DOVE : la pointe d’un Iceberg masquant un racisme sans fond ?

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Une publicité Dove vient d’être une nouvelle fois accusée d’alimenter la mécanique structurelle d’un Racisme d’Etat particulier : La négrophobie.

Mais voilà que les systèmes « démocratiques » dissimulant les dictatures les plus efficaces sortent, en dernier recours, leur joker. Ceci de manière à discréditer tou.te.s celles et ceux qui, comme nous, auraient décelé dans cette pub Dove les traces d’une Négrophobie (in)consciente.

Telle la cavalerie US chargeant, au son du clairon, pour prêter main forte à la marque Dove – assaillie par les méchants « indiens » venus (en)tacher sa prétendue virginité avant de lui arracher son scalp - la propagande a désormais pris d’assaut tout l’espace médiatique, étouffant sur son passage les avis dissonant.

Nous réservant le même sort que le petit garçon criant au loup, dans la fable d’Esope, cette campagne de désinformation cherche à nous discréditer en nous faisant passer pour des fous furieux, tout juste bon à voir la négrophobie absolument partout… ou elle ne serait pas. Mais petit problème : l’esclavage-négrier-occidentalo-chrétien, la colonisation, la néocolonisation, voire la neurocolonisation qui permirent et permettent aux Etats impérialistes de s’enrichir, nous ne les avons pas rêvé ? De même que nous n’avons pas inventé  les messages à caractère négrophobes « sublinalement » relayés par la marque Dove.

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Mais pour tenter de « blanchir » la réputation de ce géant de l’hygiène et de la cosmétique éclaboussé par ce nouveau scandale, les médias mainstream ont unanimement décidé d’appeler à la barre un témoin à décharge :

- Lola Ogunnyemide.

Soit le mannequin noire qui a prêté son image à la marque, n’imaginant pas un seul instant, qu’un oeil dépourvu de tout filtre analytique la verrait brusquement se transformer en femme blanche. Et ceci dans une société habituée à coller au mot « noir » les qualificatifs les plus négatifs, tandis qu’au mot « blanc » les associations d’idées les plus valorisantes.

Pour l’occasion, Lola nous est habilement présentée comme l’unique mise en cause. Mais dans les faits, les premières victimes de ces images sont tou.te.s celles et ceux qui se verront implicitement imposer comme seule miroir de leur existence la « norme blanche » qui les a stratégiquement racisé, et ce, au moins depuis l’épisode de l’esclavage-négrier-occidentalo-chrétien.

Voilà pourquoi nous pensons qu’une publicité utilisant l’image d’une femme noire de façon aussi ambiguë, ne peut être décryptée de manière isolée. Comme nous l’avons déjà exprimé dans notre précédent article : « Euh… si la pub de Dove est bien raciste ! Lisez-bien ce qui suit« , un message implicite de cet ordre ne peut être analysé en faisant abstraction du système raciste qui l’a accouché. Surtout sachant que  ses racines sont enfouies dans les profondeurs insondables d’une Histoire esclavagiste et (néo)coloniale qui ne manquerait pas d’éclairer sous un autre jour la transformation de Lola.

Voilà pourquoi, jamais il ne nous viendra à l’esprit de participer au jeu des divisions fratricides fomentées par un système viscéralement raciste qui, pour préserver ses pâles intérêts capitalistes, n’a justement pas intérêt à ce que nous parlions d’une seule et même voix.

Conscient.e.s de cela, nous ne monterons pas sur le ring pour régler nos comptes, comme le firent, à une autre époque, Ali et Foreman. Lesquels furent manipulés par la même « suprématie blanche » qui, depuis la période de l’esclavage-négrier-occidentalo-chrétien, accouche, nourrit et entretient stratégiquement ce genre de divisions dans l’espoir de nous faire perdre de vue qu’elle est notre principale cible. Sauf qu’avec le recul nous avons pu tirer les leçons de cette histoire qui nous ont appris qu’en dépit  de leurs apparentes différences en matière d’opinion politique, religieuse et autres, le système blanc amériKKKain les avait tactiquement enchainé à la même communauté de destin les qualifiant invariablement de « nègres ».

Cela pour dire qu’en dépit de tous les efforts du monde, nous ne parvenons pas à percevoir le témoignage de Lola Ogunnyemi comme un acte de haute trahison . Ce d’autant qu’il nous semble qu’elle s’applique uniquement à rendre compte de la manière dont elle à vécu ce tournage de l’intérieur. Et si c’est le cas, son ressenti est tout à fait appréciable, entendable et certainement juste. Seule ombre au tableau de ses impressions tout à fait louables : ce n’est absolument pas le sujet qui nous préoccupe ici.

Autrement dit, il nous importe peu de savoir si, au moment de la confection de ce spot désormais polémique, le personnel s’est montré accueillant et exceptionnellement bienveillant. Il nous importe peu de savoir si pour l’occasion, la production avait loué les services d’un.e prestataire chargé.e de lui faire un petit massage des pieds pour lui permettre de se détendre en lui servant une petite tasse de thé au doux arômes d’acacia. Car dans les faits qui nous préoccupent, il est admis que le Racisme structurel n’est en aucun cas exempt de toutes ses délicates intentions. D’ailleurs ce ne sont pas les entreprises (faussement) humanitaires à la solde des Etats impérialistes qui ont appauvris les pays dit « sous développés », qui oseront prétendre le contraire.  Rapporté autrement, il est suspect de constater que le témoignage de Lola Ogunnyemi, aussi intéressant soit-il, ne se concentre jamais sur le fond du problème, mais uniquement sur la forme. Si sa volonté avait réellement été de traiter cette question, le « forgeur d’opinion » autoproclamé « theGuardian » (le gardien de notre opinion ?) aurait pris la peine d’interviewer un.e spécialiste de la question du Racisme structurel, au lieu de jouer avec la corde sensible de nos émotions, encore une fois manipulée par l’incontestable sincérité de Lola.

Profitant de cette confusion savamment orchestrée, la propagande cherche une fois de plus à faire passer des vessies pour des lanternes, n’hésitant pas pour se faire, à faire parler la comédienne dans le sens des intérêts du système qui lui donne toute légitimité ; exactement comme le ferait un ventriloque.

Car si ce qui nous préoccupe ici se borne effectivement à la question de fond : il aurait certainement été plus honnête de chercher à savoir si, au regard du passé raciste et particulièrement négrophobe qui éclaire le présent d’Etats impérialistes tels que la France ou les Etats-Unis, cette publicité peut (in)consciemment relayer un message suprématiste que l’on croyait appartenir à un autre temps ?

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Abordé sous un autre angle, ce qu’il nous semble ici important d’interroger reste la question de la perception et non celles des intentions, beaucoup trop difficiles à interpréter avec justesse. Toute démarche honnête et non « manipulatoire » aurait cherché à décrypter le message (in)conscient que nous adresse cette pub au premier abord ? Soit bien au delà de ce que la « fabrique du consentement » qui garde notre libre arbitre en otage nous conditionne à comprendre.

Or, bien que n’ayant pas la même force de frappe que celle des « forgeurs d’opinions » qui participent à asseoir les fondements de ce sytème capitaliste et raciste, nous le soulignons à nouveau :

– C’est Lola Ogunnyemi – le mannequin noire – et pas une autre, qui ouvre le bal de ces transformations. Elle est donc celle que l’oeil dépourvu de lentille analytique voit brusquement devenir blanche sous les effets spéciaux d’un « transforming » qui, curieusement, n’est pas sans rappeler les injonctions assimilationnistes plus ou moins subtilement assumées par les sociétés occidentales d’hier et d’aujourd’hui.

Raison pour laquelle, nous ne pouvons nous résoudre à analyser cette pub sans la soumettre aux rayons X du « complexe de supériorité » que « la fabrique du consentement » occidentale inocule secrètement aux personnes de « race »  blanche ; en même temps qu’elle vaccine à leur insu les personnes de « race » noire avec un puissant « complexe d’infériorité ». Plus tenace qu’un microbe se révélant mortel à plus ou moins long terme, ce « complexe » se transmet d’une génération à l’autre, renforcé par des stéréotypes négrophobes de plus en plus subtilement dissimulés dans des supports de propagandes qui nous sont présentés comme de simples publicités, films ou autres. Mais lorsque l’on a appris à lire entre les lignes de ses campagnes servant à uniformiser l’esprit des masses, l’on comprend que ses supports (ludiques ou éducatifs) ont pour mission secrète de faire subjectivement rimer le mot « blanc » avec pureté, tandis que le terme « noir » avec saleté.

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Mais pour qu’il lui soit permis de s’adapter aux moeurs forcées d’évoluer avec les époques frappées par les foudres de notre résistance, la propagande se modernise.  Afin de permettre au tout puissant Racisme d’Etat, qui l’a créé à son image, de pouvoir continuer à nous discriminer sans jamais être démasqué, elle est devenue experte dans l’art de la manipulation. Ainsi nous pousse-t-elle constamment  à confondre les causes et les conséquences, de même que la forme et le fond. Comprenez alors que les Etats impérialistes usent et abusent quotidiennement de la propagande comme d’un produit décapant servant à laver plus blanc que blanc nos cerveaux maltraités par un système de pensée beaucoup « plus efficace encore que les dictatures ».

Et ça, ce n’est pas seulement nous – Brigade Anti Négrophobie – qui l’affirmons, mais aussi des intellectuels blancs reconnus par le système dominant, tel que Noam Chomsky :

« (…) Les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée.

Comment fonctionne le contrôle de la pensée dans une société démocratique ?

Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.

Dans les années 1930, les règles de la propagande nazie consistaient, par exemple, à choisir des mots simples, à les répéter sans relâche, et à les associer à des émotions, des sentiments, des craintes. Quand Hitler a envahi les Sudètes [en 1938], ce fut en invoquant les objectifs les plus nobles et charitables, la nécessité d’une « intervention humanitaire » pour empêcher le « nettoyage ethnique » subi par les germanophones, et pour permettre que chacun puisse vivre sous l’« aile protectrice » de l’Allemagne, avec le soutien de la puissance la plus en avance du monde dans le domaine des arts et de la culture.

En matière de propagande (…) les instruments se sont beaucoup affinés, en particulier et paradoxalement dans les pays les plus libres du monde : le Royaume-Uni et les Etats-Unis. C’est là, et pas ailleurs, que l’industrie moderne des relations publiques, autant dire la fabrique de l’opinion, ou la propagande, est née dans les années 1920. Ces deux pays avaient en effet progressé en matière de droits démocratiques (vote des femmes, liberté d’expression, etc.) à tel point que l’aspiration à la liberté ne pouvait plus être contenue par la seule violence d’Etat. On s’est donc tourné vers les technologies de la « fabrique du consentement ». L’industrie des relations publiques produit, au sens propre du terme, du consentement, de l’acceptation, de la soumission. Elle contrôle les idées, les pensées, les esprits. Par rapport au totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle de torture.

On vit dans ce monde, pas dans un univers imaginaire. Dans ce monde, il existe des institutions tyranniques, ce sont les grandes entreprises. C’est ce qu’il y a de plus proche des institutions totalitaires. Elles n’ont, pour ainsi dire, aucun compte à rendre au public, à la société ; elles agissent à la manière de prédateurs dont d’autres entreprises seraient les proies. Pour s’en défendre, les populations ne disposent que d’un seul instrument : l’Etat. Or ce n’est pas un bouclier très efficace, car il est, en général, étroitement lié aux prédateurs (…) ».**
A noter que ce passage n’est pas sans rappeler une citation de Malcom X disant :
« Si vous ne faite pas attention, les Médias vous feront détester les opprimés et aimer les oppresseurs »
Cela dit, nous espérons que cette énième tentative de diversion n’encouragera pas l’entreprise Unilever, propriétaire de la marque Dove, à revenir sur son engagement visant à échanger avec nous sur le sujet ; de manière à ce qu’il nous soit permis de trouver une issue honorable à cette situation de crise.

Car bien que nous ayons conscience du fait que notre libre-arbitre est constamment pris en étau entre le marteau et l’enclume servant à enfoncer le clou de certaines idées reçues dans nos cerveaux aliénés, nous avons appris à lire entre les lignes de la propagande raciste qui vise à corrompre notre conscience et nos âmes. Ce faisant, nous nous  battrons jusqu’au bout pour défendre notre opinion « décolonisée », conscient.e.s qu’un message publicitaire promouvant un savon à l’apparence anodine, peut « subliminalement » participer à façonner l’esprit de nos enfants qui apprendront à se détester, mais ce, non sans adorer la suprématie blanche que nous combattons de toute nos forces.
Reste donc à chacun.e de choisir son camp !

La #Négrophobie est une arme d’aliénation et de destruction massive qui n’avoue pas son nom…
… armons-nous jusqu’aux dents pour la combattre !
Le Pacificateur pour la #BrigadeAntiNégrophobie (B.A.N Page Officielle)

 

 

* en réponse à l’article de Marianne « Euh… non la pub de Dove n’était pas raciste. Regardez-la bien

** Source : Le Monde diplomatique : Le lavage de cerveaux en liberté

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