Euh… si la pub de Dove est bien raciste : lisez bien ce qui suit !

Nous avons lu l’article de Marianne, intitulé :

« Euh… non, la pub de Dove n’était pas raciste : regardez la bien ».

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Et dores et déjà nous pouvons dire que ce qui nous dérange, ne réside pas dans le fait que son auteur rame à contre courant. Non ! C’est juste qu’il insulte l’intelligence des noir.e.s qui se sont senti.e.s « dé-nigré.e.s » par le message négrophobe implicitement véhiculé dès le démarrage de ce spot. Autrement dit, en affirmant que cette pub n’a strictement rien de raciste, Marianne pointe du doigt notre absence de discernement chronique, pour ne pas dire notre paranoïa maladive. Ce qui soit dit en passant reste le principale système de défense de tou.te.s les négrophobes qui s’ignorent.

Ce faisant, à travers cet article, Marianne et son auteur sous-entendent que notre logique  est si primaire qu’elle ne peut faire autrement qu’emprunter des raccourcis qui l’éloignent du cheminement de réflexion plus poussé qui les ont conduit à assumer cette conclusion catégorique :

Non, la pub de Dove n’est pas raciste !

Positionnement des plus suspect qui, malheureusement, n’est pas sans rappeler celui de certains entraîneurs de l’équipe de France qui assimilaient de manière totalement décomplexée (et assimilent probablement toujours) les joueurs noirs à la « puissance » de jeu, tandis que leurs pairs blancs à la finesse, l’intelligence et la stratégie. Stratégie sans laquelle les bleus n’auraient « certainement » jamais pu goûter aux joies d’une quelconque victoire (rappelant que cette « indéboulonnable » croyance est tout droit héritée de la période de l’esclavage négrier) ?

Cependant il est vrai qu’analyser subjectivement, en tant qu’acte isolé, l’argument de mauvaise foi proposé par Marianne peut donner l’impression de sonner juste (cf, Dove : la pointe de l’iceberg masquant un Racisme sans fond ?).

Mais filtrée à travers une grille d’analyse systémique, avant d’être soumise aux rayons X de l’Histoire coloniale et négrophobe qui éclaire notre présent, cette publicité ne parvient plus à sauver les fausses apparences d’une égalité de façade.

Cette précision apportée, chacun.e comprendra que l’auteur de cet article n’est autre qu’un agent oeuvrant (in)consciemment pour le compte du système qui a « secrètement » construit dans le marbre de son pouvoir blanc « la fabrique de notre consentement » visant à nous déposséder notre libre arbitre.

Par ailleurs il est intéressant de constater que le jour suivant la parution de cet article, Marianne, sentant probablement la pression monter, s’est enfin décidé à faire témoigner des spécialistes de cette lancinante question. Lesquels ont aussitôt estimé que ce spot soulevait une problématique d’ordre systémique alimentant de grossiers stéréotypes (négrophobes) construits de toute pièce pour rendre subjectivement incontournable « la norme blanche » qui nous est « subliminalement » imposée. Le tout donnant lieu à la persistance d’un Racisme (in)conscient dont les racines sont enfouies dans les bas-fonds de l’Histoire esclavagiste et coloniale qui a stratégiquement enfanté le concept de « race ».

Pourtant, à écouter Marianne et l’auteur de cet pseudo analyse, notre supposé manque de perspicacité ne nous permettrait absolument pas de comprendre qu’une marque comme Dove ne nous a jamais voulu autre chose que du bien (soulignons en passant que les esclavagistes européens tenaient exactement le même genre de discours paternalistes).

Autant dire qu’en assumant cette suspecte posture strictement basée sur les apparences, Marianne ne se fait pas uniquement l’avocat du diable… euh plutôt de la marque Dove… Non ! Elle s’impose en défenseur de la « bien-pensance » en se faisant l’apologiste d’un « axe du bien » (in)consciemment repeint aux couleurs de la suprématie blanche.

Aveuglé par ses convictions qu’il ignore être d’un autre temps, jamais ce quotidien ne cherche « profondément » à savoir pourquoi cette publicité est à l’origine d’un tel « bad buzz ». Au lieu de cela, l’auteur de l’article affirme, avec une effroyable certitude, n’avoir déceler aucune trace de racisme, même inconscient, dans le spot publicitaire de 3 secondes mettant en scène une femme couleur ébène ôtant un t-shirt du même ton avant de devenir subitement blanche ?  

 

Mais quoi qu’on en pense la lecture de ce genre de message on ne peut plus ambigu, ne devrait jamais faire abstraction des faits historiques et actuels qui le recontextualisent avec nettement plus de justesse que les opinions subjectives des un.e.s et des autres. Or que nous rappellent chaque jour ces faits ?

Que la #Négrophobie, sous sa forme implicite ou explicite, est tout, sauf le fruit de notre prétendue paranoïa, et ce, quoi qu’en pense Marianne.

Balayer d’un revers de main l’hypothèse d’un Racisme (in)conscient, en revient à nier la #Négrophobie viscérale qui a engraissé des Etats impérialistes comme la France (anciennement esclavagiste), en même temps que les discriminations et agressions raciales perpétrées par ce Racisme d’Etat particulier, dès lors où il cible « chirurgicalement » les noir.e.s.

Voilà pourquoi nous en venons à nous demander si l’auteur de cet article  s’est « juste » contenté de décrypter ce spot publicitaire avec les yeux d’un « blanc », bercé depuis sa plus tendre enfance par les doux privilèges qu’il tire (in)consciement de cette forme de Racisme institutionnalisé ? Ou s’il a pris le temps d’analyser ses images avec les yeux d’un « noir », malgré lui, prisonnier d’une Histoire qui, il n’y a pas si longtemps de cela, lui refusait catégoriquement le droit d’exister en tant qu’être humain.

Mais au lieu de faire preuve d’empathie, force est de constater que Marianne s’impose ici comme l’arrogant garant de la pensée neutre, de la pensée juste, de la pensée omnisciente. A travers cet article, Marianne ne cherche pas seulement à redonner à cette publicité ses lettres de noblesse (alors que la marque Dove a publiquement reconnu qu’elle était responsable d’un incontestable acte manqué). Non ! A l’image du Racisme d’Etat qui l’a enfanté, ce « modeleur d’opinion » laisse entendre, de par ses allusions, que notre souffrance, notre ressenti n’est rien d’autre que vu de l’esprit.

Or si l’on veut vraiment faire oeuvre de bonne foi, la lecture de ce genre de message publicitaire, séducteur et ludique, ne peut en aucun cas faire abstraction des faits passés et présents avérés qui, non seulement l’entourent, mais l’éclairent forcément sous un autre jour. Si l’auteur avait songé à décrypter cette pub avec les lunettes de l’Histoire, il se serait rendu compte que  la #Négrophobie peut être véhiculée de manière totalement (in)consciente ; conditionné.e.s que nous sommes à voir le « Blanc » comme la norme tandis le « Noir » comme une vulgaire anomalie. En témoigne cette autre communication de Dove, non moins subliminale et tout autant indiscutable. 22446771_1935741686746211_56768266_n

Evidemment, celles et ceux qui ne vivent pas dans la peau d’un.e noir.e penseront, certainement, que nous ne sommes bon qu’à voir la #Négrophobie partout où elle n’est absolument pas. Mais tout message (subliminal) visant à faire (in)directement la promotion du « blanchiment » de la peau des Noir.e.s doit être dénoncé avant d’être attaqué avec force et vigueur. Parce que blanchir les Noir.e.s et/ou blanchir l’Histoire ont toujours été le fantasme de la suprématie blanche que nous combattons.

Javelliser nos identités pour les rendre encore plus blanches que blanche, c’est nous tuer dans notre âme à défaut de pouvoir nous tuer dans notre corps. Et c’est (in)consciemment ce que Dove ici suggère, sans compter que nous sommes là en face d’un multirécidiviste en la matière.

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A savoir que même un enfant 5 ans, dont le libre arbitre n’aurait pas été empoisonné par la propagande raciste qui nous ronge, serait en mesure de comprendre qu’à travers cette publicité (et d’autres), la marque Dove se désigne elle même comme l’héritière d’une longue tradition de messages publicitaires explicitement négrophobes. Lesquelles, sans jamais l’avouer, visent à tuer le noir de l’intérieur en le conditionnant à devenir toujours plus blanc que blanc. 

Un peu comme cette pub pour la lessive Omo. Laquelle s’était amusé à mettre en scène un singe qui, justement, « singe » un jeune déguisé en rappeur. Or le rap est (mal)connu pour être un genre musical qui puise ses racines dans la culture et la résistance noires. Eléments au demeurant « positifs et objectifs » que le Racisme d’Etat français, en particulier, s’applique à gommer des pages exagérément blanches de ses livres d’histoire. Mais là encore, si l’on écoute Marianne, il ne peut s’agir que d’une coïncidence et non d’un quelconque message subliminal.

Et que dire de cette autre publicité mettant en scène, pour le même produit, un couple de singes avec ses huit enfants ?

A première vue point de #Négrophobie à l’horizon. Sauf que sans le vouloir, ni même le savoir, Macron nous a donné la clef de cette énigme que même la pierre de Rosette n’a jamais pu résoudre.

Et pour cause, le 8 juillet 2017, lors du discours qu’il a prononcé  dans le cadre du G20, l’actuel président de la République française, probablement hanté par les démons esclavagistes surgit d’un passé pas si lointain, s’est lâché comme un beau diable.

Marchant sur les pas d’un Chirac qui - peu de temps avant lui avait évoqué « le bruit et l’odeur » des noir.e.s - Macron a souligné l’enjeux « civilisationnel »stratégiquement dissimulé derrière le contrôle du ventre des femmes africaines, à qui il reprochait d’avoir « 7 à 8 enfants » par tête.  Or coïncidence ou message implicite oblige ? Le couple de singes qui figure dans cette publicité se trouve lui aussi être à la tête d’une famille nombreuse de 8 enfants.

Or ce point de détail, qui n’en est objectivement pas un, nous indique qu’il n’est pas rare que, dans les sociétés abritant secrètement « la fabrique du consentement », le hasard ait bon dos. Car dans ce cas précis l’on se rend bien compte qu’une somme de préjugés racistes s’est « stratégiquement » appliquée à conditionner l’inconscient collectif (français) de manière à ce qu’il trouve on ne peut plus « normal » le fait imbécile de faire systématiquement rimer famille nombreuse de 8 enfants avec familles africaines. Cela sans souligner le fait que les couleurs vives qui teintent la robe chargée d’humaniser la « ravissante » femelle chimpanzé, rappellent, de manière infraliminaire, certains tissus entrant dans la conception des habits qui parent le corps des femmes africaines et afro-antillaises ?

Mais là encore Marianne sera certainement moins tentée de croire en cette hypothèse qu’en notre supposée paranoïa. Laquelle nous pousserait à prendre de grossiers raccourcis mettant en lumière le « chainon manquant » qui, à n’en pas douter, serait seul à même d’expliquer le point de rupture différenciant le stade supposément primitif de notre réflexion et celui prétendument savant de ce genre de « forgeur d’opinion ».

Sauf que, coïncidence ou paranoïa oblige (vu qu’il ne saurait être question de message subliminal) ? :

- les marques Omo et Dove appartiennent toutes deux à la même multinationale européenne :

Unilever.

Laquelle dispose, à en croire Marianne, d’énormes « moyens de communication » qui, justement, laisse supposer que le caractère ambigu colporté par ce genre de  messages (subliminaux), ne peut en aucun cas être considéré comme le simple fruit du hasard.

Autrement dit, une analyse qui se veut honnête ne pourra jamais faire abstraction du poids que joue l’héritage coloniale sur la conception et la perception de tels supports de communication.  

Voilà pourquoi, malgré toute notre bonne volonté, nous ne pourrons jamais éclairer avec les lumières de la rationalité le genre de procédé malveillant qui a permis à la suprématie blanche de déceler chez le noir les traces d’une supposée apparence simiesque ?

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Surtout sachant que ce n’est pas un film comme « la planète des singes » – prétendument venus menacer « la suprématie des blancs » - qui osera venir nous contredire sur point précis. D’autant qu’en dépit de son acharnement visant à maquiller le véritable sens de ses propos, l’anthropomorphisme, utilisé par les concepteurs de ce film, peine à dissimuler le fait qu’il est peut-être ici question du rapport de domination qui, depuis les premières heures de la colonisation, complexifie les relations noir.e.s-blanc.he.s.

En effet, qui entre ces singes ou les Black-Panthers, Assata Shakur, Lumumba, Sankara, Toussaint Louverture, Dessalines, la négresse Solitude… ont vraiment menacé la suprématie de cet ordre blanc viscéralement injuste ?

Cependant nous ne prendrons pas le risque de développer plus encore un tel sujet, conscient.e.s que le fait d’afficher au grand jour un tel degré de paranoïa risquerait à coup sur de nous conduire tout droit à l’asile psychiatrique, à défaut de pouvoir nous traîner devant le peloton d’exécution de la « bien-pensance » défendue par Marianne et tant d’autres. Alors chut ! Faisons comme si nous n’avions jamais abordé cette autre thématique.

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Suivant instinctivement les traces d’un Racisme d’Etat français qui s’emploie énergiquement à trouver des « bienfaits » dans les crimes de l’esclavage et de la colonisation dont il est – rappelons-le – l’auteur ; Marianne décèle dans cette pub Dove des pépites incrustées des bonnes intentions dont l’enfer est pavé. En revanche, elle semble ignorer qu’aucune velléité, aussi bien intentionnée soit- elle, n’a jamais préservé quiconque du Racisme… et encore moins de la #Négrophobie.

Voilà pourquoi une fois mise à nue par les projecteur de l’Histoire,  le socle sur lequel repose cette publicité se révèle être non seulement colonial, mais aussi et surtout négrophobe. Et ça ce n’est bien évidemment pas nous qui l’affirmons, mais les faits historiques que certain.e.s refusent d’entendre et surtout de croire, quitte à les blanchir lorsqu’ils ne peuvent être effacé.

Cela sans compter que nous ne pouvons nous résoudre à envisager comme une innocente coïncidence le fait que les concepteurs de ce spot ait pris l’initiative d’inviter la femme noire à ouvrir le bal de ces transformations plus qu’improbables. En effet, le simple fait de la voir positionner en tête dans une pub qui n’est autre que le « pâle » reflet des sociétés qui nous parquent systématiquement en arrière plan, peut aussi laisser penser qu’elle a été « stratégiquement » placé au niveau moins zéro du stade de l’évolution (de la beauté blanche) ? Tout ceci avec un t-shirt que les concepteurs de ce spot se sont sentis obligés de faire rimer avec la teinte foncée de sa peau. Sachant que, lorsqu’elle ôte ce dernier, un tricot de couleur clair apparaît en dessous. Et c’est ainsi que soumise aux lois du « transforming », cette femme noire devient subitement blanche(-neige)… comme par enchantement. 

Confrontée à ces 3 secondes d’images vidéo, Marianne s’est elle un seul instant demandée ce que percevrait en premier lieu l’oeil de notre conscience aliénée, dès lors où il ne disposerait pas des filtres subjectifs que nous propose sa pseudo analyse ? :

Qu’il fallu à Dove une femme noire et un savon (bien blanc) pour que les fantasmes de la suprématie blanche prennent corps dans notre réalité. En effet, si cette pub tombe sous les yeux d’un enfant innocent, que croyez vous qu’il retiendra ? Et ce, qu’il soit noir ou blanc : 

Un coup de savon, un seul : et voilà la négresse blanchie… comme par magie. 

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A l’ère d’internet et de la dématérialisation, ne sous-estimons pas la puissance du contrôle que les média de masses à la solde du Racisme d’Etat (français) font peser sur nos esprits quotidiennement pris en otage. Le pouvoir hypnotisant de leur propagande en fait incontestablement l’un des rouages essentiels de « la fabrique du consentement » qui nous conditionne à accepter de manière implicite et/ou subliminale un ordre social… mais aussi et surtout racial. Lequel place, de plus en plus imperceptiblement, les « Blanc.he.s » tout en haut de l’échelle des classes et des « races », tandis que les « Noir.e.s », tout tout tout tout en bas.

Devenu expert dans l’art de créer l’illusion d’une égalité qui, dans les faits, se révèle être de façade, l’impérialisme européen qui nous cible  - au moins depuis l’esclavage-négrier-occidentalo-chrétien (exclusivement bâti sur le levier de la « race noire ») - n’a jamais disparu… il a juste changé  de forme. Autrement dit, si ces différents stades d’oppression et d’exploitation racistes n’ont jamais rien fait d’autre que changer de nom et de masque pour survivre à la pression de nos multiples résistances traversant les époques ; il n’en reste pas moins qu’ils conservent le même dénominateur commun, dès lors où le Racisme d’Etat qui les anime cible « girurgicalement » les noir.e.s :

La #Négrophobie.

Car nul ne devrait ignorer que sans cette idéologie meurtrière (pour ne pas dire génocidaire) et le lot de préjugés racistes qu’elle transporte, des Etat impérialistes, comme la France, n’auraient jamais pu justifier auprès de leurs peuples le bien fondé de l’esclavage-colonial. Mais aussi celui de la Colonisation qui l’a immédiatement relayé ; et de la néocolonisation qui perdure aujourd’hui encore. Force est donc de constater que ces messages subliminaux emprunts de préjugés racistes qui structurent les supports de propagande destinés à mouler nos opinions dans le sens des génocidaires intérêts impérialistes, nous indiquent que nous sommes progressivement rentré.e.s dans une nouvelle ère :

- Celle de la #Neurocolonisation.

Laquelle au lieu de nous coloniser physiquement, nous contrôle désormais psychiquement.

A nous donc de nous en prémunir en apprenant à lire entre les lignes de la propagande raciste qui formate nos opinions de manière à nous priver de l’autonomie de penser seul à même de nous mettre sur les rail de notre libération !

Le pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie (B.A.N Page Officielle)

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