#CarnavalDeDunkerque : Véhicule de la #NégrophobieStructurelle ?

Le #Blackface ou #NégrophobieFaciale associé.e à la #NuitDesNoirs du #CarnavalDeDunkerque : Véhicule, parmi d’autres, de la #NégrophobieStructurelle ?

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Voici donc la tribune parue dans le quotidien Le Monde ce samedi 10 février 2018 et revenant sur la question d’un racisme social refoulé lâchement dissimulé derrière le « Blackface » ou « Négrophobie Faciale ».

Précisons qu’initialement cette tribune aurait du être co-signée par le CRAN et la #BrigadeAntiNégrophobie, Mais c’était là sans compter sur la position arbitraire et partiale de la ligne éditoriale de ce journal estimant (sur on ne sait quelle base factuelle) que la Brigade Anti Négrophobie était un groupe de dangereux/ses extrémistes noir.e.s infréquentables.

Raison pour laquelle ce forgeur d’opinion à décidé qu’il ne fallait absolument pas laisser notre groupe co-signer une telle tribune, capable de démontrer que nous étions porteurs d’une réflexion à même de contredire le mythe du « méchant » ou « coupable idéal » qui colle à la peau de tou.te.s les noir.e.s marronnant hors des sentiers battus par une pensée unique viscéralement négrophobe qui, depuis des lustres, nous oblige à montrer « PATTE BLANCHE ».

Le message de cette dernière tribune visant à conscientiser le plus grand nombre sur la Négrophobie viscérale induite par la pratique du « Blackface », nous avons estimé qu’il était préférable que le CRAN signe seul ce texte plutôt que de voir l’opinion publique influencée par le seul son de cloche du Maire de Dunkerque, @Patrice Vergriete.

Lequel bénéficie, semble-t-il d’un certain nombre de soutiens qui, au lieu d’assumer ce débat d’idée avec la seule force des arguments, se sont coalisés pour nous signaler massivement en tant que racistes à l’administration arbitraire de facebook. Laquelle a suspendu notre compte pendant 30 jours sans aucune forme de vérification, avant d’être contrainte de faire marche arrière, forcée d’admettre qu’il n’y avait pas le moindre soupçon de racisme dans nos propos.

Nul doute que la vidéo jointe à ce post attestera du caractère beaucoup plus nuancé et réfléchi de notre position.

Quoi qu’il en soit, dans les faits, M. @PatriceVergriete ne s’est jamais prononcé sur le racisme-anti-noir.e que sous-tend invariablement la Négrophobie Faciale. Au lieu de cela, il n’a fait que faire diversion en donnant l’impression que nous nous attaquions à la population dunkerquoise et aux carnavaleux/ses en les accusant de racistes. Mais en réalité, nous n’avons fait que pointer du doigt la pratique multiséculaire du « Blackface », permettant à des blanc.he.s de « rire » en se grimant en noir, et ce, en dépit du fait que cette forme de caricature a grandement participé à banaliser des crimes contre l’humanité tels que l’esclavage colonial et la colonisation.

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Pour celles et ceux qui ne serait pas abonné.e au journal le monde, voici donc l’intégralité de la tribune qui aurait du être co-signée par le Cran et la Brigade Anti Négrophobie :

Le 10 mars prochain, au cours du carnaval de Dunkerque, les festivaliers entendent organiser une « Nuit des Noirs ». L’affiche est partout dans la ville : les fameux « Noirs » sont en fait des Blancs totalement grimés, bouche écarlate, os dans le nez ou dans les cheveux, pagnes de paille. Cette soirée est censée se tenir dans une salle co-gérée par la ville, et aimablement prêtée par le maire, Patrice Vergriete, qui soutient sans complexe cet événement douteux.

Cette soirée s’inscrit dans la tradition ancienne du blackface, c’est-à-dire des déguisements raciaux. On se souvient bien sûr de la photo publiée sur Twitter par Antoine Griezmann, et ensuite retirée. Mais depuis quelques mois, plus de quinze affaires de ce genre ont défrayé la chronique. On se souvient de l’opéra de Lyon qui avait programmé un spectacle de Ravel, tout à fait vulgaire, avec du blackface. Evoquons aussi le photographe Philippe Savoir, qui affirmait sans vergogne dans Stupéfiant, sur France 2, qu’il ne fait pas de blackface, alors que son port-folio en ligne s’intitule « blackface » ; mentionnons les élèves du lycée Saint-Adrien de Villeneuve d’Ascq pendant le carnaval ; la performance choquante de Keen’V dans l’émission C’Cauet sur NRJ 12, les déguisements raciaux vendus par le site deguise-toi.fr, l’affiche du festival du film fantastique à la Réunion, etc. Or il s’agit d’une pratique ancienne, bien ancrée, hélas, dans la tradition française. On pourrait évoquer les sketches de Michel Leeb dès les années 1980, ou bien plus tôt encore, les Impressions d’Afrique de Raymond Roussel, ou encore Malikoko, roi nègre, spectacles du début du 20e siècle.

Contrairement à ce qui est souvent affirmé, le blackface est né en Europe, et non aux Etats-Unis. Liés à l’esclavage colonial, ces spectacles qui présentaient les Africains sous un jour ridicule ou effrayant avaient pour but d’organiser la fabrique du consentement populaire au trafic négrier : puisque le Noir fait rire, ou fait peur, on peut lui appliquer des traitements inhumains. D’ailleurs, est-il vraiment humain ? En ce sens, le blackface n’est pas seulement un acte raciste, il a partie liée avec le crime contre l’humanité. Il est l’envers grimaçant de l’esclavage, qu’il a rendu tolérable, voire tout à fait divertissant aux yeux des peuples d’Occident.

Or ces déguisements raciaux prennent à Dunkerque une résonance toute particulière, dans la mesure où la ville, même si beaucoup de gens l’ignorent, a participé au trafic négrier – certes dans une mesure moindre que Nantes et Bordeaux, mais de manière active, cependant. Jean Bart, le neveu du fameux corsaire dunkerquois, a tiré profit de ce crime. La Chambre de commerce de Dunkerque se mobilise dès le début du 18e siècle pour obtenir les autorisations nécessaires et rattraper son retard. En 1768, elle estime que les négriers dunkerquois pourront traiter par an 2400 noirs : « ainsi on peut évaluer, année commune, le commerce à 2.000.000 de livres ». Qu’ils le sachent ou non, les carnavaleux d’aujourd’hui qui se déguisent « en noirs », c’est-à-dire en « sauvages », sont les héritiers de cette histoire. Ils affirment que cette Nuit des Noirs est une tradition. C’est vrai, et le racisme aussi est une tradition. Certains d’entre eux, sur les forums, vont jusqu’à contester la réalité de l’implication de Dunkerque dans le trafic négrier, posture négationniste favorisée par la faiblesse du travail de mémoire effectué par la ville.

Interpellé en 2014 par le CRAN et la Brigade anti-négrophobie à propos d’une soirée Blackface organisée par des policiers du Kremlin-Bicêtre, le Défenseur des droits a clairement condamné cette forme de racisme : « sans qu’il n’ait été nécessaire pour les policiers de connaître l’origine historique de cette pratique nommée « Blackface aux Etats-Unis », nul n’ignore que le fait de se grimer en noir renvoie à une vision péjorative et humiliante des personnes noires », a expliqué M. Toubon à juste titre, répondant ainsi à ceux qui s’abritent derrière leur ignorance du passé historique. Par ailleurs, le fait est qu’il y a plus d’un milliard de Noirs dans le monde, qui sont évidemment tous différents. Il est donc impossible de se déguiser « en noir », sauf à se référer à un stéréotype, ce qui est la base même de tout racisme.

En 2015, le Comité des Nations Unies chargé de l’élimination des discriminations raciales, a condamné le recours au blackface dans le cadre des cérémonies liées au Père Fouettard, à Amsterdam : « considérant que même une tradition culturelle profondément enracinée ne saurait justifier des stéréotypes et des pratiques discriminatoires, le Comité recommande que l’Etat travaille à l’élimination de ces traits de caractère de Black Pete qui mettent en œuvre des stéréotypes négatifs. » Et de fait, la ville d’Amsterdam a commencé à faire évoluer cette cérémonie autrefois saturée de déguisements raciaux. Si cette prise de conscience a été possible aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et ailleurs, pourquoi en serait-on incapable en France ?

Il ne s’agit évidemment pas d’annuler le carnaval lui-même, qui est une manifestation de liesse populaire, tout à fait légitime. Il ne s’agit même pas d’annuler la « Nuit des noirs », dont les billets ont déjà été vendus, paraît-il. Il suffirait en fait de faire évoluer la thématique, de transformer la « Nuit des Noirs » en « Nuit des Bleus », par exemple, en évitant désormais toute référence coloniale, pour que la fête continue, sans racisme, sans piétiner la mémoire des victimes d’un crime contre l’humanité. Est-ce trop demander ?

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La négrophobie est une arme (neuro)coloniale d’aliénation et de destruction massive qui n’avoue pas son nom…

… armons-nous jusqu’aux dents pour la combattre !

#BrigadeAntiNégrophobie (B.A.N Page Officielle)

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