GET OUT, ou quand cinéma rime avec arme de Libération ?

Bien qu’il ne me semble pas avoir pour habitude de raconter ma vie, je me sens obliger de vous dire qu’après avoir vu la bande annonce de GET OUT (que j’avais pris, à tort, pour un banal film d’horreur racoleur) j’ai bien failli ne jamais aller voir ce qui m’apparaît aujourd’hui comme étant un véritable petit chef d’oeuvre cinématographique. En effet, même si l’affiche se révélait aussi intrigante qu’aguichante, j’estime faire parti de celles et ceux qui ne voient absolument pas l’intérêt de polluer leur cerveau avec des scènes d’horreur ; surtout sachant qu’il est quotidiennement matraqué par des tonnes d’informations encore plus aliénantes qu’inutiles.

PHOTO GET OUT

Mais le lendemain de sa sortie j’ai rencontré une sœur de combat qui m’a vivement conseillé d’aller le voir en m’affirmant que, loin d’un film d’horreur, GET OUT était une sorte de métaphore venue fustiger le « pouvoir blanc » qui cible impunément les noir.e.s depuis des siècles et des siècles.

Pour autant, je tiens à souligner  que l’analyse que je vais ici proposer est bien évidemment le fruit de ma propre grille de lecture. En ce sens, je parle de la position à laquelle ce système impérialiste, (néo)colonialiste, raciste et particulièrement négrophobe m’a assigné contre mon gré, en me désignant en tant que « noir ». Reste maintenant à chacun.e de se faire sa propre opinion.

Maintenant… pour en revenir au film, comment vous en parler sans toutefois vous le raconter ?

Pour tenter de réaliser cette prouesse, je commencerais par vous dire que GET OUT raisonne dans mon esprit comme l’une des plus belles allégories démontrant que les systèmes impérialistes sont autrement plus pervers, complexes et cruels que des personnages  de la trempe du docteur Jekyll et Mr Hyde.

Capable de contrecarrer des messages de propagande plus ou moins subtils tels que  celui caché derrière « Blanche-Neige » (qui a « subjectivement » participé à imposer le fait que « blancheur » rime, sans raison aucune, avec beauté et pureté) cette parabole ultra réaliste devrait être racontée à tous les petits enfants noirs ; ceci afin qu’ils apprennent à ne plus se fier aux apparences trompeuses qui les empêchent de démasquer la  vilaine sorcière (que la suprématie blanche habille toujours en noir pour détourner d’elle tout soupçon).

Ce faisant, il n’est pas impossible que, dans le même temps, cette splendide fable des années 2000 fasse figure de pire cauchemar pour une certaine catégorie de blanc.he.s  qui voudront absolument voir dans GET OUT la preuve irréfutable de l’existence d’un hypothétique « racisme anti blanc.he.s ». Lequel leur interdira formellement de sonder les profondeurs de leurs consciences coupables les empêchant de décrypter l’attaque acerbe que ce film adresse à tous les systèmes impérialistes, colonialistes, racistes et particulièrement négrophobes.

Pour le reste, je dois aussi vous préciser que je n’ai pu m’empêcher de faire le lien entre GET OUT et l’histoire vraie de Nat Turner (récemment mise en scène dans le film BIRTH OF A NATION). Surtout à la fin !
Cela pour dire et redire que GET OUT est une sublime métaphore qui met en lumière la prison mentale (ou prison de verre) à l’intérieur de laquelle la « suprématie blanche » nous maintient stratégiquement enfermé depuis des siècles et des siècles. Et ce, non sans réussir à nous faire croire que les prétendues « abolitions » et « décolonisations » de façade nous auraient rendu entièrement « libres » de nos choix.
Soucieux de nous ouvrir les yeux sur notre état de colonisation mentale agravé :
GET OUT nous raconte comment la « suprématie blanche » a soigneusement logé, à notre insu, un ennemi de notre cause dans les recoins cachés de notre for intérieur.
GET OUT nous raconte que si par chance ou volonté il nous arrivait de débusquer cet « Oncle Tom » enfoui quelque part au plus profond de nous-mêmes, nous n’aurions pas d’autre choix que celui de l’abattre, pour espérer reprendre définitivement le contrôle de nos esprits et de notre destin commun détourné au profit du même impérialisme qui nous « dé-nigre »  chaque jour.
GET OUT nous raconte que si notre intelligence n’était pas toujours placée sous la tutelle de cette infâme et cruelle « suprématie blanche », elle nous ordonnerait sans nul doute de ne jamais retourner dans la maison du maître qui nous a esclavisé, colonisé, néocolonisé et désormais nous « neurocolonise ».
En effet, qu’on l’accepte ou non, la bien trop grande majorité d’entre nous est toujours conditionnée à retourner dans ce cachot de verre, et ce, malgré tous les signaux d’alarme cherchant à nous prévenir de l’absolue nécessité de faire exactement le contraire. Un peu comme si nous étions tous sous hypnose ?
GET OUT nous raconte – un peu comme Nat Turner – que le jour de notre réveil soudain ne pourra se produire sans violence ni radicalité. Et ce, non pas parce que nous sommes violent.e.s par essence, mais tout simplement parce que le piège mortel dans lequel la « suprématie blanche » nous a enfermé, tout ce temps durant, se révèle être d’une sauvagerie encore plus macabre qu’inimaginable.
GET OUT nous rappelle enfin que le système blanc qui nous a sciemment jeté dans « le gouffre de l’oubli » en nous effaçant des pages exagérément blanches de ses livres d’histoires, n’a jamais eu la moindre once de pitié, de compassion, d’empathie ou d’amour à notre égard. Et ce, même lorsqu’il nous affirme, en nous regardant bien droit dans les yeux en laissant perler une larme, qu’ils nous (a) fait tout ce mal… pour notre plus grand bien.
Autrement dit après avoir vu ce film - qu’il ne faut absolument pas lire au premier degré -vous pourrez choisir de voir - ou ne pas voir - ce que l’évidence – maintes fois accréditée par les faits les plus têtus – nous montre et nous démontre chaque jour et chaque nuit.
Pour finir je tiens à vous dire que contrairement à ce que cherche à nous faire croire les apparences trompeuses, ce système ne nous domine absolument pas par la force, mais bien parce qu’il a stratégiquement réussi à prendre le contrôle de nos esprits.
Or si nous admettons que le savoir est la plus puissante des armes, armons-nous jusqu’aux dents d’une connaissance émancipée et courons nous libérer pour reprendre définitivement possession de notre libre arbitre que la « suprématie blanche » à ligoter avant de le tailler à son image. Sans cela… nous serions tout simplement invincibles.
Pour conclure, et je pèse mes mots, le réalisateur de ce film m’apparaît tout simplement comme un génie.

Car #GetOut est certainement la meilleure métaphore sur le #NEUROCOLONIALISME adaptée au grand écran ?

D’autant que, dans ce film, l’homme blanc en charge d’opérer les cerveaux des noir.e.s pour en extraire les richesses avant de les reprogrammer au profit des sacro-saints intérêts d’une suprématie blanche qui n’avoue jamais son nom, est un neurochirugien.

Alors coincidence ou évidence ?

#Négrophobie or not négrophobie ?

That is the question !

Voilà pourquoi en un mot comme en mille, je vous recommande d’aller voir GET OUT, ne serait-ce que pour vous faire votre propre opinion.
**************
La #négrophobie est une arme (neuro)coloniale d’aliénation et de destruction massive qui n’avoue pas son nom…
… armons-nous jusqu’aux dents pour la combattre !
Guérissons-nous définitivement du SYNDROME TARZAN
Le Pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie (Brigade Anti Négrophobie Page Officielle)

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