Marcus risque 6 mois ferme pour avoir dénoncé la Françafrique : Soutenons-le !

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Rappel

Ce Mardi 23 janvier 2018 à 13h30, à la Cour d’appel de Versailles aura lieu le procès de Marcus, militant panafricaniste de tous les combats visant à affirmer la véritable justice.

Retour sur les faits

Le 3 juin 2016, Marcus s’est rendu à l’assemblée générale annuelle des actionnaires du groupe Bolloré avec une centaine de militants (altermondialistes, panafricains, anticolonialistes). L’objectif était de dialoguer pacifiquement avec les acteurs/trices de cette réunion sur les conséquences dévastatrices des activités de la multinationale Bolloré sur les populations africaines, compte tenue de son implantation coloniale sur le continent et berceau de l’humanité, l’Afrique.

C’est ainsi que le vendredi 3 juin 2016, dans le cadre d’une revendication politique légitime, une centaine de militant.e.s bloquent l’accès de l’Assemblée générale dans le but d’informer les actionnaires sur les retombées négatives de leur exploitation vampirique sur les peuples africains. Une discussion pacifique s’engage entre les deux parties.

S’ensuit l’arrivée des CRS qui, non sans faire brutalement pression, parviennent à disperser une bonne partie des militant.e.s sommé.e.s de quitter les lieux manu militari. Profitant de cette confusion, un escadron de police cible ensuite le petit groupe isolé dans lequel se trouve Marcus. Sans sommation, aucune, un policier coupe court à l’échange cordial que Marcus avait entrepris avec un des actionnaires du groupe Bolloré. La seule erreur que ce militant panafricaniste commet à ce moment là (à en croire les conséquences judiciaires totalement disproportionnées qui vont s’ensuivre) c’est d’avoir tenté de sensibiliser ce policier au fait qu’il souhaitait juste terminer cet échange. Ceci, bien sûr, avec le consentement assumé de son interlocuteur.

Mais c’est à cet instant précis que tout bascule. Un des policiers frappe violemment Marcus en pleine figure. Sans même riposter, ce dernier parvient à s’extirper tant bien que mal de ce mauvais pas. Aussitôt il tente de rejoindre une partie du groupe des militants à qui il avait confié la garde d’une partie de ses effets personnels. Quand une poignée de policiers se précipite dans son dos pour lui notifier son placement en garde à vue arbitraire.

Totalement isolé et au préalable victime de brutalités policières, survenues hors du regard de tout témoin, Marcus sent que l’on veut lui faire payer cher le prix de son militantisme. Craignant d’être condamné, comme d’autres avant lui, pour des faits qu’il n’a pas commis, il se met à courir afin de retrouver une partie de ses camarades. Ne les trouvant pas, il retourne sur ses pas et là il sera rattrapé et arrêté avec force quelques 400 mètres plus loin.

En effet, la demi douzaine de policiers lancés à sa poursuite le saisissent et s’en prennent à lui. Ce faisant, ils l’insultent, l’aspergent de gaz lacrymogènes, cassent ses lunettes et son téléphone. A tel point que celui qui se comporte comme leur chef en vient à leur dire : « Allez-y doucement car là nous sommes à découvert ».

Et pour cause, parmi ce corps de police, au moins 3 font pression avec leur corps sur Marcus, l’immobilisant violemment en position ventrale (dans des conditions à peu près similaire à celles ayant conduit à la mort tragique d’Adama Traoré en 2016 et Lamine Dieng, en 2007, pour ne citer qu’eux).

Neutralisé au sol pendant plusieurs minutes avec le gaz lacrymogène qui lui brûle l’appareil respiratoire, Marcus est à la limite de l’asphyxie.

Mis aux arrêts, il exécute arbitrairement 2 jours de garde vue + 1 jour de dépôt + 2 jours de prison ferme à Nanterre. Et comme si cette injustice criante ne suffisait pas, pour couronner le tout, il perd son emploi.

Bien que n’ayant commis aucune agression physique ni verbale, il est ensuite jugé par le tribunal correctionnel de Nanterre pour outrage et rébellion. Et pour cause un des policiers se présentera avec 6 jours d’ITT. Tandis qu’un autre l’accusera généreusement d’avoir donné 5 coups de pied dans le dos alors qu’il était immobilisé en position ventrale étouffant sous le poids de ses 3 collègues.

Tout cela nous amenant à un verdict sévère :

– une condamnation en première instance de 6 mois de prison ferme

– le versement de 1100 euros de dommages et intérêts

– une amende de 400 pour outrage et rébellion et refus de signalétique et de prélèvement ADN  et d’empreintes palmaires

Une fois de plus, force est de constater que dans les situations confrontant, notamment, des personnes racisées à la police, c’est trop souvent le même scénario d’une justice à 2 vitesses qui se rejoue au mépris de nos droits :

– Pour les policiers : un jugement de type non lieux

– Pour les individus racisés : un jugement pour outrage et rébellion généralement basé sur le seul témoignage des policiers assermentés.

Ces mécanismes de décisions judiciaires, ne sont pas sans rappeler maintes affaires comme celle de Zyed et Bouna, où les policiers sont bien trop souvent dédouanés, tandis que les victimes criminalisées de manière à discréditer leur parole (lorsqu’elles sont encore en vie pour témoigner).

Cela dit, Marcus a fait appel de la décision de justice et un nouveau procès se tiendra à la Cour d’appel de Versailles ce mardi 23 janvier 2018 à 13h30.

Il est donc de la responsabilité de chacun.e d’entre nous de lui apporter notre soutien, car ses combats sont avant tout les nôtres. Ce faisant, nous devons nous demander si nous ne sommes pas en face d’un système, qui cherche à réduire nos droits fondamentaux, dont celui de manifester ? Notamment en punissant fermement tout.e.s les militant.e.s qui s’érigent contre les injustices (coloniales et néo coloniales) afin d’en faire des modèles dissuasifs servant à museler « démocratiquement » tout.e.s les autres ?

Soutenons Marcus physiquement en étant présent.e.s ce mardi 23 janvier 2018 à 13h30, jour de son jugement. Mais aussi en participant à l’événement « Dîner de soutien à Marcus pour son procès (suite action Bolloré) »

Soutenons Marcus financièrement, en participant au pot commun mis en ligne pour l’aider à financer ses frais coûteux de justice.

#BrigadeAntiNégrophobie (B.A.N Page facebook officielle)

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