Macron-Gassama : Le fruit d’un amour empoisonné par la colonisation française !

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Au sein d’un Etat qui a utilisé le racisme anti-noirs comme une arme lui servant à justifier la tentative de deshumanisation de ces derniers, il n’est pas à exclure  qu’une certaine forme de négrophilie (même bien déguisée) fasse office d’arbre visant à cacher la forêt de la négrophobie structurelle qui dissimule la jungle de la négrophobie d’Etat. Cela dit on comprend que celles et ceux qui empruntent les sentiers battus par une propagande, revêtue des bonnes intentions dont l’enfer est pavé, puissent se perdre dans les dédales de cette hypocrisie, dès lors qu’il ne leur a jamais été offert la possibilité de discerner les réels intérêts de cette manœuvre.

Mais avant de poursuivre nous tenons à saluer sans réserve aucune, l’acte humain de Mamoudou Gassama qui, bien au-delà du courage, n’est que l’incarnation des valeurs africaines qui font défaut aux sociétés capitalistes de type occidental. Voilà pourquoi leurs représentants sont à ce point tentés de confondre cette forme d’humanité solidaire, venue d’un autre espace géographique que le leur, avec le courage. Mais cela n’a rien de paradoxale dans des systèmes (de pensées) qui encouragent l’individualisme et la surexploitation de l’homme et de la Nature. Donc encore une fois, merci à Mamoudou Gassama d’avoir naturellement laissé s’exprimer son africanité, en espérant que son expérience à venir sur le sol français qui, bientôt le verra naturalisé (uniquement par intérêt), ne finira pas par corrompre sa belle âme.

Se faisant, la prudence nous oblige à porter un regard critique sur le traitement de Mamoudou Gassama, si fièrement porté en « héros » dans les journaux papiers et télévisés qui habituellement « dé-nigrent » plus ou moins subtilement ses semblables. C’est dire qu’en agissant ainsi, ces forgeurs d’opinion nous montrent implicitement à quoi doit ressembler « un bon nègre » s’il veut avoir ne serait-ce qu’une chance d’obtenir la nationalité française. Nationalité ici présentée, toujours implicitement, comme le saint Graal.

Mais en 2018 :

Il n’est plus question pour nous – afro-descendant.e.s – de servir d’alibi permettant aux racismes populaires, structurelles et d’Etat de se décomplexer en incarnant cette forme d’amour empoisonné.

Il n’est plus question de servir de Joker aux racistes qui s’ignorent et qui, très vite à court d’arguments, finissent tôt ou tard par sortir de leur manche la carte de l’éternel(le) ami(e) noir(e).

Il n’est plus question de regarder l’Etat (néo)colonial français se cacher derrière le masque des « droits de l’homme » (longtemps appliqué ouvertement qu’à une partie des humains) qu’il piétine allégrement chaque jour via ses contrôles au faciès, ses discriminations raciales à l’embauche et au logement, ou encore ses « politiques migratoires » viscéralement racistes.

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S’efforçant de paraître toujours plus invisible à l’œil nu, le Racisme d’Etat est depuis  longtemps passé maître dans l’art de cacher le crachat qu’il nous balance en plein visage, dans des compliments auquel il n’a jamais cru. Pour cela il utilise le plus souvent des célébrités noires qu’il exhibe comme étant les personnalités préférées des français. Ainsi sa négrophilie opportuniste lui permet de mieux frapper sur ces mêmes êtres humains qu’il déshumanise pourtant à longueur de temps ; ne serait-ce qu’en les qualifiant de « sans papier », sachant qu’hier son « Code Noir » les avait déjà insultés de « biens-meubles ».

Comprenons que si Mamoudou Gassama n’avait pas laissé s’exprimer librement son africanité pour sauver cet enfant innocent, il continuerait lui aussi d’être traité comme un vulgaire « sans-papier », un non humain, un moins que rien. Comme beaucoup, il serait condamné à faire la queue pour tenter de retrouver les droits fondamentaux et inaliénables que le Racisme hérité de l’esclavage colonial leur a sauvagement arraché. Sans oublier que dans l’espoir d’être reçus les premiers à l’ouverture de la préfecture – qui s’applique à leur témoigner le plus grand des mépris, à défaut du respect qui leur est dû – certain.e.s n’ont d’autres choix que celui de dormir (avec leur enfants) à même le trottoir, et ce, dès la veille au soir.

Il y aurait tant d’autres choses à dire, car nous ne sommes pas aveugles et comprenons ces techniques de diversion et récupération visant à instrumentaliser des Mamoudou Gassama pour donner la fausse impression que ce pays n’est en aucun cas raciste. Nous voyons ces efforts visant désespérément à faire rimer, au prix du mensonge, France (néo)coloniale avec « pays des droits de l’homme ». Mais en dépit des apparences trompeuses, ces stratégies ne suffiront plus à cacher le profond mépris de ce pays pour l’intégrité humaine. Et si sa justice injuste nous demande d’apporter la preuve de ce que nous avançons ici, nous lui répondrons spontanément – en la regardant droit dans les yeux – que c’est plutôt à elle de se justifier en tentant de prouver le contraire.

Car Mamadou Gassama était une personne honorable bien avant d’avoir risqué sa vie pour sauver cet enfant. Au même titre que Lassana Bathily l’était, bien avant qu’il risque sa vie pour en sauver d’autres. Et pourtant ce système viscéralement injuste, raciste et (néo)colonial s’est invariablement appliqué à les traiter comme  de vulgaires « sans-papiers ». Des personnes qui n’auraient aucune autre vocation que celle visant à donner un semblant de sens à ce que les pseudos bien-pensants nomment subjectivement « toute la misère du monde » que la France (coloniale) serait - clame-t-elle – dans l’incapacité d’accueillir. Tout ceci en oubliant de préciser qu’elle est la principale cause de cette « misère endémique » qu’elle s’efforce inlassablement de repousser à l’extérieur de ses frontières. La principale responsable de cet appauvrissement programmé, qui force des êtres humains comme Mamoudou Gassama à quitter leur pays et leur famille dans l’espoir de (re)gagner les microscopiques miettes provenant des incommensurables richesses que Marianne nous pille depuis des siècles et des siècles. Loin d’être dupes, nous savons que Mamoudou Gassama, ou autres supposées personnalités préférées des français, ne sont là que faire figure d’exceptions confirmant la règle de cette logique (néo)coloniale et raciste inhumaine.

L’instrumentalisation que des marionnettistes tel que Macron font de la situation, peine de plus en plus à cacher la pâle réalité du Racisme d’Etat français, dès lors qu’elle sous-entend que tout(e)s celles et ceux qui ne se voient pas accorder le présumé « saint-Graal » (qui serait incarné par la « blanche » nationalité française) ne le mériteraient tout simplement pas. Si l’on s’efforce de lire entre les lignes, on parvient à voir tout ce qu’exprime les retentissants non-dits. On comprend que certaines personnes (noires) sont implicitement sommées d’être exemplaires, de se comporter en « héros » juste pour être reconnues par la communauté française, tandis que d’autres (blanches) le serait génétiquement sans avoir à fournir le moindre effort.

Et gare à celles et ceux qui pour contrer cet argument se réfugieront, avec leur incompressible mauvaise foi, derrière le mythe surfait exprimant que le fait d’être français n’a pas de couleur. Car si effectivement les apparences trompeuses plaident et témoignent dans ce sens, les « contrôles au faciès » ou le « blanchiment » des livres d’histoire (pour ne citer qu’eux) nous renvoient violemment à une réalité toute autre. C’est dire à quel point ceux qui fabriquent notre consentement à la chaîne, manient l’art de rendre sacré quelque chose qui ne l’est absolument pas : « la nationalité française ».

Voilà comment, aux dépends de quelques Mamoudou Gassama, est faîte la promotion du concept de la suprématie blanche, qui se sert de la négrophilie comme d’un cheval de Troie pour diffuser sa négrophobie viscérale.  Ainsi pendant que d’autres obtiennent la nationalité française dès leur naissance, nous – afro-descendant(e)s – devrions, tels des « tirailleurs », nous résoudre à sacrifier nos vies dans l’intérêt d’une France qui nous colonise pour que ce « saint-Graal » nous soit accordé. Tout cela sans oublier que de nombreux territoires, de nombreuses populations n’ont jamais, au grand jamais, demandé à être français. Ils le sont devenus par la force du glaive et du viol (colonial), dans le seul but de servir les pâles intérêts de cet Etat vampire.

Nous aurions tellement plus à dire tant cette instrumentalisation, cette récupération, cette forme de proxénétisme nous répugne, mais le temps nous manque.

Mais bien qu’étant pour nous un luxe, nous nous forçons à écrire ses quelques lignes pour dire aux gardiens de cet ordre raciste, classiste, et sexiste qui maintient stratégiquement et idéologiquement des communautés entières tout en bas de l’échelle des races et des classes (qu’ils ont créé), non sans faire mine de défendre les beaux principes d’une « égalité pour tous », que nous refusons d’être les complices conditionnés de cette « pornographie publicitaire », reflet d’une négrophobie qui n’avoue plus son nom.

Aujourd’hui nous venons vous dire que nous sommes là pour relayer le combat de celles et ceux qui se sont battu(e)s avant nous pour incarner ce principe fondamental auquel vous n’avez jamais cru : celui de la Justice véritable.

Le pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie

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