les noirs racontés dans les livres d’histoires réécrits par les génocidaires-vainqueurs, Tiana la princesse racisée, n’est pas logée à la même enseigne que ces pairs blanches.  Car qu’y a-t-il de poétique a voir deux crapauds ou grenouilles se faire des « papouilles » ? Dans ce monde taillé à la gloire de la suprématie blanche, l’amour noir ne peut il être ouvertement montré et assumé sans que les auto-proclamés gardiens de l’axe du bien et du bon goût ne se sentent obligés de  le censurer ? A croire que notre amour et tout ce qu’il produit ne vaut pas mieux  qu’un vulgaire film classé X brouillé sur Canal+ afin de préserver l’intégrité psychologique des enfants, mais surtout d’interdire à tout ceux qui ne disposerait pas du bon décodeur d’en saisir la beauté. A se demander, qu’est-ce  qui, dans l’amour noir, contrarie à ce point ce système blanc, raciste et particulièrement négrophobe ?

Dans les année 1960, Les Black Panthers, et autres, scandaient déjà poing levé sous, une pluie de balles policières :

« Black is beautiful ». 

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Mot d’ordre et de fierté que l’oncle Walt semble, en 2009, implicitement avoir traduit par :

« batracien is beautiful ».

Comme si le fait de voir deux crapaud dégoulinant de baves copuler ensemble pouvait faire rêver une opinion publique dont l’imaginaire a été labouré avec la même faucille que celle qui a férocement tailladé notre chair et notre âme avec plusieurs siècles d’esclavage et de colonisation, avant de l’arroser avec la pluie acide des discriminations raciales qui ont rendues possible la pousse des pires préjugés  ? À croire que, comme en musique ou il a été décrété qu’une blanche valait systématiquement deux noirs, l’amour blanc s’impose comme étant plus vendeur que celui incarné par les noir.e.s ?

Cependant qui pourrait un seul instant s’imaginer que lorsque nous étions sagement assis sur les bancs de l’école maternelle, au lieu de vouloir être médecin, ingénieur, professeur ou chef d’Etat… notre rêve le plus fou fut de ressembler un jour à Kermite la grenouille ?

Autant dire que si c’était pour nous tolérer 25 minutes seulement dans la peau d’un.e noir.e, pour ensuite nous garder prisonnier plus d’une heure restante dans le cuir élastique et visqueux d’une grenouille, Walt Disney aurait mieux fait de continuer à ignorer notre existence. Car même déguisée en conte de fée, une insulte négrophobe reste invariablement une insulte.

Sans compter qu’en mettant en parallèle l’histoire de Tiana, la noire, avec celle de ces homologues blanches, force est de constater que le rôle qu’on lui a subjectivement  imposé de jouer ressemble plus à celui d’une « michetonneuse« , qu’à celui d’une Blanche-Neige ayant pour principale boussole sa vertu et sa pureté. Car c’est tout ce que l’on retient des contes de Blanche-Neige, Cendrillon et autres Belle au bois dormant. Raison pour laquelle n’importe quelle petite fille (noire ou blanche) est conditionnée à vouloir ressembler à ces modèles que la suprématie blanche nous impose comme un invariable idéal. Raison pour laquelle n’importe quel petit garçon élevé au petit lait de ses histoire à dormir debout est conditionné à vouloir épouser une femme qui réunit tous ces critères moraux (mais aussi et surtout physique). Vu sous cet éclairage visant à conditionner l’optique de notre regard, quelle petite fille serait assez folle pour renoncer au rêve l’incitant à ressembler un jour à Blanche-Neige pour incarner le personnage de Tiana. Autrement dit qu’elle petite fille accepterait de troquer sa panoplie de sainte-nitouche, apprécié de tous, contre l’habit de « pute » avec lequel Disney a recouvert notre princesse noire ?

Le mot est lâché. Car en forçant la princesse et la grenouille à embrasser un vieux crapaud pour de l’argent, Walt-Disney traite implicitement les femmes noires de « putes ». Oncle Walt, avatar de l’Oncle Sam qui est lui même un avatar de la suprématie blanche, sous entend de manière à peine voilà que pour pouvoir réaliser ses rêves, la femme noire est « génétiquement » conditionnée à (accorder un) « baiser » par intérêt. Oncle Walt nous informe qu’au delà des belles apparences et de la gentillesse affichée par la princesse Tiana, se cache dans son fore intérieur une femme dépourvue des moeurs et des vertus qui habiteraient Blanche-Neige et les autres. Car à en croire ce message explicite, il serait connu et admis de tou.te.s que la femme noire est uniquement aimantée par un appât du gain voulant que la fin justifie absolument tous les moyens, prostitution incluse.

Voilà le message subliminale qui est communiqué à nos filles (avant le reste du monde) dans ce dessin animé supposé nous mettre en valeur. Voilà le piège dans lequel veut nous enfermer la suprématie blanche qui, à travers l’esclavage, a réduit « légalement » la femme noire à l’état d’objet sexuel. Tout ceci en nous faisant implicitement comprendre que la seule chance qu’une femme noire a de réussir, réside dans le fait  de monnayer ses charmes au plus offrant (que ce système raciste désigne comme étant généralement blanc). Fût-elle obligée, pour atteindre ses rêves, de « baiser » avec un bon vieux gros crapaud bien dégueulasse. Et il est évident que l’état de profonde misère dans lequel nous a collectivement laissé l’esclavage, aussitôt relayé par la colonisation, est on ne peut plus propice à cet état de fait.

Voilà pourquoi après l’avoir un tantinet blanchi, Walt Disney se devait de transformer Naveen, le prince noir, en crapaud. Le Crapaud pouvant se révéler être l’esclavagiste incarnation de la suprématie blanche qui vient violer la femme noire en lui faisant comprendre qu’il vaut mieux qu’elle s’accommode de cet état d’agression, car dans ce monde de blanc, hostile aux noir.e.s, lui seule est capable de lui offrir la sécurité lui permettant de s’élever socialement et racialement. Mais pour qu’une telle abomination soit possible le maître des clés de cette histoire se devait de rabaisser la princesse noire à son piètre niveau. Et d’ailleurs cette dernière ne s’y est pas tromper, puisque lorsque son baiser la transforme en grenouille, voici ici retranscrit son propos :

« Vous n’avez pas tellement changé… comment vous avez fait pour grimper là haut ?      Et moi… comment j’ai fait pour tombé si bas ? »

Autrement dit, une fois qu’elle a accepté de renier ses valeur, le crapaud baveux a pris de la hauteur, tandis qu’elle est tombé bien bas. Comme l’esclavage est la colonisation nous ont forcé par le fouet et la torture à renier nos valeur pour nous faire tomber encore plus bas.

S’il veut réaliser ses fantasme, l’oncle Walt, avatar de la suprématie blanche, se doit constamment de nous rabaisser pour nous dominer, voire nous soumettre. Car il sait que si nous restons nous même, il ne parviendra jamais à ses fins. Voila pourquoi ce scénario, écrit par les tenanciers d’un pouvoir blanc qui n’avoue pas on nom, se sont employé à corrompre l’âme de la princesse noire en la déshabillant de sa dignité, de son honneur et de sa fierté.

Comme le système esclavagiste s’est férocement appliqué à briser la fierté des noirs, ceux qui s’octroient aujourd’hui le pouvoir de réécrire l’histoire à leur avantage ne peuvent faire autrement que rabaisser la princesse noire pour espérer être à sa hauteur. Avec le temps, et surtout la force de conviction brutale qui sera dépoyé à son encontre, elle finira par rompre et devenir crapaud, comme certain.e.s d’entre nous pour s’intégrer s’emploie à devenir blanc.he, fut-ce au péril de leur vie.

Autrement dit dans un monde ou les crapauds sont rois, certain.e.s espérant bénéficier d’un minimum de reconnaissance, accepteront de devenir crapaud. Ce même s’il est incontestable qu’ici crapaud est synonyme de « gros porc ». Et Tiana ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Consciente du dégoût que lui procurait ce batracien qui lui donne littéralement envie de vomir, elle se trouve obliger de puiser en elle tout le courage qui lui permettra de l’embrasser. Dégoût qu’elle traduit ouvertement en incarnant cet autre propos :

« Courage Tiana, tu vas y arriver du calme… un seul baiser… ».

Ce qui n’est pas sans rappeler le courage dont on du faire preuve les femmes noires pour supporter le courage des gros porc d’esclavagiste qui pénétraient leur intimité, utilisant leur sexe comme un instrument de torture visant à les soumettre à tous leurs fantasmes même les plus abjectes.

Le comble de l’ironie c’est que dans l’histoire original, Le Roi Grenouille, source d’inspiration de « La Princesse et la grenouille », l’héroïne blanche, cette fois, est préservée de ce viol déguisé en conte de fée. Contrairement à Tiana, l’héroïne blanche ne cède pas à cet odieux chantage sexuel que lui impose de répugnant batracien. Au lieu de cela, elle balance violemment la grenouille contre un mur et le sort dont le prince était prisonnier s’en trouve miraculeusement brisé. Brisé par la violence dont ce système qui nous opprime depuis des siècles affirme pourtant qu’elle ne règle absolument jamais rien. A croire que certaines morales ne nous sont destinées rien qu’à nous autres. Comme s’il était question d’un mode d’emploi spécialement conçu pour nous apprendre à nous laisser soumettre mentalement, physiquement, voire sexuellement. Sinon comment expliquer autrement le fait que l’oncle Walt une jeune et belle femme noire dans son remake, pour l’obliger à céder aux avances pornographique de ce porc de crapaud ?

Mais ça nous y reviendrons plus tard.

Car s’agissant de Blanche-Neige et ses avatars, si Walt Disney ne nous les présente jamais comme des « michetonneuses », les faits nous les décrivent comme étant de vraies « mitonneuse ». Puisqu’en creusant un peu, on se rend compte que dans l’histoire qui les raconte magnifiquement, tout à été remanier pour permettre à la monstruosité qui fonde la suprématie blanche de prendre la tournure féérique qui nous est aujourd’hui imposé. Si bien que nos petite têtes blondes, mais aussi crépues, sont conditionnés à ignorer que ces contes de fée dissimulent des horreurs qu’aucun enfant ou adulte n’aurait la décence d’assumer, s’il était au courant. Un peu comme l’histoire édulcoré des génocides commis par des Etats impérialistes comme la France et les Etats-Unis rendus capables, par la seul force de leur mensonges, de travestir leur crime en bienfaits. De sorte que la Spoliation de l’Amérique a été « manipulatoirement » traduite par « la Découverte de l’Amérique ». De sorte que les « génocidaires-vainqueurs » nous sont présenté dans les livres d’histoires comme étant « les civilisateurs ». De sorte que la statue de Colbert, auteur du « négrocidaire » Code Noir, trône comme une insulte officiellement assumée devant les jardins de l’assemblée nationale.

En creusant un petit peu, on se rend compte que les méfaits de cannibalisme, de viol, de torture ou d’infanticide… sont ici et là maquillés en jolie conte de fée de manière à permettre aux enfants qui deviendront les adultes de demain de digérer ces informations moralement indigestes, tout en les appréciant. Mais qu’en adviendrait-il si cette même opinion publique apprenait que de manière masqué ces contes de fées, comme l’histoire qui nous est enseignée a l’école, ne servent qu’à coloniser l’imaginaire de nos petites têtes blondes, mais aussi crépues. Pour ce faire, le système éducatif qui nous formate dès le plus jeune âge, en nous apprenant au minimum à distinguer le bien et le mal, grime l’apologie de l’infanticide, du viol, de l’inceste, de la torture et du canibalisme (dont la propagande aime accuser les noir.e.s), en fait totalement « cautionnable » et acceptable. Mais heureusement que là encore ce n’est pas moi qui le dit, mais des forgeurs d’opinion qui, justement, ont pignon sur rue. Sinon j’imagine que les accusations gratuites, et surtout infondées, de « raciste-anti-blancs » se seraient déjà abattues sur moi comme l’orage en plein désert.

Car qui peut encore imaginer que le monde de Disney est autre chose qu’un avatar de la Suprématie blanche. Raison pour laquelle, aucune de ses histoire ne peut être décryptée en faisant abstraction  des codes qui fondent « la question de classe », certes, mais aussi et surtout « la question de race », anormalement tabou en France. En d’autre terme, le monde merveilleux de Disney, sous ses aspect racoleurs, n’est rien d’autre qu’un outil de propagande visant à coloniser notre imaginaire de manière à perpétuer la domination des riches sur les pauvres, certes, mais aussi et surtout des blanc.he.s sur les noir.e.s. Tant que l’on refuse de comprendre cela, on ne peut pas correctement interpréter une histoire comme « La Princesse et la grenouille », ni même Blanche-Neige, dont Walt Disney nous rappelait à quoi les 7 nains faisaient pour lui référence.

Fort de cette nouvelle grille de lecture, il devient plus aisé de comprendre que lorsque le prince vient embrasser la Belle au Bois dormant ou Blanche-Neige pendant son sommeil, ce n’est autre qu’une « jolie » métaphore qui vient maquiller et surtout rendre acceptable un viol. En effet la poétique allégorie du baiser n’a jamais autant ressembler à son homonyme : « baiser ». Or l’on doit comprendre que ce « baiser » leur a été volé, à l’une et à l’autre, sans leur consentement. Autrement dit, au vu des moeurs de l’époque, on peut imaginer sans prendre le risque de se tromper, que le prince charmant, aussi blanc soit-il, n’a pas seulement poser ses lèvre sur la bouche de celle qu’il convoitait, mais y a certainement introduit la langue et pas « queue »… ?

A partir de cela, on est en droit de ce demander comment un Weinstein, et le pouvoir blanc qu’il incarne, aurait pu être autre chose que le violeur en série que les tabloïd le présume être. Lui qui a forcément été, comme nous autres, élevé au petit lait de ces mêmes contes de fée qui, loin de nous éduquer aux joies de la parité homme-femme, nous apprennent implicitement que ces « dernières » peuvent être, sans aucun état d’âme, abusé pendant leur sommeil (mais uniquement par des hommes blancs si on juge les lynchage des noirs injustement accusés d’avoir violés des femmes blanches pendant la ségrégation)

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Ironie de l’histoire,  nombre de filles rêvent de voir un jour venir leur prince charmant, sur son blanc destrier, prêt à pourfendre le danger embusqué dans la forêt (vierge) avec son épée sortie de son fourreau. Mais en définitive le prince charmant dont elle sont conditionnées à rêver, n’est finalement autre que leur violeur déguisé avec les habits du bonheur.

Sauf qu’à en croire ses vraies histoires, il est possible que le monde que l’on nous raconte n’est en aucun point en accord avec la pseudo réalité « civilisée » avec laquelle la propagande raciste nous bassine pour prendre toujours plus de hauteur en nous infériorisant.

En d’autres termes, si l’histoire de la La Belle au Bois Dormant et d’autres ne servent qu’à maquiller et couvrir des histoires d’agressions sexuelles, le hashtag #BalanceTonPorc devrait prendre une ampleur d’ordre beaucoup plus systémique. Sauf que l’histoire de Tiana (que je perçois comme une métaphore accouché par l’histoire esclavagiste et coloniale qui a permis à des Etats impérialistes comme la France de s’engraisser allègrement), nous rappelle que les noir.e.s ne sont pas logé.e.s à la même enseigne que les blanc.he.s. Et s’il est donné à certain.e.s de croire que l’on pourra réformer l’exercice abusif de ce pouvoir blanc phallocrate en ne s’attaquant qu’à sa forme plutôt qu’ à son fond dissimulant ses racines racistes et sexistes, autant que les femmes noires brandissent le hashtag #BalanceTonCrapaud. Car chaque parcelle de notre combat, dont le féminisme, ne peut en aucun cas faire abstraction de l’aspect déconial et encore moins s’allier à des mouvement qui pour (in)consciemment préserver leurs privilèges (blancs) nous instrumentalisent tout en invisibilisant la question raciale, qui se trouve être au coeur de notre oppression multiséculaire .

Le Pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie (B.A.N Page Officielle)

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