Pour Disney : femme noire rime avec « michetonneuse » ?

Si l’on regarde « La Princesse et la grenouille » avec des lunettes stratégiquement réglées pour faire table rase du passé (esclavagiste et colonial) qui influence malignement notre perception du monde… nous serons tenté.e.s de considérer comme un point de détail le fait que – dans l’histoire  originale qui l’inspira – « l’héroïne blanche » est d’emblée une princesse. Cachée derrière le masque rassurant de Walt Disney nous ne reconnaîtrons pas le visage de la suprématie blanche qui a arbitrairement emprisonné Tiana, « l’héroïne noire », dans le statut d’une sorte de sous prolétaire.

Pris dans le tourbillon de cet élan réducteur, nul ne songera à comparer l’investiture de cette femme noire (imaginaire) – opportunément propulsée au sommet de l’affiche d’un projet Disney – avec celle de ses homologues blanches démesurément plus célèbre. Lesquelles – mieux connues sous les noms enchanteurs de Blanche-Neige, La Belle au Bois Dormant et autres Cendrillon – n’ont eu de cesse d’être valorisé par une propagande insidieusement raciste qui, non contente d’avoir bâillonné la vérité, a pris un malin plaisir à recycler leurs écœurantes histoires en magnifiques contes pour enfant. 

Ainsi, à force de voir uniquement ce que la propagande nous conditionne à voir depuis notre plus tendre enfance, il y a fort à parier qu’à la sortie de ce film nombre d’entre nous ont pensé, de bonne foi, que la digue du Racisme (structurel) avait enfin cédé.

Parallèlement il est intéressant de noter que l’investiture de Tiana, dans l’univers blanco-centré de Walt Disney, a eu lieu pour ainsi dire en même temps que celle d’Obama, le premier président afro-descendant de l’AmériKKKe blanche.

Coïncidence ou pas ? dans les  deux cas nous ne disposons pas de suffisamment de recul  pour savoir s’il s’agit là d’un petit pas pour l’homme (blanc) et d’un grand pas pour l’humanité… ou s’il est plus simplement question d’une énième arnaque visant à détourner notre attention afin de ne pas risquer d’attiser notre colère à 100% légitime ?

En d’autre termes regarder ce pseudo conte de fée avec les lunettes que nous impose une propagande (subtilement) raciste, en revient à oublier que les siècles de négrophobie systémique qui ont servi à justifier l’esclavage-négrier-occidentalo-chrétien et la (néo)colonisation, n’ont certainement pas été sans influence sur l’orientation du regard et de la plume de feu Walt Disney. Sans compter que ce passé esclavagiste et colonial, qui ne cesse d’être effacé de nos mémoires, éclaire forcément notre présent sous un jour qui trahi les fausses apparences égalitaires nous incitant à croire que nous sommes tous égaux. Or sans cet éclairage, nous sommes stratégiquement placé.e.s dans l’incapacité de percevoir que cette histoire travestie en conte de fée est emprunte de préjugés négropobes.

Car, en définitive, que nous raconte « La Princesse et la grenouille »  ?

« Que le prince Naveen de Maldonia, transformé en grenouille par un sorcier vaudou, en arrive à se convaincre qu’il doit embrasser une princesse pour réinvestir son apparence humaine. Aimanté par cette quête, il jette son dévolu sur la belle et jolie Tiana qu’il croit de sang royal. Mais celle-ci n’est en réalité qu’une serveuse qui payera cher le baiser qu’elle lui concédera par intérêt. Si bien qu’au lieu d’inverser le sort, ce dernier la transformera à son tour en visqueux et hideux batracien. C’est donc uni dans ce malheur que ces deux grenouilles, que tout semble opposer, apprendront à se connaître en sillonnant les bayous de la Louisiane, à la recherche d’une vieille prêtresse vaudou seule capable de briser ce pâle sortilège. Rapproché.e.s de force par cette mission stratégiquement placé à la limite de l’impossible, ils finiront par s’aimer au cours de leurs péripéties ».

Même si au premier coup d’oeil, ce (pseudo) conte de fée n’a rien d’original, le fait que le monde de Disney donne à des noir.e.s (furent-ils imaginaires) les rôles principaux, démontre que l’oncle Walt (raciste comme pas permis) s’est retrouvé contraint d’ouvrir la porte blindé de son imaginaire ségrégationniste. Et s’il est admis que la France a souvent 10 ou 20 ans de retard sur ses homologues amériKKKains, nous pouvons espérer que d’ici 2039 il nous sera peut-être donné l’occasion de fouler le sol graveleux d’un imaginaire français. Car nul doute que se payer n’a toujours pas trouver l’honnêteté intellectuel de regarder en face la réalité de sa négrophobie viscérale. Et si un certain discours officiel s’amuse à nous convaincre qu’Armstrong reste le 1er homme à avoir marcher sur la lune, alors nous affirmons qu’un jour nos combats nous permettrons de flotter un espace délesté de la pesanteur que nous impose cette justice aveugle. Tout cela sachant, qu’en l’état, celle-ci nous condamne systématiquement à traîner nuit et jour  l’imperceptible boulet des discriminations raciales spécialement conçu pour freiner  la moindre de nos avancée.

Mais cherchant à tout prix à préserver les apparences derrières lesquelles se cache une égalité de façade ; « pour la première fois dans l’histoire de la légendaire maison de l’oncle Walt (…) la Princesse (est une femme) noire. »

Après avoir réhabilité une Arabe, une Chinoise et une Indienne à travers les personnages respectifs de Jasmine, Mulan et Pocahontas, voici celle qui arrive en toute fin de liste : Tiana, la noire. Traitée, pour ne rien changer, en bonne dernière de la classe des « races » et « des classes », Walt Disney – miroir de la Suprématie Blanche – a décidé, en 2009, de  reconnaître enfin l’humanité des noir.e.s en leur attribuant le premier rôle dans le monde ultra raciste de ses dessins animés. Comme le père Noël descendant de son traineau coiffé de sa longue barbe blanche, n’entendez vous pas ce ton paternaliste s’attribuant le mérite de cette pathétique promotion :

« vous l’aviez rêvé,  Disney l’a fait ! Oh Oh Oh ».

C’est donc donc suite à cette mascarade de réhabilitation officielle, qu’en 2009, Tiana, la Princesse noire, arbitrairement emprisonnée dans la peau d’une grenouille, est exhibée sur les grands écrans « blancs » du cinéma. Soit « 73 ans après la sortie du tout premier long-métrage du studio, Blanche-Neige et les sept nains »

Mais cela ne doit pas pour autant nous faire oublier que « lors d’une réunion sur le scénario », l’oncle Walt soulignera tout de même que :

« la scène ou les nains de Blanche-Neige s’empilent les uns au-dessus des autre » lui donnait l’impression de les voir s’entasser « comme une pile de nègres« .

Ainsi pour qu’il lui soit permis d’exprimer une négrophobie qu’officiellement la loi lui interdisait désormais d’afficher ouvertement comme telle, l’oncle Walt la célèbrera « officieusement » en l’obligeant à porter le masque anthropomorphique de Mikey. Lequel, tel un ambassadeur, se chargera  d’exprimer tout bas ce que le Ku Klux Klan avait pour habitude d’exprimer tout haut. Ainsi, en « animalisant » subtilement les noir.e.s, il les fera dans le même temps physiquement disparaître, non sans les insulter de manière « subliminaire ». C’est donc lâchement dissimulé derrière cet odieux stratagème, qu’il est parvenu à tromper son monde en recyclant son racisme viscérale en « merveilleux » conte pour enfant. Conscient du fort pouvoir infectieux que renfermer ce syndrome, il s’est appliqué à contaminer clandestinement l’esprit innocent de dizaine de millions d’adultes en devenir, sachant que parmi eux se trouveraient indéniablement ceux qui sont aujourd’hui à la tête des Etats les plus puissants du monde. Car objectivement, quel enfant n’a pas vu son imaginaire nourrit au petit lait des produits animés Walt Disney ?

Si bien qu’une fois consciente de l’existence de ce poison idéologique, chacun.e d’entre nous devrait comprendre à quel point il est impératif d’apprendre à lire entre les lignes de cette propagande raciste qui le diffuse à plus ou moins grande dose. Car dans le but de nous coloniser, et surtout celui nous détruire de l’intérieur, elle use de moyens de communications « infraluminaires » nous conditionnant à intégrer, malgré nous, un ordre des choses qui nous dévalorise et nous fragilise tant socialement que « racialement ».

Autrement dit, à l’heure de la « Neurocolonisation«  il deviendra de plus en plus rare de voir la suprématie blanche nous adresser des insultes ouvertement négrophobes, tant elle est devenue experte dans l’art d’exprimer implicitement les mêmes outrages. Constituant de véritables preuves à charges, un certain nombre de dessins animés estampillés Disney ne pourront s’empêcher de témoigner dans notre sens.

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Ainsi, dans ce remake négrophobe du Roi grenouille – qui n’a de conte de fée que le nom – l’oncle Walt parvient à faire disparaître l’héroïne noire, Tiana, en la transformant en grenouille d’un simple coup de baguette « antropomorphique ». Sans aucune forme de procès, elle écope de la même peine à perpétuité que son futur mari, accessoirement prince, fainéant et ruiné, Naveen. Ce qui signifie que sur un film d’un peu plus d’une heure trente, les studios Disney n’ont pas supportés de voir nos « têtes de nègres » plus de 30 minutes. Ce qui reste indéniablement un progrès comparé la totale « invisibilisation » dont nous furent victimes tout au long d’un scénario comme « le Roi Lion » (1994). Lequel a réussi l’impossible exploit de révéler l’Afrique au monde sans jamais donner corps à un seul personnage africain. 

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Mais concernant le prince, noir, fainéant et toujours ruiné, Naveen, il nous semble pourtant que les canons de beauté qui fondent sont « humanité », pré batracienne, restent beaucoup plus proches de ceux imprégnant le monde blanc que de ceux magnifiant généralement le monde Noir ?  A croire que les forgeurs d’opinions qui nous imposent leur dictature du beau et du bon goût se sont employés à effacer le plus possible la physionomie négroïde qui aurait du le caractériser en tant qu’homme noir. Pour ce faire, ils n’ont pas hésité à  emprisonner les plus franches expressions de sa « négritude » sous les cheveux et les traits de Ken, le mari de Barbie. Cela sans doute pour lui interdire formellement de  ressembler à ses pairs et pères révolutionnaires Fred HamptonPatrice Lumumba ou autre Dessalines.

A croire que l’oncle Walt aime les noirs, mais exempt de tous les traits physiques qui les caractérise, pour ne pas dire plus simplement que, même mort, il persiste à faire la promotion de la suprématie blanche en javellisant le plus possible notre image. Car si l’on en juge la représentation « Disneyenne » du prince, il ressemble définitivement plus à un blanc grimé en noir (comme l’exige la coutume des négrophobes), qu’au premier homo sapiens accouché dans le berceau de notre humanité à tous… l’Afrique ? Comme l’oncle Sam, L’oncle Walt semble aimer les noir.e.s blanchi.e.s, aux cheveux défrisés et à la peau délavée par une crème éclaircissante du même type que celle proposée par Nivea, passé maîtresse dans l’art de promouvoir tout ce qui participe à notre reniement.

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A croire que bien loin de nous accepter comme nous sommes Disney se plaît à nous montrer la voie (du blanchiment) à suivre ?

Car s’il n’a vraisemblablement pas été permis aux têtes d’affiche de ce dessin animé de conservé leur cheveux naturellement crépus, c’est parce que le courant de pensée dominant refuse catégoriquement de représenter les noir.e.s dans le magnifique habit de leur offre chaque jour et chaque nuit leur beauté originelle.

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En lieu et place de cela, l’oncle Walt nous incite plutôt à singer l’homme blanc, comme ce fut « subliminalement » le cas lorsqu’il nous enferma, sans notre consentement, dans la peau du Roi Louie.

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Mais une fois passée au rayons X de nos esprits critiques, les sous-entendus racistes qui passent clandestinement les barrières de notre vigilance grâce au caractère innocent prêté à « La Princesse et la grenouille », deviennent aussi simple à comprendre que la règle enfantine du jeu des 7 familles du Racisme Structurel. Si bien qu’à chaque fois que Disney abat la carte d’un des personnages, on peut immédiatement voir se profiler sa silhouette bedonnante, coiffée du masque de mickey au lieu de la traditionnelle cagoule triangulaire servant à couvrir le visage des membres du ku klux klan. Stratégiquement dissimulé dans l’ombre de son pouvoir blanc, même après sa mort, ce dernier tire toujours les ficelles d’une Négrophobie grossièrement déguisée en bonnes intentions.

Mais si l’on est habité par une relative honnêteté intellectuel, celle-ci nous invitera à utiliser les codes traditionnellement empruntées par les contes de fées de Walt Disney pour décrypter ses messages de propagande maquillé en support ludique pour enfants. Ainsi, il nous sera plus facile de comprendre le sens des images qui collent (in)visiblement à la peau noire de Tiana et des autres personnages noirs qui lui donnent la réplique tout au long de ce dessin animé ?

Analysé à travers le filtre d’un prisme décolonial, on sera en droit de se demander si l’amour qui la caractérise est d’une nature aussi belle, aussi pure et aussi digne que celui avec lequel Walt Disney a revêtu l’âme de femmes blanches (imaginaires) telles que Blanche-NeigeLa Belle au Bois Dormant ou Cendrillon.

Mais d’ores et déjà je puis vous dire, qu’à l’instar de la disparités qui existe en les blancs et les noirs racontés dans les livres d’histoires réécrits par les génocidaires-vainqueurs, Tiana la princesse racisée, n’est pas logée à la même enseigne que ces blanches homologues.  Car qu’y a-t-il de poétique a voir deux crapauds ou grenouilles se faire des « papouilles » ?

Dans ce monde taillé à la gloire de la suprématie blanche, « l’amour noir » ne peut il être ouvertement montré et assumé sans que les auto-proclamés gardiens de l’axe du bien et du bon goût ne se sentent obligés de  le censurer ? A croire que notre amour et tout ce qu’il produit est à classer dans la même rubrique que les films X brouillés sur Canal+ afin de préserver l’intégrité psychologique des enfants… mais surtout d’interdire à tout ceux qui ne disposerait pas du bon décodeur d’en saisir la finesse ainsi que la beauté. A se demander, qu’est-ce  qui, dans « l’amour noir », contrarie à ce point ce système blanc, raciste et particulièrement négrophobe ?

Dans les année 1960, Les Black Panthers, et autres, scandaient déjà poing levé, tout en bravant une pluie de balles policières :

« Black is beautiful ». 

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Mot d’ordre et de fierté que l’oncle Walt semble, en 2009, implicitement avoir traduit par :

« batracien is beautiful ».

Comme si le fait de voir deux crapaud dégoulinant de baves copuler ensemble pouvait faire rêver une opinion publique dont l’imaginaire a été labouré avec la même faucille que celle qui a férocement tailladé notre chair et notre âme pendant plusieurs siècles d’esclavage et de colonisation. Aujourd’hui, sachant qu’elle a le pouvoir de faire la pluie et le beau temps, elle arrose nos cicatrices encore béantes avec la bruine acide des discriminations raciales pour rendre fertile la pousse des pires préjugés  ? À croire que, comme en musique ou il a été décrété qu’une blanche valait systématiquement deux noirs, l’amour blanc s’impose idéologiquement comme étant plus vendeur que celui timidement incarné par les noir.e.s, car brandit tel un acte de résistance ?

Cependant qui pourrait un seul instant s’imaginer que lorsque nous étions sagement assis sur les bancs de l’école maternelle, au lieu de vouloir être médecin, ingénieur, professeur ou chef d’Etat… notre rêve le plus fou fut celui de ressembler un jour à Kermite la grenouille ?

Cherche-t-on ici à nous faire croire que parce que « nous l’aurions révé… l’oncle Walt l’a fait » ? En nous forçant à jouer dans « La Princesse grenouille », il nous a craché son mépris en plein visage. Comme un adepte du Klu Klux Klan qui aurait troqué la blanche capuche pointue recouvrant son visage pour le masque de Mickey, il semble avoir trouvé une manière plus ludique de nous dire qu’en dépit de tous ces siècle d’injustice négrophobe et de travail forcé non rémunéré, c’est manifestement tout ce à quoi nous pouvions prétendre… l’humiliation publique.

Autant dire que si c’était pour nous tolérer 25 minutes seulement dans la peau d’un.e noir.e, pour ensuite nous garder prisonnier plus d’une heure restante dans le cuir élastique et visqueux d’une grenouille, Walt Disney aurait mieux fait de continuer à ignorer notre existence. Car même déguisée en conte de fée, une insulte négrophobe reste invariablement une insulte.

Sans compter qu’en mettant en parallèle l’histoire de Tiana, la noire, avec celle de ces homologues blanches, force est de constater que le rôle qu’on lui a subjectivement  imposé de jouer ressemble bien plus à celui d’une « michetonneuse« , qu’à celui d’une femme blanche idéologiquement guidée par la boussole de sa vertu et de sa pureté. Car c’est tout ce que l’on retient des contes de Blanche-Neige, Cendrillon et autres Belle au bois dormant. Raison pour laquelle n’importe quelle petite fille (noire ou blanche) est conditionnée à vouloir ressembler à ces modèles que la suprématie blanche nous impose comme un invariable idéal. Raison pour laquelle n’importe quel petit garçon (noir ou blanc) élevé au petit lait de ses histoire à dormir debout est, lui aussi, conditionné à vouloir épouser une femme qui réunit tous ces critères moraux (mais aussi et surtout physique).

Vu sous cet éclairage visant à orienter l’optique de notre regard dans un seul et unique sens, quelle petite fille serait assez folle pour renoncer au rêve l’incitant à ressembler un jour à Blanche-Neige, pour incarner ne serait-ce qu’un jour le personnage de Tiana. Autrement dit qu’elle petite fille accepterait de troquer sa panoplie de sainte-nitouche, apprécié de tous, contre la panoplie de « pute » avec laquelle Disney a recouvert l’esprit combatif de notre princesse noire ?

Le mot est lâché. Car en forçant la princesse et la grenouille à embrasser un vieux crapaud pour de l’argent, Walt-Disney traite implicitement les femmes noires de « putes ». Oncle Walt, avatar de l’Oncle Sam, lui même un avatar de la suprématie blanche, sous entend de manière à peine voilée que pour pouvoir réaliser ses rêves, la femme noire est « génétiquement » conditionnée à (accorder un) « baiser » par intérêt. L’Oncle Walt nous informe qu’au delà des belles apparences et de la gentillesse affichée par la princesse Tiana, se cache dans son fore intérieur une femme dépourvue des belles moeurs et des vertus qui habiteraient Blanche-Neige et les autres. Car à en croire ce message explicite, il serait connu et admis de tou.te.s que la femme noire est uniquement aimantée par un appât du gain, affirmant que la fin justifie absolument tous les moyens, prostitution incluse.

Voilà le message subliminale qui est communiqué à nos filles (avant le reste du monde) dans ce dessin animé supposé nous mettre en valeur. Voilà le piège dans lequel veut nous enfermer la suprématie blanche qui, à travers l’esclavage, a réduit « légalement » la femme noire à l’état d’objet sexuel. Tout ceci en nous faisant implicitement comprendre que la seule chance qu’une femme noire a de réussir, réside dans le fait  de monnayer ses charmes au plus offrant (que ce système raciste désigne comme étant généralement blanc). Fût-elle obligée, pour atteindre ses rêves, de « baiser » avec un bon vieux gros crapaud bien dégueulasse. Et il est évident que l’état de profonde misère dans lequel nous a collectivement laissé l’esclavage aussitôt relayé par la colonisation, aide à influencé (subliminalement) dans ce sens nos esprits stratégiquement plongés dans la plus crasse des ignorances de nous-mêmes.

Voilà pourquoi après l’avoir un tantinet blanchi, Walt Disney se devait de transformer Naveen, le prince noir, en crapaud. Le Crapaud pouvant se révéler être l’esclavagiste incarnation de la suprématie blanche qui vient violer la femme noire en lui faisant comprendre qu’il vaut mieux qu’elle s’accommode de cet état d’agression. Car dans ce monde de blanc, hostile aux noir.e.s, tout pousse à croire que seul l’oppresseur est capable de lui offrir la sécurité qui lui permettra de s’élever socialement et racialement. Mais pour qu’une telle abomination soit possible le maître des clés de cette histoire se devait de rabaisser la princesse noire à son piètre niveau. Et d’ailleurs cette dernière ne s’y est pas tromper, puisque lorsque son baiser la transforme en grenouille, voici ici retranscrit son propos :

« Vous n’avez pas tellement changé… comment vous avez fait pour grimper là haut ?      Et moi… comment j’ai fait pour tombé si bas ? »

Autrement dit, une fois qu’elle a accepté de renier ses valeur, le crapaud baveux a pris de la hauteur, tandis qu’elle est tombé bien bas. Comme l’esclavage est la colonisation nous ont forcé par le fouet et la torture à renier nos valeurs pour nous faire tomber en deçà de son niveau de sauvagerie et d’inculture.

Voilà donc ce que la « Férocité blanche » est parvenu à faire de nous :

Afin de pouvoir nous dominer elle a du sauvagement nous faire tomber de notre piédestal pour nous rabaisser avant de nous maintenir plus bas que terre.

Voila pourquoi ce scénario, écrit par les tenanciers d’un pouvoir blanc qui n’avoue plus son nom, se sont employés à corrompre l’âme de la princesse noire en la déshabillant de sa dignité, de son honneur et de sa fierté pour la mettre à nue et la laisser en proie à leurs pires fantasmes.

Comme le système esclavagiste s’est férocement appliqué à briser la fierté des noir.e.s, ceux qui s’octroient aujourd’hui le pouvoir de réécrire l’histoire à leur avantage ne peuvent faire autrement qu’inférioriser la princesse noire pour espérer être, ne serait-ce qu’un jour, à sa hauteur. Cependant tous savent que si elle n’avait pas été violemment torturé par la force de conviction brutale qui anime la « Férocité blanche », jamais notre princesse ne serait devenue crapaud. De même que certain.e.s d’entre nous pour « s’intégrer » ne s’emploieraient pas se blanchir, fut-ce au péril de leur vie.

Autrement dit dans un monde ou les crapauds sont rois, celles et ceux d’entre nous qui emprunteront les raccourcis leur permettant recouvrir ne serait-ce qu’une petite parcelle de la reconnaissance que la « Férocité blanche » leur a arraché, seront forcé.e.s de devenir crapauds. Ce même s’il est incontestable qu’ici crapaud est synonyme de « gros porc ». Et Tiana ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Consciente du dégoût que lui procurait ce batracien qui lui donne littéralement envie de vomir, elle se trouve obliger de puiser en elle tout le courage qui lui permettra de l’embrasser. Dégoût qu’elle traduit ouvertement en incarnant cet autre propos :

« Courage Tiana, tu vas y arriver du calme… un seul baiser… ».

Ce qui n’est pas sans rappeler le courage dont on du faire preuve les femmes noires pour supporter la vague de gros porcs esclavagistes qui pénétraient de force leur intimité, utilisant leur phallus comme un instrument de torture leur servant à satisfaire leurs fantasmes les plus abjectes.

Le comble de l’ironie c’est que dans l’histoire original, Le Roi Grenouille - source d’inspiration de « La Princesse et la grenouille » - l’héroïne blanche est quant à elle préservée de ce viol déguisé en conte de fée. Contrairement à Tiana, l’héroïne blanche ne cède pas à cet odieux chantage sexuel que lui impose son agresseur, incarné en répugnant batracien. Au lieu de cela, elle balance violemment la grenouille contre un mur et le sort dont le prince était prisonnier s’en trouve miraculeusement brisé. Brisé par la violence dont ce système qui nous opprime depuis des siècles affirme pourtant qu’elle ne règle absolument jamais rien. A croire que certaines morales emprunte de passivité ne nous sont destinées rien qu’à nous autres. Comme au temps de l’esclavage ou certaines page de la bible (autre outil de notre colonisation mentale) étaient stratégiquement arrachées pour éviter qu’elles témoignent en faveur de notre résistance. Pour mieux nous soumettre à notre insu, seules restaient celles qui conditionnaient nos aïeux à avoir de l’adoration pour leurs bourreaux et violeurs bien plus que pour eux mêmes. Preuve qu’il n’existe pas qu’un seul mode d’emploi spécialement conçu pour nous inciter à nous laisser dominer mentalement, physiquement, voire sexuellement. Sinon comment expliquer autrement le fait que l’oncle Walt ait subitement décidé d’avoir recours à une jeune et belle femme noire dans ce remake, si ce n’est pour l’obliger à céder aux avances pornographique de ce gros porc de crapaud ?

Mais ça nous y reviendrons juste après avoir relevé ce qui suit.

Car s’agissant de Blanche-Neige et ses avatars, si Walt Disney ne nous les présente jamais comme des « michetonneuses », les faits nous les décrivent comme étant de vraies « mythonneuses ». Puisqu’en creusant un peu, on se rend compte que dans l’histoire qui les raconte magnifiquement, tout à été remanier pour permettre à la monstruosité qui fonde la suprématie blanche de se cacher derrière les traits féeriques lui permettant de ne pas éveiller notre crainte. Tel le plus horrible des monstres se présentant devant nous après avoir subi une opération de chirurgie esthétique, ces histoire dignes des pires films d’horreur ont eu recours au plus impressionnant des liftings. Si bien que nos petite têtes blondes, mais aussi crépues, sont conditionnés à ignorer que ces contes de fée dissimulent des atrocités qu’aucun enfant ou adulte n’aurait la décence d’assumer, s’il était au fait de leur caractère inhumain.

Un peu comme l’histoire édulcoré des génocides commis par des Etats impérialistes (tels que la France ou les Etats-Unis) qui, par la force de leur mensonges ont réussi à travestir leurs innombrables crimes en bienfaits pour l’humanité. De sorte que la Spoliation de l’Amérique, à l’origine du génocide des vrais américains, s’est transformée en magnifique conte de fée nous racontant la somptueuse histoire de « la Découverte du nouveau Monde » par les bons européens. Si bien que, dans les livres d’histoires qui forge l’opinion de nos enfants, les « génocidaires-vainqueurs » nous sont aujourd’hui encore présentés comme « les civilisateurs ». Ce qui explique, par exemple, que la statue de Colbert, auteur du « négrocidaire » Code Noir, trône comme une insulte officiellement assumée devant les jardins de l’assemblée nationale.

Sauf qu’en creusant un tout petit peu, on se rend compte que les histoires qui nous sont racontées depuis le berceau, ne sont autres que d’effroyables scènes de crimes maquillées en contes de fées. Lesquels servent le plus souvent à dissimuler des méfaits de cannibalisme, de viol, de torture ou d’infanticide… recyclés en version à peu près acceptable de manière à permettre à nos enfants, qui deviendront les adultes de demain, de digérer ces informations moralement indigestes, tout en les appréciant.

Mais qu’en adviendrait-il si cette même opinion publique apprenait que, de manière masqué, ces contes de fées - comme l’Histoire qui nous est enseignée a l’école - ne servent qu’à coloniser l’imaginaire de nos petites têtes blondes, mais aussi crépues. Pour ce faire, le système éducatif qui nous formate dès le plus jeune âge, en nous apprenant, au minimum, à distinguer le bien et le mal, grime l’apologie de l’infanticide, du viol, de l’inceste, de la torture et du canibalisme (dont la propagande aime pourtant accuser les noir.e.s), en fait totalement « cautionnable » et acceptable. Mais heureusement que là encore ce n’est pas moi qui le dit, mais des forgeurs d’opinion qui, justement, ont pignon sur rue. Sinon j’imagine que les accusations gratuites, et surtout infondées, de « raciste-anti-blancs » se seraient déjà abattues sur moi comme l’improbable orage en plein désert.

Car qui peut encore imaginer que le monde de Disney est autre chose qu’un des multiples avatars de la Suprématie blanche. Raison pour laquelle, aucune de ses histoire ne peut être décryptée en faisant abstraction  des codes qui verrouillent « la question de classe », certes, mais aussi et surtout « la question de race », anormalement tabou en France.

En d’autre terme, le monde merveilleux de Disney, sous ses aspect racoleurs, n’est rien d’autre qu’un outil de propagande visant à coloniser notre imaginaire de manière à perpétuer la domination des riches sur les pauvres, certes, mais aussi et surtout celle des blanc.he.s sur les noir.e.s. Tant que l’on refuse de comprendre et d’admettre cela, on ne peut pas correctement interpréter une histoire comme « La Princesse et la grenouille », ni même Blanche-Neige, dont Walt Disney nous rappelait ce à quoi les 7 nains faisaient pour lui référence.

Fort de cette nouvelle grille de lecture, il devient plus aisé de comprendre que lorsque le prince vient embrasser la Belle au Bois dormant ou Blanche-Neige pendant son sommeil, ce n’est autre qu’une « jolie » métaphore servant à maquiller et surtout rendre acceptable un viol. En effet la poétique allégorie du baiser n’a jamais autant ressembler à son homonyme : « baiser ». Or l’on doit comprendre que ce « baiser » a systématiquement été volé, à l’une et à l’autre, sans leur consentement. Autrement dit, au vu des mœurs de l’époque, on peut imaginer sans prendre le risque de se tromper, que le prince charmant, aussi blanc soit-il, n’a pas seulement poser ses lèvre sur la bouche de celle qu’il convoitait, mais y a certainement introduit de force la langue et pas « queue »… ?

A partir de cela, on est en droit de ce demander comment un Weinstein, et le pouvoir blanc qu’il incarne, aurait pu être autre chose que le violeur en série que les tabloïd le présume être. Lui qui a forcément été, comme nous autres, élevé au petit lait de ces mêmes contes de fée qui, loin de nous éduquer aux joies de la parité homme-femme, nous apprennent implicitement que ces « dernières » peuvent être, sans aucun état d’âme, abusées pendant leur sommeil (mais uniquement par des hommes blancs si l’on en juge les lynchage des noirs injustement accusés d’avoir violés des femmes blanches pendant la ségrégation)

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Ironie de l’histoire,  nombre de filles rêvent de voir un jour venir leur prince charmant, sur son blanc destrier, prêt à pourfendre le danger et à s’embusquer dans la forêt vierge de leur intimité avec son épée sortie de son fourreau. Mais en définitive le prince charmant dont elle sont conditionnées à rêver, n’est finalement autre que leur violeur déguisé avec les habits du bonheur.

Si l’on considère cela par le prisme qui nous est offert par la « question de race », pourquoi en serait-il autrement pour la princesse Tiana, qui de par sa condition de « racisée » et de pauvre, a d’emblée écopée d’une double peine ?

En effet, à en croire ses vraies histoires, il est possible que le monde que l’on nous raconte n’est en aucun point en accord avec la pseudo réalité « civilisée » avec laquelle la propagande raciste nous bassine dans l’espoir de prendre toujours plus de hauteur en nous infériorisant grâce à ses mensonges.

En d’autres termes, si l’histoire de la La Belle au Bois Dormant et tant d’autres ne servent qu’à maquiller et couvrir des histoires d’agressions sexuelles, dans notre réalité, le hashtag #BalanceTonPorc devrait prendre une ampleur d’ordre beaucoup plus systémique. Sauf que l’histoire de Tiana (que je perçois comme une métaphore accouché par l’histoire esclavagiste et coloniale qui a permis à des Etats impérialistes comme la France de s’engraisser allègrement), nous rappelle que les noir.e.s ne sont pas logé.e.s à la même enseigne que les blanc.he.s. Et s’il est donné à certain.e.s de croire que l’on pourra réformer l’exercice abusif de ce pouvoir blanc phallocrate en ne s’attaquant qu’à sa forme plutôt qu’ à son fond, alors autant que les femmes noires brandissent le hashtag #BalanceTonCrapaud. Car chaque parcelle de notre combat, dont le féminisme, ne peut en aucun cas faire abstraction de l’aspect « déconial » et encore moins s’allier à des mouvement qui, pour préserver (in)consciemment leurs privilèges (blancs), nous instrumentalisent tout en « invisibilisant » la question raciale, qui se trouve être au cœur de notre oppression multiséculaire .

Le Pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie (B.A.N Page Officielle)

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